Synopsis

Le film Cloud Atlas est l’adaptation du roman éponyme de David Mitchell, en VF La Cartographie des nuages. A travers une histoire qui se déroule sur 5 siècles dans plusieurs espaces-temps, des êtres se croisent et se retrouvent d’une vie à l’autre, naissant et renaissant successivement. Leurs décisions auront des conséquences sur leur parcours dans le passé, le présent et l’avenir lointain. Un seul acte suffit à entraîner des répercussions pendant plusieurs siècles et à provoquer une révolution.

LA CRITIQUE

J’aurais envie de comparer le visionnage de Cloud Atlas au montage d’un meuble IKEA mais sans notice et sans outils. Pour quelqu’un de bricoleur et d’habitué ça passera et pour les autres…ben vous repasserez…Il m’a laissé moi-même assez perplexe sur le coup, surtout la 1ère demie-heure.

Déjà il faut savoir que Cloud Atlas est un film à sketches, plusieurs segments réalisés par 3 réalisateurs différents. L’originalité, la nouveauté et surtout la prouesse de ce film résident dans son montage. Au lieu d’avoir les films qui s’enchaînent basiquement, ici les scènes s’entremêlent avec à chaque fois un point de bascule logique et bien pensé (notamment la narration de chaque histoire par le protagoniste de la précédente), le tout dans une belle cohérence visuelle et narrative. Un véritable travail d’équipe.

Les réalisateurs sont des amoureux du cinéma de genre et nous le prouvent. Chaque segment correspond à un genre différent : du thriller 70’s en passant par la comédie, l’action, la science-fiction jusqu’à la dystopie totale. Pas le temps de s’emmerder.

Cloud Atlas d’Andy & Lana Wachowski et Tom Tykwer (2013) - Critique
Cloud Atlas d’Andy & Lana Wachowski et Tom Tykwer (2013) - Critique
Cloud Atlas d’Andy & Lana Wachowski et Tom Tykwer (2013) - Critique

Le casting est bien trouvé. Voir Hugh Grant complètement à contre emploi dans un rôle de cannibale-trancheur-de-tête est tout simplement jouissif. Je ne comprends pas pourquoi il ne fait pas la même chose dans Bridget Jones. Il y a des trucs comme ça des fois… Bref, un Tom Hanks en quête de rédemption, un Hugo Weaving en enfoiré de service comme il sait bien le faire sans oublier la belle Halle Berry, Ben Whishaw ou Jim Sturgess, deux acteurs qui montent, qui montent… rien à redire. Les acteurs jouant chacun une multitude de rôles, il y a un côté presque ludique à essayer de retrouver qui est qui. Et comme pour un jeu, les réalisateurs nous donnent les réponses dans le générique de fin. “Ah mais c’était donc lui…!”.

Pour chaque personnage, un genre sexuel différent. Pour chaque personnage, un groupe ethnique différent. Une sorte d’hymne à la beauté de l’humanité, à sa diversité, à l’égalité entre les êtres, à l’amour. Sèche tes larmes cher lecteur.

Cette multiplication des rôles pour chaque acteur permet d’aborder les thèmes mystiques chers aux Wachowski tel que la réincarnation, la survie de l’âme à travers le temps, les époques et son évolution, notamment avec les différents personnages joués par Tom Hanks. Il sera un tueur pervers et sans pitié au XIXe siècle pour finir plusieurs centaines d’années plus tard en héros sauveur de l’humanité. Chaque rencontre, chaque évènement, échec, prise de conscience et révolutions laissent donc une empreinte dans la mémoire de l’âme humaine. Tout a un sens…et des conséquences. (L’effet papillon tu connais…? oui vu comme ça, ça peut faire peur)Au final, on en revient toujours à un thème récurrent chez les Wachowski, la destinée (non pas la chanson de Guy Marchand…) et la foi dans l’humanité. Matrix, V for Vendetta en sont de parfaits exemples. Personnellement, ce sont des thématiques qui me touchent également donc je valide.

Scénario mis à part, Cloud Atlas est simplement beau. La photographie extrêmement léchée, les effets spéciaux à couper le souffle. Gros travail de maquillage malgré certains traits à la limite de la caricature qui ne cadrent pas forcément avec le reste. Egalement à noter une BO épique qui donne beaucoup d’intensité aux images.

Après l’échec commercial de Speed Racer, on pouvait s’attendre à quelque chose de plus convenu mais ils nous livrent là une oeuvre personnelle, complexe et intelligente, ce qui est assez rare avec un blockbuster à 100 millions de dollars pour être souligné. A la 1ère projection, on peut éprouver une certaine difficulté à rentrer dans l’histoire mais une fois que l’on a plus ou moins compris le principe, la structure du film et où voulaient en venir les réalisateurs, on est happé par l’histoire et impossible de s’en défaire. Cloud Atlas fait réfléchir, il fascine et en met plein la vue. Un second visionnage vous permettra sans doute d’en saisir toutes les subtilités. Vous l’aurez compris, j’ai aimé.

FONZI