Synopsis

Christine Brown, spécialiste en crédit immobilier, vit à Los Angeles avec son petit ami, le Professeur Clay Dalton. Tout va pour le mieux jusqu’au jour où la mystérieuse Mme Ganush débarque à la banque et la supplie de lui accorder un crédit supplémentaire pour sa maison. Christine hésite entre la compassion et la pression de son patron, Mr Hicks, qui la voudrait plus ferme avant de lui octroyer une promotion. Fatalement, Christine choisit sa carrière, même si sa décision met Mme Ganush à la rue. Pour se venger, la vieille femme jette la malédiction du Lamia sur Christine, transformant sa vie en un véritable cauchemar. Hantée par un esprit malfaisant, incomprise de son petit ami, elle se fait aider du medium Rham Jas, qui l’entraine dans une course frénétique contre la damnation éternelle, pour inverser le sortilège…

LA CRITIQUE

En 2009 et après 3 belles versions cinématographiques de Spiderman, Sam Raimi nous revient avec un film à petit budget, très petit même en comparaison à la franchise. Peu de bruit est fait autour de ce film à l’époque. Par chance, voyant cette bande annonce intrigante mais pas spécialement originale, je vois passer le nom du réalisateur mythique aux commandes artistiques du film. C’était la veille de sa sortie et le lendemain je le découvrai avec frisson dans la salle du coin.

Beaucoup se demandaient si Sam Raimi reviendrait un jour au genre en tant que réalisateur. Cela faisait 15 ans qu’on l’attendait et cette attente devenait presque désespérante. Jusqu’en enfer a donc fait son petit effet. Je ne l’attendais même pas au tournant tant cette surprise était reçue comme une bénédiction.

Drag me to hell de Sam Raimi
Drag me to hell de Sam Raimi
Drag me to hell de Sam Raimi

Sam devait le savoir car ce film est clairement dédié à ses fans de la première heure. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’un Sam Raimi pur jus.

Bien que différents dans son histoire, Jusqu’en enfer reprend les ingrédients qui ont fait le succès des deux derniers épisodes d’Evil Dead. Au-delà du fantastique, le film mélange humour, action, suspens avec des personnages définis et attachants à l’image du Ash d’Evil Dead.

Sam Raimi reprend également l’univers visuel de ses débuts. La caméra bouge, virevolte dans les moments les plus fous. Le jeu des scènes de possessions est outrancier sans lorgner du côté de l’Exorciste. Non, Sam se parodie presque lui même pour notre grand bonheur.

Il va même jusqu’à reprendre les effets spéiaux à l’ancienne devenus la marque de ses premières productions. Le clin d’oeil semble évident lorsque l’on voit ses premiers « monstres », la sorcière gitane notamment, aux visages déformés. Certains ont critiqué ce choix car il est évident que ses effets visuels semblent dater. Moi je dis que Sam nous rend hommage, rend hommage au public grâce auquel il est là maintenant et je l’en remercie.

Le tour de force de Sam Raimi est d’avoir su contenter tout le monde. J’ai pu me rendre compte que beaucoup ne connaissaient pas Evil dead. Trop jeunes, trop vieux ou simplement pas dans le trip, ceux là ont pourtant vu plus ou moins par hasard ce film presque pop-corn et l’ont adoré. Ce film, à l’humour dévastateur et au second degré omniprésent, a su toucher un public large mettant toute la salle d’accord.

On est face à une série B certes mais haut de gamme. La différence entre Jusqu’en enfer et la série B « classique » est la maîtrise de l’oeuvre. Alors que beaucoup font de ce genre un cache misère d’un manque de talent et/ou de moyens, Sam Raimi profite de ses années d’expérience pour transcender sans mépris un genre qui l’a lancé. Plus qu’un hommage, le réalisateur nous montre 15 ans après la saga de Ash qu’il est capable de reprendre et d’améliorer ce qu’il avait entamé dans sa jeunesse.

Je trouve ça génial de sa part de l’avoir fait. De nombreux réalisateurs semblent avoir honte de leurs débuts surtout lorsque qu’ils riment avec genre. Ceux là n’y remettent plus les pieds lorsque la notoriété leur fait pousser des ailes et que les biatchs d’hollywood leur montrent leur derrière. Sam Raimi a su à sa façon rester humble, intègre et respectueux. Il nous le prouve avec cette charmante petite perle qu’est Jusqu’en enfer.

Pour ceux qui l’ont vu, dites nous dans les commentaires ou sur facebook ce que vous en avez pensé et comment vous voyez la carrière de Sam Raimi.

Pour les autres, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

VALGUR