Film en compétition au 20ème Festival du film fantastique de Gérardmer 2013

Synopsis

C’est l’histoire d’un petit garçon qui croise pour son plus grand malheur, le chemin d’un vieil homme travesti en femme venu se recueillir sur la tombe d’un proche défunt. Le jeune garçon commet l’impolitesse de se moquer de cet homme en le traitant « d’homosexuel ». Il ne pouvait imaginer que ce vieil homme lui jetterait ce jour- là un sort maléfique qui va, à sa majorité, le changer lui aussi en homosexuel. Avant même qu’il ne comprenne ce qui lui arrive, le jeune Remington qui était attiré par les filles se découvre une incompréhensible et soudaine attirance pour les garçons avec toutes les conséquences que ce phénomène inattendu va avoir sur la vie du jeune homme…

LA CRITIQUE

Tout droit venu des Philippines pour atterrir en plein Festival de Gérardmer 2013, ce film de Jade CASTRO apparaît pour le moins surprenant et inattendu. Avec comme toile de fond le thème classique de la malédiction, le film parvient à traiter d’un sujet difficile et sensible, l’homosexualité, sur un ton à la fois léger et humoristique. L’interprétation de Remington par Martin Escudero mérite d’être soulignée. Nous suivons avec amusement les tribulations du jeune homme, victime d’une malédiction le métamorphosant progressivement en gay et en proie à « ses démons ». Le jeu apparaît quelque peu caricatural mais produit néanmoins son effet sur le public.

Remington and the curse of the zombadings - Critique
Remington and the curse of the zombadings - Critique
Remington and the curse of the zombadings - Critique

Dans la dernière partie du film et de manière assez incongrue, nous voyons débarquer des zombies qui sont en fait, des homosexuels qui ont été assassinés par un « sérial killer » homophobe et frustré (je le soupçonne d’être un homo refoulé) possédant une arme redoutable permettant de détecter les gays. A partir de cet instant, le film bascule dans un univers de morts-vivants homos assoiffés de sang et de vengeance.

Mais vous me direz, que viennent faire les zombies dans cette histoire ? Eh bien, c’est une vraie question que l’on peut se poser et même encore après avoir vu le film.

Ce film est avant tout une comédie traitant d’un sujet sérieux mais sans vraiment se prendre au sérieux. La dimension fantastique et horrifique apparaît nettement secondaire voire superflue. Malgré certaines réflexions pouvant paraître un peu lourdes sur la situation des gays, il ne s’agit pas, selon moi, d’un film homophobe. Il doit avant tout s’entendre en ayant à l’esprit la société philippine dans laquelle les gays apparaissent intégrés, acceptés et même appréciés. Cette situation offre au réalisateur une liberté certaine dans la manière de traiter le sujet sans risquer d’offusquer ou de blesser le spectateur. Au final, un film qui se laisse regarder en tant que comédie. En revanche, les amateurs de fantastique et d’horreur n’y trouveront certainement pas leur compte…

DARKO