Synopsis

Lorsque Gloria accepte de rencontrer Michel, contacté par petite annonce, rien ne laisse présager la passion destructrice et meurtrière qui naîtra de leur amour fou…

La critique

Ce film, librement inspiré d’un fait divers des années 70, a été vu en avant-première lors de l’édition 2014 de l’Etrange Festival dans une salle inerte durant la projection. Lorsqu’on sait que la plupart des films projetés reçoit son lot d’applaudissement, on se pose de sévères questions quant à la qualité de ce qui nous est montré. Je vous dis tout, ou presque.

Par logique marketing ou suite à la réputation d’un auteur qui a marqué à un moment T nos esprits déviants, certains films particulièrement attendus se mettent une pression monstre lors de leur passage en salle. On fait monter la tension, le public chauffe et la présentation en rajoute. On est, dès lors, pleinement disposé à se prendre au jeu et se laisser envoûter par l’engouement général et les premières secondes de la projection.

Alleluia fait parti, à son échelle, de ce type de projets dont on fait monter la mayonnaise sur la base qui plus est d’un seul film vraiment réussi que peu connaissent pourtant, Calvaire.

Extinction des lumières et lancement des premiers plans. Le choix d’un style réaliste et presque documentaire, l’un des plus maîtrisés par nos voisins belges, intrigue et ne déplaît pas lorsqu’on sait qu’il va s’agir d’un film de genre. On frétille même à l’idée d’un mélange savoureux et atypique.

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La première demi-heure est excellente. On se laisse porter par la voix grave et suave de Laurent Lucas, déjà acteur sur le Calvaire du même réalisateur. Début intrigant, acteur parfait. Seulement voilà, Fabrice Du Welz a voulu jouer au malin et renverser les rôles de ses personnages. Et malheureusement, n’est pas Hitchcock qui veut et à vouloir taper dans l’originalité et trop se reposer sur son concept, le réalisateur oublie vite qu’un long métrage doit tenir en haleine durant 1h30.

La surprise passée, le réalisateur également co-scénariste sur le projet, stoppe toute écriture. A défaut de progression narrative, se succèdent des scènes répétitives meublant avec difficulté les 2/3 restant. Aucun horizon d’attente n’est mis en place. Certes, il s’agit là de l’errance de 2 paumés complètement barrés mais aussi et surtout d’une fiction cinématographique, d’une histoire qui nous est raconté. Fabrice aurait pu nous proposer un film expérimental. C’est possible et l’Etrange Festival en propose quelques un. Mais là ce n’est pas le propos.

On notera tout de même quelques bons mais brefs moments gore par ci, une scène comique salace par là. C’est parfois amusant. C’est tout. Rien n’accroche. Une fois son joker dévoilé, il n’y a vraiment plus rien. Même la cohérence de l’histoire bat de l’aile en empilant des styles et scénettes sans aucun lien ni avec le concept, ni avec l’histoire. Je pense notamment à une scène pseudo-clipesque au non-sens total dans laquelle on voit les 2 excellents acteurs je le rappelle, dansant à poil autour d’un feu. Ca sent juste le mauvais effet de style. Et des passages comme celui-là, ce film en regorge.

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Pour certaines productions, le manque d’argent peut se faire sentir lorsque la direction choisie en nécessiterait un peu plus. Mais ici, tous les éléments sont clairement à disposition. Il y a de bons acteurs et l’équipe technique a fait un très beau travail de rendu. Le réalisateur a juste oublié d’assembler tout ça de façon cohérente afin de nous offrir 90 min d’émotion. Et la question qui se pose est : que s’est-il passé depuis Calvaire ?

Pour information, ce film sort en salle mercredi 26 novembre. Peut-être serez vous tentés de dépenser de l’argent ou du temps ou pire, les 2, en suivant un principe d’exception francophone. Moi je vous le dis, il n’est certainement pas bon pour le système et le genre en particulier de soutenir ce type de production.

Pour finir, si cette lecture vous a vraiment alerté quant à la qualité de ce film, faites nous plaisir et pensez à liker et/ou tweeter l’article. Et surtout prévenez votre entourage.

VALGUR