Synopsis

Alors qu’elle passe un vinyle à l’antenne de la radio pour laquelle elle travaille, Heidi réveille un groupe de sorcières tuées au XVIIème siècle à Salem et ayant juré de revenir se venger…

LA CRITIQUE

Tout d’abord je dois vous annoncer deux nouvelles liées à cette production, une bonne et une mauvaise. La bonne est que Rob Zombie signe ici son vrai retour. La mauvaise est que celui-ci risque d’être quelque peu passé sous silence sur nos terres car il n’a pas prévu de sortie en salle de ce qui nous a été dit lors de la projection en avant-première française.

Une sortie direct-to-video est une réelle déception pour une telle réussite. Et c’est grâce avant toute chose au talent révélé de madame Zombie, Sheri Moon de son/ses prénoms. La dame porte ce film dont elle subit pourtant les événements. Rob a donné sa chance à sa femme en lui proposant son premier vrai grand rôle et elle remplit sa mission à merveille. Sa réserve est parfaitement maîtrisée et nous prouve qu’elle est capable d’une forte capacité d’adaptation tant son jeu est à des lieux de la biatch complètement barrée de La maison des 1000 morts.

lords-of-salem-170x130-01
_MG_2533.cr2
lords-of-salem-170x130-03

Ce rôle tout en réserve n’est pas sans raison. La narration choisie par Rob, également scénariste du film, est délibérément lente et extrêmement sombre. Ecrite avec finesse et précision, cette histoire revient aux sources du fantastique et ça fait du bien. On s’éloigne enfin du clinquant hollywoodien pour laisser place à une narration réaliste voir banale dans laquelle va s’imiscer très progressivement un fantastique dérangeant et insidieux.

Cette histoire est intelligemment mise en image. Rob, qui entre parenthèse, semble très content de filmer les fesses de madame, évite la surabondance d’effets tape à l’oeil qui aurait gaché le plaisir. Le réalisateur a clairement gagné en maturité. Sa caméra se fait discrète pour laisser de la marge à ses acteurs et personnages. Cela ne l’empêche pas de revenir dans les scènes fantastico-surréalistes à ses couleurs et trouvailles dignes de celles que l’on trouve dans ses clips et son premier long. L’aura de David Lynch semble également planer sur certaines séquences à la fois grotesques et dérangeantes.

Même la bande-son prend le parti de la discrétion et de la sobriété. Ce que je félicite ici, c’est le choix de l’intégration du thème principal au sein même de l’histoire. C’est tout bête mais ça fonctionne bien. Le seul point noir que j’y vois serait le manque d’ampleur du son sur certaines scènes qui aurait méritées un son plus envoûtant, un son qui techniquement englobe le spectateur. S’agit il d’un choix ou d’une limitation technique liée à la projection ? Il faudrait demander à monsieur Zombie en personne.

Ce qui est vraiment génial dans ce film, c’est la manière dont les hommes d’Eglise sont traités. Là, Rob se fait plaisir et se permet quelques brêves scènes plutôt gratinées. Je ne vous en dévoilerai pas plus pour garder la surprise. Ces moments sont d’autant plus marquants et réussis qu’ils jurent avec l’ensemble très posé du film.

On pourrait dire encore énormément de choses sur ce film, tout simple en apparence, tant il est riche à tout point de vue. Mais ce n’est pas l’objet de cet article. Je souhaite surtout ici partager le talent de ce réalisateur que le système commence à délaisser parce qu’en marge d’Hollywood depuis les floppes commerciaux de son interprétation de la franchise Halloween. Le fait même d’écrire cet article sur The Lords of Salem m’a donné envie de le revoir. Sincèrement, si je n’avais qu’une chose à vous dire ce serait :
« Voyez-le ».

VALGUR