Synopsis

An 2093, un couple de scientifiques découvre une peinture préhistorique sensée contenir des réponses quant aux origines de l’Humanité. Une expédition est alors menée et conduit le vaisseau Prometheus et son équipage jusqu’à une lointaine planète encore inexplorée. Objectif : rencontrer les créateurs de l’espèce humaine nommés « les ingénieurs ». Mais la découverte que va faire l’équipage est bien loin de ce à quoi il s’attendait…

La critique

Annoncé à l’origine comme une préquelle du cultissime Alien, le huitième passager, autant dire que Prometheus était un blockbuster très attendu des fans de la célèbre saga. Mais contre toute attente, le scénario original a été revu et corrigé de manière à en faire un film à part entière même s’il est vrai que l’ambiance et l’univers du film flirtent manifestement avec celui d’Alien. Si l’on a pu être quelque peu déçu de ne pas y découvrir toutes les origines du monstre au sang gluant aussi corrosif que l’acide, il n’en demeure pas moins que le film reste efficace et, à mon sens, ne s’en sort pas trop mal. Même s’il est permis de s’interroger sur sa qualité de préquelle, le film se permet de manière évidente quelques liens. Mais ces liens qui sont faits entre Prometheus et Alien constituent, selon moi, aussi bien des clins d’oeil sympas pour les fans que des ambiguïtés majeures qui ont pu contribuer à alimenter le sentiment de frustration et de déception de ces mêmes fans. Je vais m’expliquer.

Prometheus de Ridley Scott (2012) - Critique

Dès le départ, le spectateur se trouve plongé dans l’univers claustro et froid du Prometheus, atmosphère qui n’est pas sans rappeler celle lourde et pesante du Nostromo dans Alien ou encore des films tels Mission to Mars ou dans un autre milieu, le film Abyss. Sur cet aspect, on ne peut que se réjouir de ce que Ridley SCOTT se soit souvenu de ce qui a fait, en autre, le succès d’Alien. A l’instar de ce dernier, Prometheus évolue avec un rythme assez lent permettant la mise en place de l’intrigue mais pas assez pour donner une réelle consistance et profondeur aux personnages. Vous l’aurez compris, Prometheus n’est pas le genre de film SF au rythme effréné qui ne cherche qu’à vous en mettre plein la vue mais malgré tout, il y manque assurément de la consistance et de l’approfondissement d’autant qu’il y aurait eu matière à le faire. Le suspense demeure cependant bien installé, constant et suffisant pour tenir en haleine le spectateur durant les deux bonnes heures que dure le film. Le rythme relativement lent est tantôt entrecoupé par des accélérations qui réveillent le spectateur et le replonge dans l’action si tant est qu’il s’en soit, par mégarde ou inattention, dégagé. Ainsi, sans trop spoiler, la scène où Elisabeth se programme une césarienne toute seule comme une grande, est mémorable et crée une vraie tension. Je vous laisse deviner les motivations d’Elisabeth pour cette soudaine césarienne à trois mois de grossesse…:) D’ailleurs, comment diable s’est-elle démerdée pour se trouver enceinte de trois mois après un rapport sexuel remontant à quelques heures à peine sachant qu’elle était endormie pendant les deux bonnes années qu’a duré le voyage du Prometheus ? Bref, je vous laisse le soin de le découvrir par vous-même 🙂

Ensuite, la présence à bord du Prometheus d’un mystérieux androïde prénommé David et dont le rôle est non négligeable dans le déroulé des événements n’est pas sans rappeler les androïdes dans les trois premiers volets de la saga Alien. On se souvient tous de Bishop brillamment interprété par l’acteur Lance HENRIKSEN dans Aliens, le retour et Alien 3.

Prometheus de Ridley Scott (2012) - Critique

Enfin, les créatures figurant dans Prometheus et notamment dans le final font d’emblée penser à la bestiole d’Alien si tant est qu’on ait pu avoir, à un moment donné, un doute sur les liens existants entre les deux films.

Et à propos de ces fameux liens qui sont faits, ils peuvent aussi, selon moi, expliquer la grande déception et la frustration qu’ont pu ressentir nombre de spectateurs que je soupçonne fortement d’être des amateurs/fans de la saga Alien. Ce sentiment est tout à fait compréhensible si l’on considère la grosse com qui a été faite en amont autour du film, les attentes que cela a pu susciter chez les fans et le résultat au final. On a l’impression que le film a un peu « le cul entre deux chaises » si je puis dire. Il se veut un film à part entière (et aurait pu l’être réellement) mais ne veut visiblement pas couper les ponts avec Alien. C’est pourquoi, il me semble que ce film ne doit pas être visionné dans la seule optique d’obtenir des réponses sur les origines du « space jockey ». A défaut, le spectateur risque effectivement d’être quelque peu déçu. En revanche, si l’on considère le film pour ce qu’il est réellement à savoir un bon film SF comprenant tous les bons ingrédients du genre et pour cause, le réalisateur n’étant quand même pas tout à fait un débutant, on ne peut que passer un agréable moment à moins d’être vraiment d’une exigence plus que redoutable.

Prometheus de Ridley Scott (2012) - Critique

Sur le plan esthétique et technique, je ne trouve ma foi pas de reproche à faire. Les effets visuels, la bande-son, la 3D sont parfaitement maîtrisés et le spectateur se laisse bien volontiers embarquer avec l’équipage à travers cette quête futuriste des origines de l’Humanité. A propos de nos fameuses origines d’après Prometheus, les croyants et les évolutionnistes vont être ici un peu déçus mais sachez juste que Dieu n’y est pour rien et que l’Homme ne descend pas du singe !:)

En revanche, et là, je rejoins certaines critiques qui ont pu être formulées, un effort certain aurait pu être fait au niveau du scénario qui, il faut bien l’avouer, n’est pas des plus transcendants. Il y a là assurément quelques signes de paresse 🙂

Au final, malgré la relative faiblesse du scénar’ et le manque de consistance évident, ce film, assez curieusement, ne m’a pas vraiment déplu et j’ai même plutôt hâte de découvrir le deuxième volet d’ores et déjà annoncé dans les tuyaux !

DARKO