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Les origines du personnage de Candyman

La Légende veut que la personne qui a le malheur de prononcer ce nom 5 fois devant son miroir, soit frappée par la vengeance du Candyman… Les amateurs de films d’horreur se souviennent assurément de ce personnage emblématique incarné par l’excellent Tony TODD sur lequel nous aurons l’occasion de revenir. Erigé au rang de mythe ou de Légende urbaine, le personnage de Candyman fut, à l’origine, imaginé par l’auteur Clive BARKER et apparait pour la première fois dans un recueil de nouvelles intitulé «Livres de Sang ». Mais c’est en 1992 et par l’intervention du réalisateur Bernard ROSE que le personnage va littéralement crever l’écran. Adaptation cinématographique d’une nouvelle intitulée « Lieux interdits – The Forbidden », Candyman (opus 1) révèle au grand public celui qui deviendra l’un des personnages mythiques du cinéma d’horreur. Un peu moins médiatique qu’un Freddy KRUEGER (Les Griffes de la Nuit) ou qu’un Michael MYERS (Halloween), le personnage de Candyman doit quand même trouver sa place aux côtés de ces monstres sacrés.

Mais revenons-en aux origines de ce personnage hors du commun. Candyman alias Daniel ROBITAILLE serait le descendant d’un esclave ayant fait fortune en développant une machine à fabriquer des chaussures. Candyman quant à lui, s’illustre dans le domaine des Arts et notamment la peinture où il excelle à tel point qu’un riche propriétaire terrien fait appel à ses services afin d’immortaliser la beauté de sa fille. Mais voilà que notre Candyman tombe éperdument amoureux de la demoiselle de bonne famille et la met enceinte. Et là, vous l’aurez compris, pour le beau-papa, cette relation entre sa fille et le descendant d’un esclave constitue un sacrilège qu’il se doit de châtier de manière exemplaire. Et le moins qu’on puisse dire c’est que beau-papa ne fait pas dans la dentelle. Le malheureux Candyman sera torturé (on commence par lui trancher la main droite au moyen d’une vieille lame toute rouillée puis on badigeonne son corps nu de miel pour ensuite y inviter des abeilles manifestement affamées. Après s’être bien fait piqué à coups de dards, le pauvre sera brûlé sur un bûcher et ses cendres dispersées dans le ghetto de Cabrini Green. Voilà en résumé et classiquement, les origines du personnage de Candyman.

La suite de l’histoire est assez simple puisque le personnage serait, en conséquence et à l’instar d’un Freddy KRUEGER, une sorte de boogeyman revenu d’entre les morts pour se venger. Pour commettre ses meurtres, il dispose, en lieu et place de sa main droite coupée, d’un terrible crochet. Il a le torse ouvert et l’on peut y apercevoir à l’intérieur, des abeilles en écho aux conditions dans lesquelles le malheureux trouva la mort. Pour autant, Candyman revêt une identité qui lui est propre et ne peut être confondu avec aucun autre personnage de films d’horreur. Il est singulier de parts ses origines, son histoire et le contexte dans lequel il fut torturé et assassiné. La saga démarre au cœur d’un ghetto afro-américain du centre-ville de Chicago (Cabrini Green anciennement surnommée « Little Hell », quartier réputé pour sa violence, ses inégalités ainsi que la forte ségrégation raciale qui s’y développe au fil des années). Ces aspects semblent avoir grandement inspiré l’histoire même de Candyman, le milieu dans lequel il évolua et sévira.

Les réalisateurs

L’on doit le personnage de Candyman brillamment incarné à l’écran par Tony TODD au réalisateur Bernard ROSE. C’est lui qui révèle le personnage aux yeux du grand public et on le remercie infiniment au passage. Quelques mots sur ce réalisateur britannique féru de ciné depuis son plus jeune âge (il réalise des films à l’âge de 9 ans avec un super 8). Plus tard, il entre à la National Film and Television School dont il ressort diplômé en 1982. Après avoir réalisé des clips, il se lance dans la réalisation de longs métrages tels Body contact en 1987 puis Paper house en 1988. Mais c’est avec le film Candyman qu’il s’illustre en 1992. Le réalisateur ne s’arrêtera pas en si bon chemin puisque fort de son succès naissant, il enchaine avec deux autres longs métrages, Ludwig Von B et Anna Karenine interprétée par Sophie MARCEAU. Après une traversée du désert, le réalisateur revient sur le devant de la scène avec une comédie dramatique, Mr Nice en 2011 suivi de Two Jacks.

La saga se poursuit avec un deuxième opus signé Bill CONDON, réalisateur, scénariste, acteur et producteur américain également passionné de cinéma. Il fréquente la Regis High School puis le Columbia College de l’Université Columbia de New York où il étudie la philosophie. Après ses études il devient journaliste ciné en publiant pour des journaux tels American Film ou Millimeter. Au début des années 1980, il est découvert par le producteur Michael Laughlin grâce à une publication dans le Millimeter. C’est en 1995 qu’il nous livre une suite quelque peu mitigée à l’excellent Candyman et sur laquelle nous aurons l’occasion de revenir. En 2010, il est choisi pour réaliser l’ultime volet de la saga Twilight : Twilight, chapitre IV : Révélation.

Le troisième et dernier à s’y coller pour l’ultime volet de la saga loin d’être une réussite est Turi MEYER qui s’est surtout illustré en réalisant des épisodes de séries TV à succès telles Smallville, Angel ou encore Buffy contre les vampires. On lui doit aussi le scénar’ du deuxième volet de la saga Détour Mortel à laquelle j’ai consacré un petit dossier que je vous invite à découvrir dans la rubrique « Au Scalpel » du Blog. Le réalisateur nous livre le troisième et dernier opus de la saga en 1998 et il aurait largement pu s’en passer qu’on ne s’en serait pas plus mal porté ! Mais nous aurons également l’occasion de revenir sur ce dernier volet.

L’interprète de Candyman : Tony TODD

Tony TODD ainsi que nous l’évoquions, a incarné le personnage de Candyman dans les trois opus de la saga. Même si ces trois volets apparaissent qualitativement très inégaux, la prestation de Tony, quant à elle, est demeurée constante. Son interprétation est tout bonnement excellente, un rôle pratiquement taillé sur mesure pour ce grand acteur (1,96m) au parcours à la fois riche et diversifié. Après avoir étudié à l’Université de Connecticut, Tony TODD intègre la prestigieuse O’Neill National Theatre Institute, une école de théâtre où il apprendra les bases de son Art. Il perfectionnera son jeu d’acteur en intégrant le Conservatoire Hartman à Stamford puis le Trinity Square Repertory Theatre Conservatory. Très logiquement, il débute sa carrière en se produisant dans des pièces de théâtre lui permettant de dévoiler son talent. Il enseignera d’ailleurs l’Art dramatique et sera à l’origine d’un programme visant à rendre le théâtre accessible et à en faire un outil d’insertion à destination des populations en difficultés.

Tony TODD fait sa première apparition au cinéma en 1986 dans un film fantastique intitulé Sleepwalk. Repéré par Oliver STONE, il apparait dans le célèbre Platoon, y incarnant un Marine héroïnomane. L’acteur enchaine ensuite divers seconds rôles dans des films tels Colors de Denis HOPPER ou encore Bird de Clint EASTWOOD. En 1990, on le retrouve avec grand plaisir dans un remake du film culte de Georges A. ROMERO, La Nuit des morts-vivants signé Tom SAVINI. A partir de là, l’acteur se spécialise dans le cinéma de genre en enchainant les rôles dans des films tels Voodoo Dawn de Steve FIERBERG (1991), The Crow d’Alex PROYAS (1994) jusqu’à sa consécration avec Candyman en 1992. Après avoir enchainé les deux autres volets de la saga, il poursuit sa percée dans le cinéma d’horreur avec, en 1997, l’excellent Wishmaster de Robert KURTZMAN où il rejoint la fine équipe des interprètes de monstres sacrés (Robert ENGLUND alias Freddy KRUEGER et Kane HODDER alias Jason VOORHEES). On le retrouve ensuite dans Shadow Builder de Jamie DIXON en 1998. En 2000, l’acteur fait un virage en s’éloignant quelque peu de son genre de prédilection. On le trouve dans un drame romantique intitulé Le Secret de Virginie WAGON où il campe le rôle d’un séducteur. Il fera aussi quelques apparitions dans des séries TV à succès telles New York Police Blues, Smallville, Charmed, Les Experts à Miami ou encore Stargate SG-1. Mais pour notre plus grand bonheur, Tony TODD n’abandonnera pas totalement le cinéma de genre puisqu’on le retrouvera dans les deux premiers volets de la saga Destination Finale mais aussi dans les deux premiers opus de Butcher, la Légende de Victor CROWLEY, saga que je vous invite à découvrir à travers un petit dossier sympa concocté par mes soins. Il enchaine en prêtant sa voix caverneuse et rauque au personnage Fallen dans Transformers 2 en 2009 et poursuit de nouveau avec le volet cinq de Destination Finale en 2011.

La trilogie de Candyman

La saga de Candyman se décline, à ce jour, en trois volets bien distincts et qu’on pourrait qualifier de très inégal.

Le premier opus est sans conteste le meilleur et demeure inégalé. Il s’agit d’un film d’horreur terriblement efficace devenu quasi-culte au fil des années, une référence en la matière. On y trouve tous les ingrédients du film culte. Un scénar’ bien ficelé, angoissant à souhait et dans lequel le spectateur plonge complètement jusqu’à s’y noyer. Un casting superbe mené tambour battant par l’excellent Tony TODD dans le rôle de Candyman (on dirait que le rôle a été fait sur mesure pour lui tant il est quasi impossible d’imaginer quelqu’un d’autre à sa place) et Virginia MADSEN qui assure aussi dans celui de la journaliste Helen LYLE. Ajouté à ça, l’apparition d’un personnage emblématique. Le tout agrémenté par une bande-son magistrale signée Philipp GLASS qui cadre parfaitement avec le ton et l’ambiance du film. Vous y ajoutez une once de magie et vous avez la recette de ce petit bijou qu’est Candyman.

Il faut attendre 1995 pour découvrir avec à la fois, impatience et appréhension, le deuxième opus de la saga intitulé Candyman : Farewell the flesh que nous a concocté Bill CONDON. Cette suite est vite apparue très ordinaire, sans grande originalité, une pâle copie du premier. Les impressions sont relativement mitigées après visionnage. Le film n’est pas franchement mauvais, on en apprend davantage sur l’histoire du boogeyman mais on est bien loin d’atteindre le niveau d’intensité du premier volet. L’action ne se déroule plus dans les bas-fonds du ghetto de Cabrini GREEN mais se déplace jusqu’à La Nouvelle Orléans. Pour le reste, on nous sert une sauce à peu près identique mais du coup, ça donne un goût de réchauffé. Une suite qui tient la route malgré tout et se laisse regarder.

Le troisième et ultime volet intitulé Candyman 3 : Le jour des morts se démarque nettement des deux précédents en ce qu’il se situe bien en-deçà. Turi MEYER qui s’était surtout illustré par des séries TV aurait vraiment dû y rester et s’abstenir de plomber une aussi belle saga. Mais bon, c’est chose faite et c’est malheureusement souvent (trop souvent) le triste sort réservé aux sagas. Avec ce troisième opus, on plonge carrément dans une autre dimension. Au casting, apparait la blonde plantureuse, Donna D’ERRICO qu’on retrouvera plus tard dans la série Alerte à Malibu. Le scénar’ tout comme la bande-son n’est pas à la hauteur. La prestation de Tony TODD, égal à lui-même, ne suffit malheureusement plus à sauver le navire qui avait déjà commencé à prendre l’eau. Avec ce dernier volet, on coule littéralement en s’éloignant de l’esprit qui habitait la saga à l’origine.

Pour conclure sur ce petit dossier, je dirais que Candyman demeure une saga agréable et intéressante à découvrir ou redécouvrir. Si vous ne deviez en voir qu’un seul, le premier volet figure parmi les grands classiques du cinéma d’horreur. Ne vous en privez donc pas !:)

DARKO