Avec

 Karim Tougui, Martial le Minoux, Pauline Moingeon

Année :

 2018

Pays :

 France

Durée :

 10 épisodes

Genre :

 Horreur Psycho-Trash

Production :

 Blackpills

La sentence
 
Atypique

Crisis Jung est une mini série d’animation bien trempée, crée par Baptiste Gaubert et le papa de l’adaptation animée de Last Man, Jérémie Périn. Elle est produite par le studio français Blackpills, boîte de production hors normes dans le paysage d’animation nationale et qui semble pourtant trouver son public. En effet, après avoir fait le tour des festivals Crisis Jung devient disponible sur Netflix dès le 1er février 2020.

Mais de quoi nous parle cette curieuse série clairement orientée adulte ? 

Dans un monde post apo, le terrible petit Jésus, représenté par un énorme molosse vissé à son trône, trône qui prendra d’ailleurs également un sens figuré, démembre la chère et tendre Maria, bien aimée de Jung. Devenu le Héros au Cœur Brisé, le bougre en colère n’a qu’une idée en tête, retrouver la dépouille de la dame, quitte à démonter un bon nombre de mâchoires. 

Le pitch ne vous rappelle rien ? Dès les premières minutes, on reconnait l’hommage évident à Ken le survivant et plus largement aux productions japonaises des années 80 90 passées à la moulinette trash de ses créateurs.

Tous les ingrédients de cette époque sont reconnaissables par le geek averti : Ken le survivant on l’a dit, avec ses vêtements régulièrement déchirés quand il est pas content, instantanément recousu, côtoie les structures narratives répétitives des Bioman et autre X-or.

D’un budget probablement limité, Blackpills joue donc la carte de l’efficacité technique et scénaristique mais aussi de la transgression sans aucune concession, le tout en totale cohérence avec leurs choix créatifs.

D’une direction artistique exemplaire, les réalisateurs et leur équipe parviennent à jongler entre des animations faussement vivantes, dynamisant la mise en scène par un lot souvent hystérique de FX colorés, de mouvement brutaux de caméra accompagnés d’un sound design tonitruant dans les séquences d’action explosives.

Et c’est dans les moments plus contemplatifs si l’on peut dire, que l’humour pince-sans-rire jalonne les courts épisodes. On pense entre autre à cet enfant à qui Jung confie la reconstruction d’un village dévasté, alors qu’il a perdu ses bras, ou encore cet homme qui par défaut de présence féminine est désigné par le chef du village maman d’un enfant orphelin. J’ai spoilé mais croyez-moi on est très loin de l’exhaustivité.

Évoquant un sous-texte psychanalytique, Jérémie et Baptiste se lâchent totalement sur des représentations déviantes assumées. Verges tronçonneuses et mélanges de genres sont monnaies courantes dans cette série. Même Jung et sa technique des « 10 gros coups de poings » se voit pousser une poitrine lors de sa transformation colérique post analyse (vous comprendrez en regardant la série) qui généralement sonne le glas du monstre final littéralement chié par Petit Jésus.

Au passage, ce qui est réellement appréciable dans cette production c’est le soin apporté malgré les choix narratifs, au design en général et au design de personnage en particulier. Les monstres de l’équipe de Petit Jésus n’ont rien à envier aux créatures japonaises et même américaines pourtant spécialistes du genre. Lorsque l’on regarde de prêt le travail plus global de Baptiste Gaubert, on comprend qu’il n’en est pas à son coup d’essai.

D’une durée moyenne de 6 min par épisode pour 10 métrages seulement, Crisis Jung se regarde d’une traite si on n’est pas allergique aux redondances et qu’on a l’esprit bien ouvert. A ne surtout pas regarder en famille sous peine d’en traumatiser certains.

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