Grand Prix 2021 du court-métrage au Festival de Gérardmer avec T’es morte Hélène

1/ Peux-tu te présenter et nous parler un peu de ton parcours ?

Je suis Michiel Blanchart, réalisateur. Je suis né en Belgique, j’ai grandi en France et je travaille actuellement à Bruxelles.  Je commence à bricoler des films dès l’âge de 7 ans et à 18 ans j’intègre l’Institut des Arts de Diffusion à Louvain-La-Neuve en Belgique où je rencontre une grande partie des gens avec qui je travaille encore actuellement.

T’es Morte Hélène est mon 5ème court métrage.

2/ Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire du cinéma (un film, un acteur, un lieu, une anecdote…) ?

Mon envie de faire du cinéma me vient de l’enfance et est née avec mes premiers souvenirs de cinéma en VHS. Je pense à  Jurassic Park de Steven Spielberg et Broken Arrow de John Woo. J’ai tout de suite compris que faire des films devait être sans aucun doute le métier le plus amusant au monde (et j’en suis toujours convaincu).

3/ Pourquoi le cinéma de genre ?

J’aime toutes les formes de cinéma et je ne compte pas me limiter à une seule façon de raconter des histoires. Néanmoins le cinéma de genre me touche particulièrement car c’est celui avec lequel j’ai grandi et j’ai le sentiment que c’est les films de genre qui peuvent, par la mise en scène et les images, exploiter le plus pleinement la force évocatrice du cinéma. Il y a, je trouve, une pureté dans le cinéma de genre car il a tendance à éviter les discours et à s’adresser directement aux sens et aux émotions des spectateurs par le langage même du cinéma.

Tournage de T’es morte Hélène

4/ Peux-tu citer l’un de tes réalisateurs préférés et les raisons qui te font aimer son œuvre ?

J’aimerais en citer 1000… Comme j’ai déjà évoqué Spielberg dans une question précédente, je vais dire Bong Joon-Ho car j’ai l’impression de retrouver tout le spectre du cinéma que j’aime dans ses œuvres. Il aime le cinéma sous toutes ses formes et ne hiérarchise pas les genres et les codes qui les accompagnent. C’est d’ailleurs pour moi le maître actuel du mélange de genres et donc une grande source d’inspiration dans mon travail.

5/ Les trois mots qui définissent ta vision du cinéma. Pourquoi ?

Sincérité : Je pense que dans toute démarche d’expression artistique la sincérité est fondamentale. La seule et unique chose que je ne peux vraiment pas pardonner à un film c’est quand je ressens un manque de sincérité dans le projet. Quand on fait un film, il faut le faire avec son cœur et ne pas faire de calculs.

Générosité : Si un spectateur est assez généreux pour donner de son temps pour regarder un film alors le film doit être généreux dans sa proposition de cinéma. Dans la fabrication d’un film on ne peut pas être fainéant et chaque élément qui le compose doit être assidûment travaillé et réfléchi.  

Audace : Je mets l’audace en dernier car pour moi ce n’est pas quelque chose d’essentiel, mais c’est le petit plus qui fait vraiment la différence. Les films qui osent quelque chose de nouveau, de surprenant, d’original ou de provocateur sont ceux qui font vivre et avancer le médium. 

Tournage de T’es morte Hélène

6/ Peux-tu nous parler de la genèse du film ? D’où vient l’idée de ce film ? Quelles sont tes principales sources d’inspiration ?

La séparation amoureuse a toujours été un sujet qui me touche énormément et qui revient régulièrement dans mon travail.  

De manière générale, dire au revoir à quelqu’un qu’on aime (peu importe ce qui nous sépare) est quelque chose de terrifiant. C’est pour cela que j’utilise les codes de l’horreur et l’image du fantôme. C’est ma façon de traiter le deuil amoureux. 

De plus, comme précisé plus haut, je suis fasciné par les possibilités que représentent les mélange des genres. Ici je voulais donc faire une véritable comédie romantique dans laquelle j’injecte du cinéma d’horreur pur, du fantastique et du drame.

Les réalisateurs qui m’ont le plus inspiré dans la conception de ce film sont ceux qui aiment aussi travailler ce mélange d’émotions. Je pense entre autres à John Landis et Sam Raimi. Dans le quotidien, on peut trouver du ridicule ou du comique dans des situations dramatiques et inversement. Toutes ces émotions, si mélangées correctement, peuvent non seulement cohabiter mais aussi se renforcer, voire même créer quelque chose de nouveau. Les cinéastes coréens sont, à mes yeux, les plus grands experts dans ce domaine. 

7/ Quelles ont été les difficultés (ou facilités) pour réaliser/produire ce film ?

On a eu la chance avec ce projet de rencontrer les bonnes personnes et de se retrouver face à des gens qui ont aimé et compris les intentions du scénario et qui nous ont permis de financer le film (les membre de la commission de la Fédération Wallonie Bruxelles, le jury de la résidence Sofilm de Genre, les responsables de la programmation court-métrage de Canal+, la région grand Est, etc…). C’était une chance car ce n’est pas toujours donné d’être pris au sérieux quand on veut faire du cinéma de genre, surtout que ce projet était relativement ambitieux techniquement. 

Tournage de T’es morte Hélène

8/ Comment cherches-tu les acteurs de tes films ?

J’aime bien l’idée de créer une famille dans le travail donc j’ai tendance à travailler et retravailler souvent avec les même personnes. Quand on connait les gens, la confiance est là et on peut aller plus loin. Mais il est tout de même important de garder du recul et d’être ouvert à toutes les possibilités.

Pour T’es Morte Hélène j’ai vu beaucoup d’acteurs différents en casting mais j’ai fini par donner les rôles principaux aux deux comédiens à qui je pensais en écrivant le film. 

9/ Quel a été ton sentiment à l’annonce de la sélection ? du Grand Prix ?

Beaucoup de joie évidemment. Le Festival de Gérardmer m’a toujours fait rêver et la sélection elle-même était déjà un magnifique cadeau pour moi et pour le film !

10/ Quels sont tes futurs projets ? Es-tu intéressé par la réalisation d’un long métrage ?

J’ai la chance d’avoir un producteur qui m’accompagne dans le développement de plusieurs projets de long métrages dont un que l’on espère pouvoir tourner en 2022. Mais dans un avenir plus proche il est prévu que je réalise une websérie cet été écrite par deux amis comédiens.

FONZI

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