Film en compétition au PIFFF (Paris International Fantastic Film Festival) en 2012

Synopsis

Durant un goûter d’anniversaire, un clown un peu looser sur les bords, alcoolo et dépravé, invité à faire une petite animation, se fait malmener par des mioches bien décidés à lui faire la misère. Mais la fête vire au cauchemar lorsque Tom, le petit garçon dont c’est l’anniversaire, décide de faire une mauvaise blague au clown qui, malencontreusement, trébuche et s’empale sur un couteau de cuisine mal rangé dans le lave-vaisselle. Quelques années plus tard, le clown, ressuscité et rancunier, est bien décidé à se venger de tous les jeunes morveux qui se sont moqués de lui. La fête qui avait tourné court à l’époque peut enfin recommencer…

LA CRITIQUE

J’ai souhaité vous présenter ici une véritable petite perle découverte lors de mon bref passage au PIFFF 2012 à Paris. Parmi les nombreux films sélectionnés pour ce festival, Stitches m’est apparu comme une réelle surprise et, à vrai dire, je ne m’attendais pas à passer un aussi bon moment. Ce film est une excellente comédie horrifique associant effets gores et genre burlesque à la perfection. Le pitch est simple et a priori, rien de bien transcendant. Des histoires de clowns revenants ou un peu barjes, ce n’est pas bien nouveau me direz-vous. On se souvient tous du clown sadique et maléfique crée par Stephen KING dans son roman intitulé Ca qui fut adapté au cinéma ou bien encore, dans un autre genre, le lubrique capitaine Spaulding dans l’excellentissime La maison des 1000 morts réalisé par Rob ZOMBIE. Certes mais Stitches n’est en rien une pâle copie de ses prédécesseurs. Le clown tueur inventé par McMahon est à la fois drôle, sadique et pervers dans la manière d’exécuter ses pauvres victimes. Les scènes de meurtres sont souvent amusantes et surtout bourrées d’originalités et de trouvailles astucieuses !

S’agissant des effets visuels, le réalisateur ne fait pas dans la dentelle et redouble de créativité. Les scènes sont franchement gores avec une surenchère voire une exagération délibérée faisant, à certains moments, basculer le film dans la parodie. Il y a aussi dans Stitches, un côté volontairement rétro qui séduit notamment avec la prédominance d’effets prosthétiques en lieu et place des effets numériques plus couramment utilisés (parfois de manière carrément abusive) à notre époque. Et sincèrement, ça n’est pas plus mal. L’utilisation de prothèses en latex nous rappelle certains bons vieux films de la belle époque et, en ce sens, Stitches apparaît un peu comme un film hommage au cinéma d’horreur d’antan.

Stitches de Conor McMahon (2012) - Critique
Stitches de Conor McMahon (2012) - Critique
Stitches de Conor McMahon (2012) - Critique

L’on regrettera simplement le fait que l’action (l’entrée en scène du clown tueur) n’arrive un peu tardivement. Mais cet écueil n’est en fait qu’un demi-écueil car durant ce temps qui nous sépare de l’arrivée du clown ressuscité, le réalisateur en profite pour nous faire suivre l’évolution des différents personnages (les enfants qui ont bien fait chier le clown à l’époque et qui sont devenus des ados) au travers de leurs spécificités, de leurs traits de caractères. Les personnages sont donc clairement identifiés par le spectateur car ils ont chacun leur propre histoire, leur vécu. Tout cela se met en place en l’absence du clown qui n’est alors pas encore revenu d’entre les morts. Quelques lenteurs il faut bien l’admettre à ce stade et le spectateur se demande un instant quand le clown va enfin se décider à montrer le bout de son nez.

Mais à partir du moment où le clown entre en scène, le film bascule dans la plus pure tradition du slasher movie et c’est alors du pur régal. Le rythme s’accélère d’un coup et les meurtres s’enchaînent les uns après les autres avec peu de temps morts si je puis dire. Le spectateur assiste alors à un véritable carnage, à un festival d’effets gores et trash souvent associés à un brin d’humour noir à la Beetlejuice pour le plus grand bonheur des yeux.

Loin de parvenir à se hisser au rang d’un Michael Myers (Halloween) ou d’un Jason Voorhees (Vendredi 13), Stitches emprunte, certes, les codes habituels du genre (slasher) sans le révolutionner mais en y distillant une bonne dose de burlesque qui ravira le spectateur. Il s’agit d’un film sans grande prétention mais il réunit tous les bons ingrédients pour que le spectateur passe un agréable moment et sorte de la salle en se disant : « Putain, j’ai bien fait de choisir d’aller voir ce film ».

DARKO