Avec

 Kaya Scodelario, Barry Pepper, Morfydd Clark

Année :

 2019

Pays :

 États-Unis

Durée :

 88 min

Genre :

 Survival, horreur

Production :

 Ghost House Pictures, Renaissance Pictures

La sentence
 
Mordant
Bande-annonce de Crawl

C’est avec une joie non dissimulée que je me suis rendu à l’avant-première du dernier long métrage de notre Alexandre Aja international. Au sein de l’équipe du blog on est plutôt fans du garçon et voilà maintenant 6 ans depuis Horns que l’on attend son retour dans les salles obscures. Son film précédent, La 9ème vie de Louis Drax, était sorti directement en DVD en 2015.

Crawl est un pur film de genre. Un survival non surnaturel comme on n’en voit plus si souvent. On peut citer Instinct de survie que nous avions chroniqué il y a 3 ans où Blake Lively tentait de survivre sur un rocher cernée par les requins. Le pitch de Crawl est simple, sans fioriture et tient en deux lignes : un violent ouragan s’abat sur la ville natale d’Hayley partie à la recherche de son père porté disparu. Elle le retrouve grièvement blessé dans le sous-sol de la maison familiale et réalise qu’ils sont tous les deux menacés par une inondation progressant à une vitesse inquiétante et par la présence de crocodiles libérés de leur enclos par l’ouragan…Il n’en fallait pas plus à Sam Raimi pour devenir producteur du film. Aja raconte qu’il avait toujours rêvé de travailler avec Raimi, qui a eu une énorme influence sur lui avec Evil Dead, et Wes Craven. Il a pu travailler avec ce dernier pour son excellent remake de La Colline a des yeux en 2006 et il lui aura fallu attendre jusqu’à maintenant pour collaborer avec Raimi.

Kaya Scodelario

Aja s’était déjà essayé au genre survival animalier avec son remake de Piranha traité avec un second degré clairement assumé mais avec Crawl, on n’est pas là pour rigoler. Ce film est d’une efficacité redoutable. Le début du film pose le cadre et nous présente le personnage principal Hayley joué sans fausse note par Kaya Scodelario que je ne connaissais pas mais qui est également au casting du film Le Labyrinthe. Elle campe ici le rôle d’une championne de natation et l’on comprend très vite que cela va être un des grands enjeux du film. D’abord dans sa relation compliquée avec son père interprété par Barry Pepper, une tête connue et un second rôle récurrent à la Ian Holm. Personne ne connaît son nom mais on a l’impression que le mec joue dans tous les films. Et bien sûr les qualités de nageuses du personnage seront mises à rude épreuve dans ses duels aquatiques avec les crocos. 

Barry Pepper

On rentre très rapidement dans le vif du sujet. Le film est relativement court (1h27) mais il n’en fallait pas plus sous peine de subir des longueurs soporifiques, ni moins pour ne pas rester sur sa faim. Cette durée est conditionnée par la montée des eaux dans la maison et c’est plutôt futé de la part d’Aja. Cela crée une tension permanente en dehors de la menace et du danger de mort inhérent aux crocodiles. Le film est un quasi huis clos. L’ambiance sonore et les cadrages très serrés alternants entre l’immergé et l’emmergé contribuent à créer une immersion totale pour le spectateur. Les crocos sont bluffants de réalisme et ont été entièrement réalisé en 3D hormis un ou deux plans rapprochés de gueule. Un peu d’ hémoglobine mais rien de particulièrement gore, le propos n’est pas là.

Un mot sur le choix du titre qui est intéressant car Crawl rappelle bien sûr la technique de natation mais cela signifie également “vide sanitaire”, le crawl space qui est l’endroit dans lequel sont coincés les personnages pendant une grande partie du film et enfin crawl est également un verbe qui se traduit par ramper, ce qui correspond bien à la façon de se déplacer des crocos.

Pour conclure, ce film n’est pas un chef d’oeuvre mais il n’a pas l’ambition de l’être. C’est un survival. Et en tant que tel, il est très réussi et diablement efficace. On y croit, on est dans la flotte avec eux, on se bat avec eux, on flippe avec eux et on est content d’être assis confortablement dans notre siège. Aja est rarement décevant, il sait faire des films qui touchent directement les amateurs de films de genre que nous sommes. 

Extrait du film

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