Synopsis

Deux ans après la venue des Krites à Grovers Bend, Bradley Brown est de retour en ville…et juste à temps ! Des œufs de Krites sont confondus avec des œufs de Pâques par les habitants. Les créatures poilues et affamées envahissent à nouveau les rues.

La critique

À la vue du twist final du premier opus, il était plus qu’évident qu’une suite serait mise en chantier assez rapidement. Critters 2 sort deux ans après le premier chapitre de Stephen Herek et vient poser son intrigue deux années après également. L’ouverture du film nous plonge directement au sein du vaisseau des chasseurs de primes qui reçoivent l’ordre de retourner sur Terre détruire les derniers Krites encore vivants. C’est également le moment que choisit Bradley pour retourner dans sa ville natale. La ville ne croyant pas en ces envahisseurs qui ont hanté la nuit de ce dernier deux ans plus tôt, il est la risée du village. Le retour des créatures aux crocs acérés lui donnera finalement raison. Plus nombreux, plus mignons, plus drôles, plus voraces…les Krites amusent le spectateur à un point inespéré. Le film répond parfaitement à cette théorie universelle qui dit qu’une suite se doit d’être nettement plus impressionnante que son modèle. L’esthétique visuelle prend le contrepied du premier film et joue beaucoup sur le ton employé. Si le premier film se passait essentiellement en pleine nuit et jouissait d’un humour très noir, ici l’action se déroule quasiment tout le temps en plein jour et fait preuve d’un humour absurde totalement assumé relayant l’horreur au rang de gimmick comique. Il y a un aspect très 80’s empreint d’une époque où les vidéos-clubs étaient fleurissants. Et pourtant, le film élève le niveau un cran au-dessus offrant des séquences emblématiques dignes de toutes bonnes séries B.

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Vous en avez marre d’organiser la chasse aux œufs de Pâques pour vos mioches chaque année ? Marre de les voir se tartiner la tronche de chocolat fondu par le soleil ? Marre de vous lever aux aurores pour enfiler ce stupide costume de lapin ? Mick Garris vous offre la solution ultime avec Critters 2. Jamais plus vous n’assisterez à une chasse aux œufs de la même manière après avoir vu le film et c’est une thérapie qu’on vous conseille d’utiliser sur vos bambins. Imaginez un peu que la créature de l’œuf vienne se loger dans votre costume afin de dévorer à pleines dents vos œufs personnels. Oui ça pique ! Non content de cracher ouvertement sur une fête mondialement célébrée, Garris offre peut-être la seule séquence horrifique chère à cette période de l’année et c’est ce qui rend l’œuvre terriblement efficace, attachante et culte.

Les Krites en eux-mêmes nous font mourir de rire. À la manière des Gremlins, ils torturent leurs proies avec des blagues puériles, des rires sadiques et une cohésion de groupe hors pair. Toujours plus fort, tout le monde se souvient de la méga boule géante qu’ils forment à la fin pour aller terrasser les villageois. Et là encore Garris s’amuse du film d’horreur. Il prend vraiment le genre dans sa forme primitive rendant l’absurde sensiblement délectable. Le pauvre type que les Krites écraseront ne laissera plus qu’un squelette apparent une demi-seconde après leur passage. Les Krites sont un peu les ancêtres du Tamagoshi : plus ils mangent, plus ils grossissent. L’invasion dans l’usine de hamburger de laquelle ils sortiront en boule géante pourrait être une métaphore de la société consommatrice américaine dans son obésité morbide que ça n’étonnerait guère.

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Les chasseurs de primes ne sont pas en reste non plus. À l’image de la grosse population de bouseux à laquelle ils vont être confrontés, ils s’amusent, une fois de plus, à tout faire péter avec de gros calibres en main. Le personnage de Zanti qui ne cesse de se métamorphoser n’est plus véritablement le personnage en quête d’identité du premier film. Il devient un élément comique primaire offrant des scènes d’anthologies. Quel plaisir de le voir tenter de se transformer en Freddy Krueger. Quel plaisir de le voir se métamorphoser en geek texan bouseux. Quel énorme plaisir de le voir prendre l’apparence d’une playmate d’un magazine de charme. Voir une grande blonde aux seins énormes se balader nue avec juste un calibre aussi gros et long qu’elle rend le tout terriblement bad ass surtout quand on sait que c’est la femme de Mick Garris. C’est vraiment la marque de fabrique qu’insuffle Garris à son film : il fait un film fun, il ne se prend pas au sérieux et il s’éclate sincèrement. Tout le plaisir qu’il ressent à monter son film est terriblement communicatif et c’est en ce sens que Critters 2 surpasse son grand frère : il n’hésite pas à être complètement loufoque. Jamais il ne tente de reproduire les forces du premier film. Il s’en inspire pour créer ses propres codes. Critters 2 est à l’image de Evil Dead 2 : une histoire sensiblement pareille, mais une audace différente qui l’élève au rang supérieur. D’ailleurs la bande originale dantesque atteste la très bonne qualité du film puisqu’elle a été récompensée par le Prix de la Meilleure Bande Originale au Festival International du Film de Catalogne en 1988.

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Critters 2 est véritablement le film à voir et à revoir sans modération. Jamais l’impertinence n’aura été aussi savoureuse. Jamais une playmate n’aura été aussi sexy et rock’n’roll. Jamais des hamburgers surgelés n’auront donné autant faim. Jamais une chasse aux œufs de Pâques n’aura été aussi délectable. Bonne traque !

TONYO