Synopsis

Un groupe de jeunes touristes américains débarque au Chili pour profiter des filles, de la fête et du soleil. Un soir, alors qu’ils s’éclatent en boîte de nuit, un terrible tremblement de terre ravage toute la ville qui devient un territoire dangereux où les touristes deviennent des proies. Ce qui devait être un voyage de rêve va devenir leur pire cauchemar.

La critique

Après la déception que fut American Nightmare, j’attendais avec impatience la sortie d’Aftershock qui semblait tout indiqué pour être le slasher / survival qui créerait la surprise cette année. Bon, il y a bien eu You’re Next entre temps, qui était fortement appréciable, mais je désirais plus ardemment voir ce que donnerait cette nouvelle production signée Eli Roth. Un nom qui parle n’a jamais fait un bon film vous me direz (on ne peut pas vraiment dire que Hostel 3 était bon) mais je ne suis pas objectif quand on me sort un nom comme celui-ci, je me sens obligé de le regarder. La bande-annonce m’avait également fortement séduit et me confortait dans l’idée que j’allais passer un agréable moment.

Aftershock de Nicolás López (2013) - Critique

Le film démarre sur une satire vraiment intéressante. On retrouve l’éternelle bande de potes venue s’éclater dans un pays étranger dans le but de « pécho de la donzelle ». Aftershock s’amuse à détourner les comédies sorties ces dernières années afin d’inclure une sorte de part critique que López nourrit pour le genre. Le réalisateur chilien s’amuse à introduire un de ses personnages ayant le même look que celui d’Alan dans Very Bad Trip 2. Si son personnage est beaucoup moins à côté de ses pompes que son modèle susmentionné, il est la synthèse parfaite de la meute de Todd Phillips : arrogant, queutard, menteur, manipulateur. L’exposition d’Aftershock se résume ainsi : fête, alcool et drague.

Avis à ceux qui se lanceront dans la lecture du film et qui croiront tomber sur un énième teen movie, soyez patient. Laissez couler les 45 premières minutes (oui je sais c’est la moitié du film) car son deuxième acte vaut largement le détour. Nicolás López nous envoie valdinguer tout ce joli petit monde utopiste lorsqu’il décide de laisser mère nature se révolter. Le tremblement de terre nous offre une jolie séquence bien extrême sur fond de membres arrachés au milieu d’une panique générale. C’est gore, c’est fun et jubilatoire. La rupture de ton est nette et incisive à l’image d’un des héros qui se verra perdre une main après la chute d’une poutre sur cette dernière. Les jolies vacances de rêve s’effondrent et amènent les protagonistes à s’interroger sur leur véritable nature. Comment réagiriez-vous si vous étiez piégé dans les catacombes d’une ville au beau milieu d’étrangers qui ne parlent pas votre langue ? L’instinct de survie vous pousserait-il à jouer les individualistes ? Vous n’aurez pas le temps de trop y réfléchir puisque l’onde de choc qui suit fera forcément sortir toute la bestialité qui sommeil en chacun de vous.

Aftershock de Nicolás López (2013) - Critique

En effet, le choc étant tellement violent qu’il laisse échapper les pires raclures de la prison du coin. Cette grosse bande de maniaques va s’en donner à cœur joie afin de décimer les survivants à coups de haches et objets divers rendant tout espoir de survie encore plus amoindrie. Et c’est là que le concept survival se met véritablement en place et renvoie même l’homme le plus sain d’esprit à sa nature animale primaire. Manger ou être manger ? Ce sera le mot d’ordre à appliquer pour espérer revoir la lumière du jour. Les meurtres sont barbares et vraiment sanguinolent. Les acteurs ont de véritable gueules et aident à l’attachement que l’on pourrait ressentir pour eux. Eli Roth en tête. Ce n’est vraiment pas commun de voir notre acteur/réalisateur dans un rôle nettement plus posé que ce qu’il a eu l’habitude de nous proposer. Bien évidemment, il s’octroiera une finalité dans son personnage digne de ce qu’il nous a toujours servi.

Le traitement de l’image peut laisser perplexe notamment lors de l’exposition du film. On a l’impression d’avoir une qualité digne d’une caméra familiale. C’est un peu le film de vacances de vos potes de retour du Chili et c’est assez perturbant à s’y habituer au style complètement épuré voire neutre que Nicolás López nous propose au départ. Peut être, si nous restons dans la satire, est-ce son clin d’œil à la mouvance des films found footage actuelle qui ne doit pas être sa tasse de thé ? Quoiqu’il en soit, et pour en revenir sur la rupture de ton, elle se fait même jusque dans l’image puisque la seconde partie du film bénéficie d’un ton crade et poisseux aux frontières des films new-yorkais indépendant sauce Basket Case par exemple.

Aftershock de Nicolás López (2013) - Critique

Aftershock n’est ni un excellent film ni un mauvais film. Il ne plaira pas à tous c’est certain. Attendre pendant 45 minutes qu’apparaissent les premières gouttes de sang ira de votre capacité à savoir patienter. Seulement, il a le mérite de proposer une histoire intéressante mêlant comédie, horreur et catastrophe. On pardonnera une fin beaucoup trop téléphonée qui, personnellement, m’a laissé de marbre (je souligne au passage l’effet visuel extrêmement moche qui clôture le film). Si d’aventure, vous souhaitiez passer une petite soirée films entre potes, Aftershock propose un compromis idéal qui réunira autant les amateurs de tripailles que ceux de films plus soft. Ce n’est pas la claque de l’année, ce n’est pas le survival ultime. On y découvre un réalisateur qui cherche encore ses marques mais qui, toutefois, possède un énorme potentiel. Affaire à suivre donc…

TONYO