Synopsis

Mia a déjà connu pas mal de galères dans sa vie, et elle est décidée à en finir une bonne fois pour toutes avec ses addictions. Pour réussir à se sevrer de tout, elle demande à son frère David, sa petite amie Natalie et deux amis d’enfance, Olivia et Eric, de l’accompagner dans la cabane familiale perdue au fond des bois. Dans la cabane isolée, les jeunes gens découvrent un étrange autel, et surtout un livre très ancien, dont Eric commet l’erreur de lire un passage à haute voix. Les plus épouvantables des forces vont se déchaîner sur eux…

LA CRITIQUE

J’ai eu la chance de découvrir ce film en avant première ET en présence de son réalisateur… du moins c’est ce que l’on nous a vendu. Très honnêtement, je doute qu’Alvarez ait réellement regardé le film qu’il a lui même mis en boite. Mais on a eu le plaisir de le retrouver après la projection. Bref, vous vous en doutez donc, la salle était bondée de geeks en tout genre, de fans de films d’horreur, et surtout d’inconditionnels du premier opus prêts à empaler le blasphémateur uruguyen.

Mais il n’en est rien. Personne n’a empalé qui que ce soit. Bien au contraire. Je ne me lancerai pas ici dans une comparaison de l’original et du remake, qui fera l’objet d’un focus sur leurs personnages principaux (oui bande de petits veinards, rien que pour vous). Je vais donc parler de ce film en tant que tel.

Tout d’abord, soyez heureux ceux qui ne connaissent pas l’original car ce film se veut un film à part entière, une oeuvre originale d’une certaine façon. C’est d’ailleurs en réponse à une question quelque peu malvenue, voir idiote, qu’Alvarez nous le confirme. L’exercice était périlleux et il s’en sort avec les honneurs. D’ailleurs, la salle le lui a fait savoir dès le générique de fin. Il faut dire que le monsieur maîtrise bien son sujet pour un premier long.

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Sans être hyper originale, l’histoire se tient. L’atout n’est pas là. Et pourtant le scénariste, également ami du réalisateur avec qui il a effectué un travail à quatre mains, arrive à narrer une suite d’événements et de scènes gores à souhait tout en progressant dans son histoire de slasher à moitié avouée. Chaque giclée de sang est parfaitement amenée, surmontant la difficulté inhérente au genre, d’une narration souvent prétexte à de plus ou moins belles scènes de barbaque.

Visuellement, le film est parfait. On a affaire à du pur film hollywoodien du moment. Des tons sépias qui rendent un juste équibilibre entre une image qui se veut quelque peu vieille et sale et une photographie toujours très léchée. On aime ou on n’aime pas mais c’est maîtrisé. Il ne faut pas oublier qu’il ne s’agit aucunement d’un film indépendant, Sam Raimi et son comparse Bruce Campbell étant au service contrôle financier du début à la fin.

Mais on sent qu’Alvarez a eu une grande liberté dans son travail, ou alors les producteurs l’ont guidé avec bienveillance, car son film transpire l’honnêteté. Scènes de transformations, de truscidations, d’explosions… de porte, chacune des séquences d’action est filmée avec le coeur. Première oeuvre oblige, de nombreuses influences évidentes et avérées parsèment le film. Et curieusement, elles ne sont pas forcément liées à Evil dead premier du nom. L’Exorciste, les films de zombies et les productions de destructions virales ont remplis à n’en pas douter son biberon. Il surfe sur une vague et tient parfaitement debout.

Fait ultra important auquel le film doit son cachet. Il n’y a aucun CGI, pas de giclure numérique, pas de trou de balle (je parle de trous faits par des cartouches) dessiné sur photoshop. Que du latex et du sang de porc. Et ça se voit, bien évidemment. Alvarez est, une fois de plus, sincère dans son amour du genre et dans le film qu’il nous offre.

Seul point noir, là encore inhérent au slasher, hormis le jeu mémorable de l’actrice principale, celui des autres acteurs, lorsqu’on ne leur demande pas de crier ou de courir, est insignifiant… pour être gentil. Le propos, pas idiot au demeurant, d’une junkie qui doit surmonter ses démons à l’aide de ses amis qu’elle finit par voir comme des monstres voulant la séquester, donne malheureusement lieu à pas mal de pathos très grossier, du moins dans la première demi heure du film. Heureusement, ce premier tier est ponctué de moments bien flippants qui posent lentement mais efficacement l’ambiance et nous fait oublier ces quelques crasses.

En résumé, du très bon gros film de genre qui saigne intelligemment. Une histoire qui se tient. Une réalisation efficace et claquante. Pour ceux qui ne connaissent pas l’original, n’ayez craintes le film se vaut pour lui même. A ceux qui ne connaissent encore que la version de Sam Raimi, Alvarez ne vous a pas oublié car son film rebondit super bien sur les scènes cultes de l’original. Je ne vous en dirai pas plus sur le sujet. Voyez le et vous m’en direz des nouvelles dans les commentaires. Le débat est ouvert et en plus, je pourrai peut être même vous donner l’avis du réalisateur sur certains points. A vos claviers.

VALGUR