Synopsis

Andy et Terry, deux frangins un peu paumés décident de sauver la maison de retraite dans laquelle séjourne leur grand-père des griffes de méchants promoteurs immobiliers qui veulent tout raser. Accompagnés de quelques comparses triés sur le volet, ils se lancent dans le braquage d’une banque mais cette initiative s’avère bien foireuse et la situation tourne rapidement au vinaigre…

La critique

Les premières scènes de Cockneys vs Zombies m’ont fait d’emblée penser à un gros navet et je dois avouer que j’ai un peu flippé d’avoir fait une mauvaise pioche. Mais j’ai vite été rassuré et même agréablement surpris par cette petite comédie horrifique menée tambour battant par une ribambelle de personnages plus caricaturaux les uns que les autres. Outre les deux frangins paumés, on trouve Mickey, le « black » complètement barj’, accroc à la violence et aux armes à feu, Katy (alias Michelle RYAN) dans le rôle de la jeune fille qui en a dans le pantalon et David, le pseudo-sérieux qui s’avère en fait, être un vrai bras-cassé. Bref, une belle brochette pour une fine équipe mais à laquelle on n’aurait vraiment pas envie de s’associer pour une quelconque entreprise. Et je ne parle pas de la blonde qui sert d’otage et qui se trouve au final, prise du Syndrome de Stockholm… Dans le genre, nos amis britanniques n’en sont pas à leur coup d’essai puisque ce petit film sans prétention nous fait penser dès le départ à des films du genre Shawn of the Dead ou Doghouse, du moins dans l’esprit et le ton car il n’en atteint tout de même pas la finesse et les prouesses satiriques. On y trouve malgré tout, les bons ingrédients du genre (humour, dialogues sympas et répliques qui font mouche, dynamisme et rythme soutenu) et du coup, on ne s’ennuie pas. L’idée d’enchaîner des petites séquences flash-back pour illustrer les propos de tels ou tels personnages est efficace et apporte une réelle touche et du dynamisme au film.

Cockneys VS Zombies de Matthias Hoene (2012) | Critique
Cockneys VS Zombies de Matthias Hoene (2012) | Critique
Cockneys VS Zombies de Matthias Hoene (2012) | Critique

Mais vous allez me dire, quid des zombies dans cette histoire ? Et ben si, il s’agit quand même d’un énième film de zombies puisque la bourgade se trouve soudainement envahie par une horde de morts-vivants affamés et le scénar vire assez vite à l’affrontement (le final est tout bonnement du dégommage de zombies sur fond d’altruisme et de générosité humaine). Notre petite équipe de branquignoles va vite devoir s’organiser pour leur survie et celle de leur vieux protégé. Eh oui, car la maison de retraite où séjourne le grand-père est elle aussi assaillie par les zombies. De petites scènes vraiment sympas comme celle où l’un des vieux tente d’échapper à ses poursuivants zombies à l’aide d’un déambulateur dans une course en mode ralenti est mémorable et m’a bien fait marrer :). A propos des zombies, celles et ceux qui affectionnent tout particulièrement cette thématique et qui souhaitent l’approfondir, trouveront sur ce blog dans la rubrique « Au scalpel », un dossier en deux parties intitulé Zombies forever que j’invite à découvrir.

L’on pourra néanmoins regretter le fait que le film n’aille pas assez loin dans le côté satirique, burlesque et décalé. A surfer comme il le fait sur la vague des comédies horrifiques britanniques, souvent bien foutues, il faut bien le dire, Cockneys vs Zombies nous laisse espérer une qualité et des prouesses au moins comparables mais il se cantonne un peu trop au genre sans vraiment pouvoir le dépasser pour apporter une réelle touche d’originalité. C’est le reproche que je pourrais lui faire. Il souffre un peu la comparaison avec d’autres films du genre bien plus fins et aboutis que lui. C’est bien dommage car on sent un réel potentiel avec quelques belles trouvailles, un humour à l’anglaise qui fait son effet, un scénar’ ultra simple mais plutôt bien amené, des comédiens qui jouent de façon caricaturale mais c’est dans le ton léger et décalé assurément recherché pour ce genre de parodie. Les effets spéciaux, sans être transcendants, demeurent plutôt corrects pour un petit film qui ne paye pas de mine et qui ne semble pas vouloir se la péter outre mesure. Autre regret, il est dommage que le réalisateur n’exploite pas davantage la dimension culturelle dans laquelle il semble avoir pourtant souhaité positionner son film. Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas (à commencer par moi-même :)), j’ai appris que le terme « Cockney » renvoyait à une population Est-Londonienne issue de la classe ouvrière et qui se caractérise notamment par un accent et un argot qui lui est propre. Malheureusement, dans la ribambelle de personnages, j’ai beau chercher mais l’aspect culturel qui semble être annoncé dans le titre même du film ne m’est pas apparu des plus flagrants alors que cela aurait pourtant, pu apporter une touche d’originalité certaine au film. Cela fait du coup, pas mal d’occasions manquées de faire au moins aussi bien que les prédécesseurs.

Au final, un film qui se laisse volontiers regarder avec amusement mais avec une légère touche de frustration car on aurait bien aimé que ce Cockneys vs Zombies nous fasse décoller un peu plus de notre siège… malheureusement, on ne s’envolera pas assez haut 🙂

DARKO