Synopsis

Archiviste, David Williams vit une existence tranquille, jusqu’au jour où on lui remet une vieille bobine datant de 1902. Sur celle-ci est inscrit “scène de crime” et elle montre le triple homicide qui a eu lieu dans la maison de Dave.

La critique

Voici là une bien belle découverte faites lors de la dernière édition de l’Etrange Festival qui s’est tenu à Paris en septembre dernier. Sous de beaux applaudissements venant clore la séance, le public a rendu hommage comme il se doit au réalisateur présent à ce moment là. Je vous explique pourquoi cet engouement.

Construit sur les bases éprouvées des histoires de maison hantée, Ivan Kavanagh digère lentement et sans aigreur des références qu’on ne remet désormais plus en question. De Kubrick à Polanski en passant par les évidents clins d’oeil au cinéma fantastique japonais contemporain qui a eu son heure de gloire, The Canal est un savant mélange de tout ce qui a fonctionné jusque là.

Bien plus même que de simples clins d’oeil, c’est d’une totale imprégnation des chefs-d’oeuvre dont il s’agit. Loin d’être une pâle copie pseudo hollywoodienne aux espérences bassement mercantiles, cette production irlandaise dépoussière un thème tombé en désuétude depuis quelques années en trouvant le juste milieu entre respect des règles et positionnement par trop original et auteurisant.

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L’histoire se développe lentement. Un couple sur le point d’avoir un enfant fait l’acquisition d’une belle demeure dont le spectateur se doute rapidement qu’elle a été et sera le lieu d’un drame violent. L’attente est confirmée lorsque notre pauvre archiviste découvre le terrible secret de son toit et l’attitude un poil déplacé de sa belle aux longues jambes.

Au terme de la première demi heure, le geek au demeurant blasé sait à quoi s’en tenir. L’acte 1 a fait son job. Le meurtre perpétré au sein de cette maison va mettre en lumière la suite de l’histoire de David et sa famille.

Tout est raconté et souvent évoqué avec brio et justesse. Ivan Kavanagh n’en est clairement pas à son coup d’essai et sait optimiser son budget serré. Il évite intelligemment les effets faciles pour se concentrer au plus près sur ses personnages. Cette approche n’est pas sans rappeler Shining sans en conserver le jeu excellemment outrancier de Jack Nicholson.

La narration prime et chaque image nous amène toujours plus loin dans les pensées de David comme ce magnifique plan de sa charmante femme montant les escaliers de leur nouveau foyer sous le regard à la fois admiratif et inquiet typique du mari jaloux.

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Ivan Kavanagh nous attire dès lors dans les tréfonds de l’esprit de plus en plus tourmenté de son héros à travers une narration à la tension lente et grandissante jusqu’à un climax granguignolesque et une chute coup de poing à la fois attendue et crainte et à laquelle on espère échappée. Et pourtant, cette fin ne pouvait qu’être car tel Ring la boucle se doit d’être bouclée et la chaîne se perpétuer.

A ma connaissance, pas de sortie grand public prévue à ce jour pour cette sombre petite perle. Guettez une projection dans un prochain festival ou au moins une sortie DVD car des petits films comme celui-ci ne courent pas les rues ces derniers temps.

Pour finir, si vous avez aimé cette lecture, que vous l’avez trouvé instructive, divertissante, si elle vous a donné envie de découvrir ce film, faites nous plaisir et pensez à liker et/ou tweeter l’article en cliquant sur les boutons en haut de page.

VALGUR