Fonzi : Covenant est le chaînon manquant de la saga Alien démarrée il y a bientôt 40 ans (!) entre Alien : Prometheus et Alien : le 8e passager et probablement le dernier épisode… espérons-le. Il ne faut pas abuser des bonnes choses.

Valg : Espérons le effectivement. Je ne vois pas bien comment ils pourraient aller plus loin d’autant qu’il s’agit d’une préquelle dont on connait la suite. Cet épisode me semble boucler la boucle, et plutôt en beauté. Ne gâchons rien comme tu dis. T’en as pensé quoi Darko ?

Darko : Ce nouvel opus d’Alien signé Ridley Scott qui semble reprendre un peu la main sur sa « bête » s’en sort plutôt pas mal je dois dire. Je le trouve à la fois mieux ficelé que Prometheus qui m’a paru plus difficile d’accès mais celui-là apparaît aussi beaucoup plus classique.

Fonzi : Pour ma part j’ai passé un très bon moment (même si on s’est retrouvé comme des cons aux 4 coins de la salle par manque de places) ! En tant que film estampillé « Alien« , ce film fait bien le boulot et nous donne à voir à peu près tout ce qu’on est en droit d’attendre d’un épisode de qualité de cette saga.

Valg : Malgré une salle blindée on n’a pas eu de places trop dégueulasses. En ce qui me concerne je n’ai pas vu Prometheus qui ne souffrira pas de la comparaison. Mais de ce que j’ai compris la thématique n’est plus la même ici.

Darko : Effectivement, Covenant n’exploite plus les perspectives ouvertes par son prédécesseur ce qui donne une impression que les deux opus sont bien distincts en dépit d’un fil conducteur. Du coup, celui-là apparaît moins complexe et plus dans la veine des premiers. Attention toutefois, on est quand même assez loin d’un Alien, le 8ème passager. Le rythme s’est certes un peu ralenti dans Covenant mais le tout reste assez dynamique et en mouvement contrairement à l’ambiance pesante et plus qu’oppressante du 8ème passager qu’on ne voit à peine.

Fonzi : Et pourtant… quelque chose m’a manqué. Ce film m’a laissé le même goût de réchauffé que Star Wars 7. J’ai un peu de mal à comprendre cette volonté de prolonger sans fin toutes ces sagas mythiques au risque de décevoir toute une communauté de fans…  et parlons-en des risques car pour moi Alien Covenant ou SW7 manquent cruellement de prises de risques. Prometheus n’avait pas vraiment fait le carton attendu et essuyé de nombreuses critiques à sa sortie et Ridley Scott a sûrement voulu en tiré des leçons.

Valg : Dans l’absolu je suis d’accord avec toi mais là, l’histoire est tellement maitrisée que d’un point de vue narratif ça coule de source même si cela reste très convenu. L’histoire est assez simple mais Ridley Scott et ses scénaristes John Logan, D.W. Harper réutilisent intelligemment les ingrédients que l’on connait des opus précédents.

Darko : Ce nouvel opus reste dans la veine de ses contemporains avec de solides effets qui en mettent plein la vue et une magnifique bête qui ne gâche en rien le plaisir des yeux!

Fonzi : Bien sûr, ce film semble laisser de côté ce qui n’a pas fonctionné dans le film précédent d’une part et reprend tout ce qui a fait le succès d’Alien d’autre part : une ambiance anxiogène à souhait, de l’action, du bon gore, l’équipage avec au centre un fort personnage féminin, un androïde fouteur de merde… mais sans apporter réellement de nouveauté ou de valeur ajoutée par rapport au reste de la saga selon moi.

Valg : Et visuellement on est entre le 1er et le second épisode. Une ambiance parfois verte glauque pour l’aspect anxiogène et bleutée pour les parties plus froides typique de la version du papa de Terminator. Et fait rare ces derniers temps, la technologie est au service de la mise en scène. L’image numérique est assez en retrait bien que présente dans chaque plan. C’est beau sans être tape à l’oeil.

Fonzi : C’est clairement magnifique, ce qui est globalement le cas depuis 1979. La bête est toujours aussi incroyable et le rendu 3D au top. Rien à dire sur le rendu visuel et sonore qui est somptueux.

Valg : J’ai eu très peur que la 3D gâche le rendu de l’Alien et au contraire cela a permis encore une fois de servir l’histoire en créant des déclinaisons de créatures. J’ai trouvé l’idée vraiment sympa ce qui permettait de renouveler un peu cette partie de la saga.

Darko : Et Ripley trouve également un digne successeur dans ce nouveau volet (ultime? perso, je n’en mettrais pas ma main à couper). Et que dire des androïdes mis à part qu’ils ont la part belle dans ces nouveaux opus.

Valg : Elle n’a quand même pas la carrure d’une Ripley ce qui rend la fin peut être moins poignante que ça aurait pu être. On s’attacherait plus au personnage je pense que la fin bien qu’attendue aurait eu l’effet d’une vraie claque. Mais oui l’héroïne s’en sort pas mal du tout vu le niveau des précédents. On conclut ?

Fonzi : Je dirai que, hormis l’histoire autour de David l’androïde qui est vraiment intéressante et épique, la trame globale du film est juste trop similaire aux autres films selon moi. Bien qu’un peu confus et complexe dans Prometheus, la recherche de l’origine de l’Humanité était le thème central du film. Cela avait le mérite d’apporter de nouvelles idées et de ne pas faire un énième survival horror movie. Dans Covenant, ce thème est devenu complètement anecdotique voire quasiment absent.

Darko : On se retrouve avec un bon Alien qui réunit tous les ingrédients du genre pour permettre au spectateur de passer un agréable moment malgré les conditions un peu foireuses du fait d’une salle bondée de monde et pour ma part, un manque cruel de sommeil. Le film m’a tout de même tenu éveillé de part son dynamisme et la facilité pour le spectateur d’entrer dans son univers assez simple. Si j’avais dû visionner un Prometheus ou un 8ème passager dans les mêmes conditions, pas certain que je serais resté éveillé.

Valg : Après cette discussion, cet épisode m’a donné envie de découvrir Prometheus qui est cité d’ailleurs dans Covenant. Ceci mis à part, l’épisode est plus qu’honnête, maîtrisé à tout point de vue. On est effectivement sur un film de divertissement qui ne restera pas dans les mémoires avec tout de même une volonté de cohérence, de recherche et un amour de la saga qui transparaît et permet au film d’être plus qu’un simple produit marketing.

LA SECTE