Synopsis

Un père d’une petite famille bourgeoise bien sous tout rapport en apparence découvre l’existence d’une femme sauvage lors d’une partie de chasse. Il décide de la séquestrer chez lui afin de la civiliser. Et forcément cela va virer au cauchemar…

LA CRITIQUE

Le pitch “officiel” nous donne plus d’informations sur les origines de cette femme “rescapée d’un clan violent qui a parcouru la côte nord-est des États-Unis pendant des décennies”. Du coup on lit ça et on s’attend à ce qu’il en soit fait au moins mention dans le film, mais que nenni… et c’est bien dommage. En savoir plus sur l’histoire des différents protagonistes permet de donner beaucoup plus de profondeur, surtout pour un personnage aussi mystérieux que cette femme sauvage.

Au départ j’ai pensé que McKee revisitait le mythe de l’enfant sauvage, dans une version moderne et horrifique. Mais ce thème n’est qu’un prétexte pour traiter d’un tout autre sujet, la condition des femmes et plus globalement la condition humaine. Le titre du film est un premier argument dans ce sens, sobrement intitulée “La Femme”. Ca a l’air passionnant comme ça….mais il n’en est rien…tout est survolé selon moi. L’histoire semble avoir un bon point de départ mais n’est pas du tout suffisamment exploitée ou creusée et la réflexion sur la condition de la femme manque vraiment de finesse et de subtilité. Le tout est saupoudré de scènes ultra-gores gratuites et agrémenté de quelques séquences grand-guignolesques. Non non ce n’est pas censé vous donner envie…

The Woman (2011) - Critique
The Woman (2011) - Critique
The Woman (2011) - Critique

Pour le jeu d’acteurs, dans l’ensemble il m’a semblé relativement médiocre, excepté pour les deux personnages principaux. Tout d’abord Pollyanna McIntosh, l’actrice interprétant la femme sauvage. Magnifiquement enlaidie, sa sauvagerie et sa primitivité restent crédibles. L’autre personnage qui permet de relever un peu le niveau de ce navet est celui du père de famille interprété par Sean Bridgers. Le début du film nous laisse simplement penser que ce mec est un gros connard misogyne qui a autant de considération pour les femmes que Jean-Marie Le Pen pour les étrangers. Sa femme en fait les frais, ses filles en font les frais et surtout la femme sauvage en fait les frais. Seul son fils, une belle petite ordure, trouve grâce aux yeux de son père et fait sa fierté. Mais plus le film avance et plus on se rend compte que le gars est juste un gros psychopathe, notamment sur le derniers tiers et la scène finale où l’on découvre que sa folie ne date pas de la veille. Malheureusement cela casse un peu la démarche de la réflexion sur la condition de la femme. Présenté comme un père de famille modèle, une identification peut se faire pour la plupart des spectateurs au départ, et c’est ce qui glace le sang. Cela s’annule totalement lorsqu’on comprend la vraie nature du bonhomme. Seuls les plus cinglés d’entre nous se reconnaîtront dans ce personnage à partir de là.

Un des points positifs et intéressants de ce film est donc cette ambiance ambivalente, où l’on a d’un côté cette gentille petite famille et de l’autre ce côté obscur. Ce père n’a d’ailleurs aucun secret pour ses proches et les mêle à tous ses funestes projets. Le fils est enthousiaste mais les femmes de la maison beaucoup moins, papa ne leur laissant pas le choix. La tension au sein de cette famille est de plus en plus palpable au fur et à mesure du film.

Ce film se veut plus intelligent que le torture-porn de base, il ne l’est pas. Il se veut dérangeant, c’est gagné. Il y a quelques points positifs à retenir mais le scénario trop faible et des scènes de tortures gratuites provoquent vite un ennui profond. Pour moi, The Woman est un film à éviter.

FONZI