Child’s Play fait partie des classiques de l’horreur et comme la plupart de ses collègues slashers, Chucky a aussi droit à son reboot. La problématique reste toujours la même que d’habitude qui est de tourner en rond avec les mêmes personnages depuis bientôt 40 ans. La spirale des remakes de remakes et autres reboots fait clairement ressortir le manque de créativité des cinéastes et surtout le manque de prise de risque (toute relative) des producteurs à proposer de nouveaux univers et de nouveaux personnages pour rester dans la course au box office. Concernant l’avant-première, force est de reconnaître que l’équipe marketing s’est creusée les méninges pour proposer quelque chose d’intéressant et de plus créatif qu’à l’accoutumée. Deux possibilités de poser avec Chucky pour repartir avec une photo souvenir nous ont été offertes, des petites choses à manger rappelant vaguement des viscères ainsi qu’un masque en carton à l’effigie de la poupée. Dans la salle, un jeu interactif proposant aux spectateurs de tweeter une photo originale de la soirée avec le hashtag qui va bien #childsplaylefilm pour espérer le gain d’un drone. Le choix du drone n’est pas innocent, vous le verrez par vous-même dans le film. Ils ont trouvé là un bon moyen de se faire une belle promo gratuite, volontaire et enthousiaste. Chapeau messieurs dames du marketing.

Pour ce film, je suis parti avec un a priori assez négatif, je dois bien le reconnaître. Et si je n’avais pas eu cette invitation, croyez bien que je n’aurais pas payé 12€ pour aller le voir. Après l’avoir vu et avec 24h de recul la sentence est… à peu près la même. Mais tout n’est pas noir, loin de là et j’ai même été assez agréablement surpris.
Dès l’entame du film, j’avais toujours en tête la version d’origine de Don Mancini. Un tueur psychopathe transférant son âme dans le corps d’une poupée avant de mourir et celle-ci se transformant en un être maléfique de chair et de sang. Cette nouvelle mouture a une entame bien différente qui s’inscrit parfaitement dans l’air du temps quitte à décevoir les fans de la première heure. Je trouve cela plutôt intelligent. Le film original a plus de 30 ans et le public visé par ce remake n’a pas forcément eu l’occasion de voir cette version, bien que culte pour toute une génération. On est là face à un Chucky 2.0 à base d’intelligence artificielle, d’assistant personnel, de domotique et de contrôle bluetooth par smartphone. Les premières minutes du film consistent à nous expliquer comment la poupée Buddy devient le sanguinaire Chucky. C’est vite torché et autant se le dire, cette origine story de 2 minutes 30 est sans grand intérêt. L’histoire commence réellement lorsque la poupée arrive dans les mains du petit Andy (très bien interprété par le jeune Gabriel Bateman). Le scénario est ensuite assez classique et linéaire et les personnages un peu caricaturaux mais attachants… le calme avant la tempête, une phase où Chucky et Andy sont comme les deux doigts de la main puis l’on assiste à un événement déclencheur et l’horreur monte ensuite crescendo. L’humour est omniprésent et l’on peut même franchement se marrer par moment. Les scènes gores sont assez franches et jouissives. Pour le doublage de la poupée, on a perdu la voix de Brad Dourif au profit de Mark Hamill, grand habitué du doublage (à défaut de décrocher des rôles intéressants) et notamment du personnage du Joker dans la série animée. Don Mancini le créateur du personnage et scénariste des épisodes précédents a été remercié. Et enfin le design de la poupée est raté, autant être honnête avec vous.

Pour conclure, si l’on fait abstraction totale de la version originale, je peux dire que j’ai passé un assez bon moment. Ce n’est certes pas un chef d’oeuvre, ni de l’horreur et encore moins du cinéma mais il est fun, plutôt bien interprété et assez court pour ne pas devenir ennuyeux. La fête du cinéma approchant, cela peut être une bonne occasion d’aller de se marrer entre potes.

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