Synopsis

Tandis qu’une brume étrange semble envelopper une petite ville du Maine, David Drayton et son jeune fils Billy se retrouvent pris au piège dans un supermarché, en compagnie d’autres habitants terrorisés. David ne tarde pas à s’apercevoir que le brouillard est peuplé d’inquiétantes créatures…

Leur seule chance à tous de s’en sortir consiste à s’unir. Mais est-ce possible quand on connaît la nature humaine ? Alors que certains cèdent à la panique, David se demande ce qui est le plus effrayant : les monstres qui rôdent dans la brume ou ses semblables réfugiés dans le supermarché ?

La critique

The Mist est la troisième adaptation d’une nouvelle de Stephen King sur grand écran par Frank Darabont. Projeté en 2007 dans quelques salles françaises, cette petite production est totalement passée inaperçue et j’espère réparer cette crasse faite à une oeuvre qui méritait mieux que ça.

On a affaire ici à un huis clos doublé d’un film de monstre intelligemment ficelé. On sent que Darabont a eu l’occasion de participer à quelques bons scénarios de genre. Le pitch n’est pourtant pas super original. Le concept des persos enfermés dans un supermarché avait déjà été traité auparavant et celui de la brume menaçante aussi… Ah ! la brume et le supermarché ensemble peut être pas. Bon ok, le challenge n’est pas là.

The Mist de Frank Darabont (2007) | Critique
The Mist de Frank Darabont (2007) | Critique
The Mist de Frank Darabont (2007) | Critique

Le défi, brillamment relevé, est de nous faire serrer les fesses durant deux heures bien tassées. La tension est parfaitement maîtrisée et monte très progressivement. L’astuce scénaristique pour qu’on ne se fasse pas chier est de savamment jongler entre deux menaces, celle de la brume qui lance l’histoire et celle qui en découle, à savoir les persos barrés qui paniquent et espèrent survivre en faisant vraiment n’importe quoi. Classique donc mais horriblement efficace.

Cela donne lieu à quelques belles scènes liées à des personnages hauts en couleur, certes caricaturaux mais bien bien jouissif. On ne demande qu’à passer un bon moment et là c’est réussi. Donc tout y passe, les sceptiques, les fanatiques religieux, les suicidaires sans espoir et ceux qui veulent survivrent à tous prix. En exemple de genre complètement barré, on a une certaine madame Carmody et ses adeptes fanatiques qui vont jusqu’à demander un sacrifice humain pour calmer ce qu’ils croient être la colère de Dieu. Perso, j’adore.

Budget réduit oblige, cette option scénaristique permet au réalisateur de frapper de bons coups bien ciblés avec les rares attaques surprises de ces monstres numériquement pas mal foutus car n’oublions pas que la menace vient avant tout de la brume. Et ça le réalisateur/scénariste nous le rappelle pile au moment où on est presque enclin à l’oublier.

On évite donc les attaques à tout va digne d’un trop bon blockbuster qui en met plein les yeux jusqu’à en avoir la gerbe. Frank Darabont ménage ses effets et met sa caméra au service de son histoire. Ses cadrages proches des personnages font sentir le désespoir grandissant et grimaçant de chacun d’eux. Sans être révolutionnaire, sa réalisation montre une grande expérience des codes qui fonctionnent lorsqu’ils sont utilisés à bon escient. Du coup, chacune des séquences du film possède son grand moment d’adrénaline.

Et la plus grande claque que l’on peut se manger a lieu lors de la scène finale… que je ne spoilerai pas mais qui défonce tout. Frank Darabont va loin, très loin même et nous charge le final d’une sacré émotion, respectant jusqu’au bout son objectif de nous scotcher au maximum à notre fauteuil jusqu’à ce qu’il ait décidé, lui, d’en finir.

Adepte de la bd Walking Dead et après avoir découvert The Mist il me semble maintenant évident que seul quelqu’un comme Darabont pouvait adapter cette énième zombie story à l’écran.

Pourquoi je vous parle de ça ? Tout simplement parce que si vous aimez l’ambiance anxiogène de la série tv Walking Dead, vous ne pourrez qu’adhérer à cet énorme petit film qui aurait vraiment mérité qu’on lui fasse plus de pub. Heureusement à sa sortie, les quelques critiques qui l’ont vu lui ont offert un bel accueil. Faites en de même ne serait ce que pour son final qui va vous faire chialer. Allez, je me casse, j’en ai déjà trop dit.

VALGUR