Le personnage de Victor CROWLEY

Nul besoin de vous raconter l’histoire de Freddy KRUEGER, celle de Jason VOORHEES (Vendredi 13) ou encore de Michael MYERS (Halloween), je suis sûr que vous connaissez tous ces personnages mythiques du cinéma d’horreur. Mais connaissez-vous la Légende de Victor CROWLEY ? Certes moins illustre que ses prédécesseurs, il n’en demeure pas moins qu’il est devenu, au fil de sa saga, un personnage de référence en matière de films gores.

Pour celles et ceux qui ne le connaitraient pas encore, Victor CROWLEY, à l’instar de ses prédécesseurs, est un personnage de fiction crée par Adam GREEN en 2006. La Légende raconte que Victor CROWLEY est né défiguré. Pour le protéger des brimades et moqueries de ses petits camarades, son père décide de le cacher dans sa maison. Un soir d’Halloween, des jeunes entreprennent de faire sortir Victor en lançant des feux d’artifice en direction de la maison. Mais cette dernière prend feu et Victor se retrouve piégé à l’intérieur. Arrivé sur les lieux, son père tente de fracturer la porte d’entrée à l’aide d’une hache mais ne voit pas que Victor se trouve juste derrière la porte. Il le blesse mortellement d’un coup de hache en pleine tronche à travers la porte. Ainsi périt Victor CROWLEY… Mais pas tout à fait à vrai dire. Depuis cette tragédie, le fantôme de Victor CROWLEY revient hanter le bayou à la recherche de son père décédé lui aussi. Son passe-temps favori : mettre en pièces les malheureux qui décident de s’aventurer trop près de son territoire. Et quand Victor joue de la hache, c’est un véritable carnage !

Le personnage de Victor CROWLEY, incarné par l’acteur Kane HODDER (celui qui incarna le plus longtemps le personnage de Jason VOORHEES dans la saga des Vendredi 13), apparait physiquement très imposant. La similitude avec Jason VOORHEES est évidente. D’ailleurs, il semble que le réalisateur Adam GREEN se soit inspiré de Vendredi 13 pour l’intrigue de Butcher. Tout comme VOORHEES, MYERS ou KRUEGER, CROWLEY dispose de la faculté de ressusciter et semble quasi-immortel. L’idée était manifestement de créer un nouveau personnage culte. Ca n’est pas loin d’être réussi. Mais revenons-en à notre cher Victor. Revenu d’entre les morts pour retrouver son père mais aussi pour se venger de ceux qui l’ont tué et de leur descendance également, Victor CROWLEY est visuellement hideux, physiquement difforme. Il ne parle jamais, émet des grognements bestiaux et surtout, semble avoir un net penchant pour le dépeçage et le démembrement. Celles et ceux qui ont le malheur d’avoir à faire à lui finissent littéralement en morceaux.

Le spectateur pourra apprécier les prouesses techniques de CROWLEY à travers une saga, pour l’instant, composée de trois volets sur lesquels j’aurais l’occasion de revenir un peu plus tard. Mais d’abord, quelques mots sur les réalisateurs ayant contribué à faire naître la Légende de Victor CROWLEY.

Les réalisateurs

Adam GREEN apparait comme le créateur de ce personnage singulier. En 2006, il nous livre le tout premier volet de Butcher dont il est, à la fois, le réalisateur, le scénariste et le coproducteur. Il récidivera en livrant le deuxième volet de la saga quatre ans plus tard. A son actif, on trouve des longs métrages tels Spiral (2006), Frozen (2010), Killer Pizza (2011), Chillerama (2011). On lui doit aussi deux court-métrages (The Tiffany Problem et Saber) ainsi que l’épisode 1 de la saison 1 d’une websérie intitulée Sexy Nightmare Slayers (2011) et enfin la série Holliston en 2012. Et bien sûr, il réalise aussi les deux premiers volets de Butcher pour notre plus grand plaisir.

Pour le troisième opus de la saga, c’est un cameraman devenu réalisateur qui s’y colle, BJ McDONNELL. Adam GREEN n’est pas totalement absent du projet puisqu’il en est le scénariste. McDONNELL fut d’ailleurs cameraman sur le tournage de Butcher 2 aux côtés d’Adam GREEN. Autant dire qu’il a été à bonne école pour ce troisième volet digne de ses prédécesseurs. On le trouve aussi derrière la caméra sur The Darkest Hour de Chris GORAK et sur Very Bad Trip : La Cave se rebiffe ! de Zak PEN.

La Saga

La saga de Butcher compte, pour l’instant, trois volets devenus cultes et sa réputation n’est franchement pas usurpée de mon point de vue. Cette saga est vraiment excellente !

Dans le premier opus, le spectateur fait la connaissance de Victor CROWLEY mais aussi des différents personnages mêlés de près ou de loin à l’intrigue (le mot « intrigue » est peut-être ici un peu fort car peut-on valablement parler d’intrigue dans cette saga… ?). On y voit évoluer CROWLEY, enfant, aux côtés de son papa. C’est à peu près les seuls instants où l’on peut éprouver une once d’empathie pour ce malheureux petit garçon né défiguré et contraint de vivre reclus. Pour autant, CROWLEY semble couler des jours paisibles avec son vieux jusqu’à ce que sa tranquillité ne soit troublée par une bande de jeunes inconscients. Le pitch de Butcher est extrêmement simple : dans les marécages de la Nouvelle-Orléans (le Bayou), des personnes se retrouvent paumées au beau milieu de la forêt. Ces pauvres malheureux vont croiser la route de Victor CROWLEY… Ce premier volet a été, pour moi, un moment de pur régal. Le genre de belles surprises sur lesquelles on aimerait tomber plus souvent. Ce film contient tous les bons ingrédients du slasher movie avec des scènes gores à souhait. CROWLEY, vous l’aurez compris ne fait pas dans la dentelle quand il tue. Les scènes de meurtres sont originales, brutales mais revêtent aussi volontairement un côté kitch plutôt sympa (les arrachages de membres par CROWLEY apparaissent peu crédibles mais alimentent le côté second degré du film). Le ton est, par conséquent, donné dès le départ. Et cerise sur le gâteau, ce premier volet jouit d’un casting de rêve avec les apparitions de Robert ENGLUND (Freddy KRUEGER), Tony TODD (Candyman) dans le rôle du Révérend Zombie et bien sûr, Kane HODDER (Jason VOORHEES dans Vendredi 13) dans le rôle de CROWLEY. Bref, que du lourd ! D’emblée, le film fait penser à un film hommage aux slashers movies. Le casting de premier choix abonde dans ce sens. Dans ce premier opus, le spectateur découvre aussi le personnage de Marybeth (incarnée par Tamara FELDMAN) qui constitue une sorte de fil conducteur au travers de la saga (il s’agit de la descendante directe de l‘un de ceux qui ont causé la mort de CROWLEY et par conséquent, Victor en a après ses miches…). Ce premier volet laissera un goût de pas assez et donnera assurément envie de voir la suite. Il faudra patienter quatre années pour, enfin, découvrir le successeur de cette petite perle.

Ce n’est qu’en 2010 qu’Adam GREEN se décide à nous livrer une suite au Butcher. Pour ce faire, il bénéficie d’un budget conséquent (2 500 000 dollars) mais en France, ce film sortira directement en DVD. Ce second volet est véritablement dans la continuité directe du premier (enfin, une saga avec des volets qui se suivent). On y retrouve Tony TODD (Révérend Zombie) pour la dernière fois. Le personnage de Marybeth est ici incarné par Danielle HARRIS qui succède à Tamara FELDMAN. Dès 2011, la société de production Dark Sky avait donné son accord pour une suite à Butcher 2. On s’attendait déjà au troisième volet ! Dans le second volet, même recette que dans le premier. On ne change pas ce qui cartonne ! Un scénar’, comme d’habitude, très simple : Marybeth qui a échappé par miracle au carnage perpétré par CROWLEY, décide d’exorciser son traumatisme et de venger la mort de son père et de son frère (tous deux trucidés par CROWLEY dans le premier volet) en retournant sur les lieux du massacre mais accompagnée d’une équipe de chasseurs de prime. Objectif : faire la peau à CROWLEY. Ce second volet est forcément moins original que le premier qui bénéficiait de l’effet bonne surprise et découverte. Mais le réalisateur ne prend pas de risques et livre aux fans exactement ce qu’ils attendent depuis quatre ans : une suite dans la directe lignée du premier. Les scènes de massacre sont originales et bien sûr toujours gores à souhait. Les amateurs n’en seront pas déçus. Victor CROWLEY s’en donne là encore à cœur joie et redouble d’imagination pour dégommer et mettre en pièces la bande d’énergumènes venue le déranger sur son territoire. Coups de hache, découpage à la tronçonneuse, tout y passe et Victor ne s’en lasse pas. Les effets spéciaux tout comme le style font là encore penser aux slashers classiques. Ce deuxième opus, à l’instar du premier, balance du gore et du divertissement à qui veut. Et tout naturellement, le spectateur, devenu fan, ne pouvait qu’espérer une suite qui avait été d’ores et déjà annoncée. C’est chose faite.

Le troisième volet, Butcher 3 est sorti en 2013 mais cette fois-ci, Adam GREEN ne s’y colle plus en tant que réalisateur. Il cède sa place à un certain BJ McDONNELL qui n’est pas tout à fait un étranger à la saga puisqu’il fut le cameraman sur Butcher 2. Autant dire qu’il connait bien les rouages. Adam GREEN nous pondra quand même le scénar’ qui se situe dans la continuité directe du deuxième volet. Une équipe de secours se rend dans le bayou après que Marybeth, seule rescapée encore une fois, du carnage de CROWLEY, se soit livrée à la police. Alors qu’elle pensait en avoir fini une bonne fois pour toute, une journaliste du coin, spécialisée dans la Légende de CROWLEY, l’informe que ce dernier ne peut disparaitre qu’une fois qu’il aura retrouvé les cendres de son père… Et hop, c’est reparti mon kiki ! Voilà Marybeth, de nouveau embarquée, malgré elle ce coup-ci, dans une épopée pour retrouver les cendres du père de CROWLEY qu’elle seule peut remettre à ce dernier en qualité de descendante de celui qui a causé la mort de CROWLEY… Vous me suivez ? Oui, je sais c’est un peu tiré par les cheveux mais tout ça n’est que prétexte à relancer le carnage et faire entrer en scène une fois de plus Victor CROWLEY pour le plus grand plaisir des fans. Et ce troisième opus ne déçoit pas. Je dirais même qu’il rebooste carrément la saga en y distillant un vent de fraîcheur et arrive à point. La recette est évidemment la même que les deux précédents et on en demande pas plus… ni moins d’ailleurs. De plus, le casting offre ici une belle surprise avec l’apparition de l’excellent Sid HAIG (le désormais célèbre Captain Spaulding dans La Maison des 1000 Morts et Devils Reject de Rob ZOMBIE) toujours égal à lui-même. Au programme de ce nouvel opus, vous l’aurez deviné, du gore, encore du gore et toujours plus gore ! Vivement la suite ! On ne s’en lasse décidément pas :).

Pour finir, je dirais que Butcher est une saga efficace et réussie ! Chapeau bas à Adam GREEN que l’on remercie pour ces purs moments de régal. Une saga à découvrir ou redécouvrir de toute urgence, croyez-moi !

DARKO