Bande-annonce de Ça de Andrés Muschietti :

Bande-annonce de Ça de Tommy Lee Wallace :

Valg : On a mis un peu de temps à se coller à ce fight mais ça y est on a vu les versions ciné/tv et on attaque ce fameux combat entre Ça de Andrés Muschietti, réalisateur de Mama et autre gros titres ciné à venir, et Ça de Tommy Lee Wallace, spécialiste du DTV. Autant dire qu’on ne joue pas dans la même catégorie sans parler des quasis 3 décennies qui séparent ces 2 versions. Déjà les 2 versions de la première partie de Ça ne sont pas de même durée, 1h30 pour l’une et 2h15 pour l’autre ce qui impacte forcément le temps passé sur la découverte des personnages, élément central des 2 métrages.

Autant dire qu’on ne joue pas dans la même catégorie…

Fonzi : Pour ma part j’ai vu le téléfilm “complet”. Deux parties montées en une sans coupure pour une durée totale d’environ 3h. Du coup je n’ai pas ressenti ce petit déficit de temps.
La première chose qui m’a interpelé dans le téléfilm et qui m’a fait penser au départ que la construction était complètement différente de la version cinéma c’est la ligne temporelle. Dans le téléfilm le présent se situe à l’âge adulte des personnages qui se remémorent leur enfance par flashbacks à l’écran et surtout leur rencontre et leur combat contre Ça. Dans la version ciné, le présent est l’enfance et les personnages à l’âge adulte n’interviennent à aucun moment.
L’approche est différente mais le résultat est le même et l’on retrouve beaucoup de scènes similaires qu’il est même amusant de comparer.

Darko : En ce qui me concerne, j’ai plutôt bien apprécié le jeu des flashbacks dans la version d’origine. Ça donne du peps au téléfilm qui, du coup, se laisse regarder avec entrain et même plaisir je dirais. La bascule entre les personnages enfants et adultes fonctionne à merveille et contribue à ce que le spectateur s’imprègne bien des différents protagonistes. Le Ça revisité est quant à lui beaucoup plus simple dans la narration, plus linéaire et, du coup, se prend moins la tête. On suit tout simplement le parcours des enfants aux prises avec le clown maléfique. Certaines scènes sont quasiment des copiés-collés avec des effets plus contemporains qui apportent tout de même une plus-value. La comparaison est inévitable. Visuellement, le nouveau Ça est plus percutant mais le Ça d’origine garde un charme certain et s’en sort plutôt pas mal pour l’époque. Son succès demeuré intact au fil du temps le démontre. Je dirais qu’au final les deux versions se rapprochent pas mal. Reste à voir ce que donnera la seconde partie…

le Ça d’origine garde un charme certain…

Valg : Ce sont justement les similarités qui rendent le visionnage comparatif intéressant. On voit comment 2 scènes identiques sont traitées avec les moyens alloués à chacun des métrages. Et pour le coup, la version 90’s propose un regard presque frais par rapport à la version récente qui assure le job haut la main mais avec des effets actuels qui ne surprennent plus vraiment. La version de Wallace utilise par exemple du stop motion assez stylé voir presque expérimental car c’est un procédé qu’on voit de moins en moins dans les productions grand public qu’on nous propose.

des effets actuels qui ne surprennent plus vraiment…

Darko : Sans vouloir être cynique ni cassant mais ça donne quand même cette vague impression de fraîcheur pour la version d’origine et un peu de réchauffé pour la nouvelle version! Mais il faut avouer que c’est un écueil assez fréquent lorsqu’on se lance dans des remakes. Le Ça revisité parvient tout de même à insuffler un vent frais avec de bons effets visuels bien dans l’ère du temps et qui permet de passer un agréable moment. Mais le Ça d’origine garde une certaine candeur et une légèreté appréciable qui tranche avec la noirceur apportée par les interventions du clown. On ne retrouve pas cette impression dans le Ça revisité. C’est un peu dommage…

Fonzi : Je trouve que la version de 1990 a le charme un peu désuet de certaines productions du cinéma fantastique du début des années 90 comme Braindead (1992) de Peter Jackson dont on retrouve un peu l’ambiance avec la musique, le jeu des acteurs et la façon de cadrer. Chacune des deux versions est complètement le reflet de son époque. Celle de Wallace pour toutes les raisons citées précédemment et celle de Muschietti qui surfe sur la mode du revival 80’s et qui aura très certainement elle aussi un charme désuet lorsqu’on la comparera à une éventuelle prochaine version.

Concernant l’effet stop-motion que tu cites Valg, c’est amusant parce que c’est le souvenir le plus marquant que j’avais de ce téléfilm. On idéalise souvent ce genre de choses surtout lorsque l’on voit cela pour la première fois étant gamin. Mais la séquence fonctionne toujours et l’effet est toujours aussi cool et saisissant (cf scène de la douche). On regrette du coup que le stop-motion n’ait pas été plus exploité dans le téléfilm !

Curry est mythique…

Là où je trouve que le téléfilm n’a rien à envier au film de cinéma c’est sur le clown lui-même avec la prestation et présence à l’écran de Tim Curry dans le rôle de Pennywise. Bill Skarsgard est très bien ! mais Curry est mythique. Et ça fait quand même une grosse différence.

Enfin, je trouve personnellement le remake justifié. Presque 30 ans se sont écoulés et le roman de Stephen King méritait une belle adaptation cinéma avec des moyens. Et c’est ce que Muschietti a réussi à nous donner. Chacune des deux versions possède des qualités et des défauts qui leur sont propres mais j’ai bien du mal à me décider sur laquelle est la meilleure. C’est donc pour moi un match nul !

Valg : Complètement d’accord avec toi. C’est une histoire qui méritait une belle adaptation ciné. Le pari est réussi. On est encore loin d’une adaptation culte tel un Shining de Kubrick mais on ne s’est pas foutu de nous. L’histoire de la nouvelle version est vraiment creusée. Le concept des peurs individuelles est très bien exploité. On prend le temps de nous raconter une histoire. Et effectivement le Pennywise nouvelle mouture est un cran au dessus de son prédécesseur déjà bien flippant. L’acteur se fait plaisir et le design de ce personnage, son maquillage est vraiment recherché. Affaire à suivre pour la suite. J’espère que les créanciers ne succomberont pas trop à la “facilité” marketing et maintiendront le cap de ce dyptique bien lancé.

Au final on a 2 adaptations qui se complètent d’une certaine chacune ayant ce quelquechose typique de son temps qui nous fait les apprécier.

Darko : Je suis d’accord sur le score de match nul pour ce fight. Les deux versions me semblent réussies et en accord avec leur époque. Les deux clowns sont brillamment interprétés et surtout très expressifs. Il est heureux que la nouvelle version soit demeurée fidèle sur cet aspect fondamental dans le succès de ce film. Reste à voir si cette dernière version laissera une empreinte aussi indélébile que son prédécesseur… En tous cas, on attend la suite de ce dyptique avec impatience.