Film en compétition lors du Festival du film fantastique de Gérardmer 2013.

Le dimanche, se lever à 8h du matin pour voir The Bay…..ça pique. Surtout avec 3h de sommeil suite à la Nuit Fantastique.

Synopsis

L’action se passe dans la ville côtière de de Chesapeake Bay. Deux biologistes qui passaient dans le coin relèvent un niveau de toxicité à faire pâlir de jalousie nos amis de Fukushima. Ils appellent la cavalerie, qui ne bouge pas un doigt de peur de semer la panique. Erreur fatale, une épidémie se propage et le cauchemar peut commencer…

LA CRITIQUE

Une expérience oui, un exercice de style même, mais sans rien apporter de bien novateur à un genre qui commence largement à s’épuiser et à lasser : le found footage (petite explication pour les noobs : littéralement ça signifie “métrage trouvé”. C’est donc un film fabriqué à partir d’autres films, d’images d’archives etc…).

L’enchaînement de vraies images d’archives de catastrophes écologiques se veut immersif dès le départ. En gros on nous révèle la fin tout de suite (Merci Barry pour le gros spoil…). The Bay va nous raconter comment on a pu en arriver là. Ce qui est intéressant, c’est que Levinson part d’une base concrète, d’un fait réel, ce qui accroît considérablement le réalisme et la plausibilité de ce qui va suivre (j’en veux pour preuve l’article du Baltimore Sun : 60 000 à 100 000 poissons morts de manière “inexplicable”). Comme souvent dans ce genre d’évènement, il y a la version officielle donnée par les autorités et la version officieuse sur l’envers du décor. Comme vous vous en doutez, The Bay va nous raconter cette seconde version. Ce film ressemble donc plus à un documentaire qu’à un film de cinéma classique.

The Bay de Barry Levinson (2012) - Critique
The Bay de Barry Levinson (2012) - Critique
The Bay de Barry Levinson (2012) - Critique

A l’instar d’un Chronicles, on peut voir dans The Bay toutes les sources vidéos possibles et imaginables nous permettant de ne pas suivre un personnage ou un groupe de personnages unique mais de suivre l’action sous différents points de vue : vidéos de surveillance, caméras de voitures de police, caméras personnelles, téléphone etc… La journaliste Donna Thompson (Kether Donohue, inconnue au bataillon) a survécu à la catastrophe et nous rapporte les faits plusieurs mois plus tard. Les extraits vidéos sont donc comme des archives, des flashbacks ou simplement l’illustration d’une histoire dont Donna serait le narrateur. Il est difficile de dissocier les vraies images d’archives des fausses, ce qui renforce le réalisme de ce film. Tout comme l’utilisation par Levison du parasite Cymothoa Exigua qui est la conséquence d’un mauvais traitement de l’eau par une usine de désalinisation. Ce parasite existe bien et a (pour l’anecdote) une particularité intéressante et unique : c’est qu’il dévore la langue de son hôte. Mais au lieu de continuer son festin, il se greffe et va procéder au remplacement complet et fonctionnel de l’organe. (Merci Jami).

Le choix du jour de la fête nationale n’est certainement pas un hasard car c’est un symbole américain, un jour emblématique pour les Etats-Unis. Et c’est donc ce jour-là qu’une usine va provoquer de gros dégâts sur l’environnement et l’écosystème. En extrapolant quelque peu, on peut y voir une critique, voire une satire des dégâts de l’industrie américaine sur l’environnement et les habitants, une industrie qui dans ce film va engendrer un parasite qui rongera les Etats-Unis de l’intérieur. Métaphore intéressante. On peut également y voir une critique de l’inaction des politiques et du gouvernement et l’enfumage des médias sur les graves problèmes écologiques en plein coeur de l’actualité. Après Al Gore, Di Caprio et notre Arthus-Bertrand national, c’est au tour de Barry, fils de Levin de donner sa vision des choses.

Pour conclure, malgré une affiche qui peut paraître effrayante de prime abord, non pas pour son visuel sympathique de radiographie mais pour la mention “par les producteurs de Paranormal Activity” qui pourrait en rebuter plus d’un, le film est relativement réussi et se laisse regarder. La tension est palpable et va crescendo. Quelques lenteurs à déplorer ici et là mais rien de soporifique. Avec The Bay, on est tout de même loin d’un REC, d’un Cloverfield ou même d’un Blair Witch Project, pionnier en la matière et on reste un peu sur notre faim.

Sortie en salles le 19 juin 2013

FONZI