Synopsis

Penny et Mickael, un jeune couple, emménagent avec leur bébé dans leur nouvelle maison. Jusque- là, tout semble sourire à cette charmante petite famille. Mais des événements étranges associés à une apparition des plus inquiétantes vont venir troubler la tranquillité du couple et faire de leur vie de rêve un véritable cauchemar…

La critique

Avec un pitch comme celui-là, autant vous dire qu’avec Dark circles, Paul SOTER n’a pas inventé l’eau chaude ni la lumière. Dès le démarrage, on sent bien venir l’histoire archi-connue du méchant revenant qui vient embêter la gentille famille. Pourtant, malgré un scénar’ simple et attendu, le film nous réserve quelques bonnes surprises et s’avère, au final et dans l’ensemble, plutôt efficace même si quelques faiblesses sont à déplorer.

D’abord le positif, les effets visuels sont réussis et associés à une bande-son percutante. Le résultat c’est que le film vous provoquera à coup sûr, quelques bons sursauts et ce, dès le départ. Ensuite, Dark circles nous plonge dans une ambiance angoissante, oppressante en exploitant de manière intelligente les codes habituels du genre. Le revenant (ou plutôt la revenante) est inquiétant et intriguant (physiquement, je trouve qu’elle a un faux air de Béatrice Dalle). On ne sait pas trop pourquoi ce fantôme apparaît soudainement dans la vie de ce jeune couple sans histoire mais on devine rapidement que la revenante en a après le bébé bien sûr. L’autre aspect plutôt bien foutu c’est la manière de montrer la dégradation progressive des relations au sein du couple du fait de la fatigue, du manque de sommeil (eh oui, bébé ne fait plus ses nuits depuis que le couple s’installe dans la nouvelle maison), des difficultés à gérer une situation devenue quasi invivable, la déception à l’entrée dans la maison. Bref, le jeune couple perd peu à peu toutes ses illusions et déchante rapidement. Cette situation est très bien filmée ce qui rend les personnages attachants. On compatit volontiers, les papas et mamans encore plus. Le film parvient assez bien à jouer sur les peurs que ressentent légitimement tous parents vis à vis de leur progéniture. Dans le film, le bébé se retrouve à plusieurs reprises, dans des situations très critiques où il risque sa vie ce qui contribue à créer un climat de tensions permanent assurément recherché.

Dark Circles de Paul Soter (2013)
Dark Circles de Paul Soter (2013)
Dark Circles de Paul Soter (2013)

Le négatif reste quand même ce scénar’ très simplet qui manque cruellement d’originalité. On y trouve l’habituelle grande maison isolée style Amityville sur le retour. Cette maison est bien entendue hantée par un méchant fantôme au grand dam de ses occupants qui vont en faire les frais. D’ailleurs, cette revenante à la longue chevelure noire n’est pas sans rappeler le fantôme de Sadako Yamamura dans le film Ring d’Hideo NAKATA. La scène de Dark circles au cours de laquelle la revenante sort du meuble au-dessous de l’évier est un clin d’œil évident à la scène de Ring où le fantôme de « Sada » sort de la télévision pour pénétrer le monde réel. Bref, tout cela alimente un peu la thèse du manque d’originalité et de l’inspiration grandement puisée chez nos voisins japonais qui, il faut bien le dire, sont passés maîtres dans l’art du genre.

Surtout, grande déception à la fin du film lorsqu’on découvre vaguement qui est ce « revenant ». Je mets les guillemets car je ne suis même plus certain au final qu’il s’agisse d’un fantôme puisque cette apparition semble pénétrer le monde réel pour trouver la mort… La fin laisse clairement un goût de bâclé et c’est bien dommage car le film, dans son ensemble, se laisse bien volontiers regarder. Les effets visuels bien pensés faisant un peu oublier par moment la faiblesse du scénario.

Au final, un film sans grande originalité ni prétention mais qui parvient à surprendre par moments du fait de quelques bonnes idées. A regarder un soir où, comme moi, vous n’avez rien de particulier à vous mettre sous la dent :).

DARKO