Synopsis

Invités à l’avant-première d’un film d’horreur, des spectateurs sont contaminés par des effluves maléfiques.

La critique

Quoi de mieux qu’un bon film vintage le dimanche après-midi emmitouflé dans une bonne couette (bon ok, la critique est publiée un lundi mais on s’en fout) ? Quoi de mieux que deux bons films vintage ? Et oui, j’ai décidé de vous gâter aujourd’hui en passant en revu non pas un mais deux films bis italiens. Demons, réalisé en 1985 par Lamberto Bava, fils du grand Mario, c’est l’histoire de plusieurs personnes conviées à la projection d’un film dans un cinéma dont nul ne connaissait l’existence. Le hall, très accueillant, de ce dernier, présente quelques accessoires de cinéma dont un masque pour le moins effrayant. Ce fameux masque attire le regard d’une jeune femme qui, voulant se prêter à l’ambiance un peu macabre du lieu, le met sur son visage. Seulement, ce masque est très coupant et, par conséquent, lui entaille le visage. La projection commence alors. Sur l’écran un film d’horreur dans lequel on retrouve le même masque que dans le hall. Un des personnages se blesse avec le masque et se transforme en monstre sanguinaire tandis que dans la salle, la jeune femme connaît le même sort. Bloqués dans le cinéma par on ne sait quelle force maléfique, les autres spectateurs tenteront de survivre à la horde de monstres affamés qui se fait de plus en plus grandissante. Fort de la renommé de son père, Lamberto Bava à su s’entourer de grands noms du cinéma italien pour son film. Pour ne citer que lui, on y retrouve notamment Dario Argento à la production. Le grand maître du giallo s’est même permis d’y greffer un peu de sa verve cinématographique au sein du métrage de Bava mais on y reviendra plus tard.

Demons de Lamberto Bava (1985) - Critique

Demons est une oeuvre qui, malgré son statut de film de catégorie B, propose un procédé intéressant tant dans son histoire que dans sa réalisation. C’est sûr, Lamberto Bava n’est pas son père, et ne le sera jamais mais il a un style et un parti prit bien à lui. On va commencer par s’intéresser sur la forme avant de parler du fond. On pourrait scinder le film en deux parties distinctes : la première moitié pose les fondations de l’intrigue, elle s’installe tranquillement, elle prend son temps pour conforter le spectateur qui ne s’attend en aucun cas à la grosse tuerie de la seconde partie (procédé « génialissimement » employé entre autre par Robert Rodriguez et son désormais culte Une Nuit en Enfer). Lamberto Bava propose, dans la première demi-heure, une mise en abîme peu exploitée à l’époque dans ce genre de cinéma. L’histoire du film dans le film fonctionne à merveille et porte très bien son intrigue. Il nous positionne comme spectateur omniscient, ce qui à tendance à créer une espèce de malaise puisqu’on se sent impuissant face au carnage qui se prépare. La transformation de la jeune femme en démon est juste époustouflante. Les effets spéciaux n’ont pas vieilli d’un poil, ils sont très efficaces, on ressent le monstre prendre possession de la fille, cette fusion douloureuse des deux corps est à se tordre dans son canapé. Le démon est lâché, le carnage peut commencer. C’est une véritable claque qu’on se prend dans la tronche. Le rythme du film passe du tout au tout. D’un montage lent, posé, mystérieux…on passe à un montage nerveux, rapide et gore à souhait soutenu par une bande-originale dopée à la testostérone bien comme il faut.

Demons de Lamberto Bava (1985) - Critique

Parlons-en de la bande-originale. Le cliché de la grosse musique métal qu’on entend dans tout film de série b aujourd’hui dès que le sang fuse à l’écran n’est autre qu’un héritage du cinéma bis italien les ami(e)s. On admirera les décapitations et autres strangulations au rythme d’une BO heavy metal très représentative des années 80. Je tiens à souligner la scène chevaleresque à moto sur fond de Accept qui est juste épique. Je vous parlais de la pâte de Dario Argento ci-dessus, c’est lui qui a eu l’idée d’utiliser ce genre de sons dans ses films pendant des scènes vouées à une ambiance complètement différente. On se souvient tous de la superbe scène de poursuite entre le meurtrier et sa victime dans son film Phenomena sur fond de Iron Maiden. Tient ça me donne envie tout à coup, et si on s’écoutait tout de suite le morceau Flash of the Blade ? De toute façon je ne vous laisse pas le choix, je ne continuerai pas cette chronique tant que vous n’aurez pas fait palpiter vos tympans !

Alors oui certes, sur le fond, Demons ne propose rien de nouveau, mais si vous aimez passer des soirées à rire devant des films poussés à l’extrême où il y a 20-30 hecto-litres de sang par image, vous y trouverez votre bonheur. Lamberto Bava s’est lâché et ça fait plaisir à voir. Il n’hésitera pas à en remettre une seconde couche l’année suivante avec Demons 2. Toujours entouré de son équipe et d’Argento à la production. En reprenant les ingrédients qui ont fait le succès de son premier film, Bava signe une suite encore plus sanglante et efficace s’offrant même quelques délires à la Gremlins. Oubliez le premier film, cette suite est complètement dissociable de son modèle. Le huis-clos et le film d’horreur qui amène la possession sont les seuls éléments empruntés au premier. L’histoire ne sert que de prétexte à une déferlante de meurtres tous plus barrés les uns que les autres. L’intrigue se situe dans un immeuble où une adolescente fête son anniversaire. Un film passe à la télévision et transforme tous les invités en monstres assoiffés de sang qui vont semer la terreur dans l’immeuble.

Demons de Lamberto Bava (1985) - Critique

Si le premier film prenait son temps pour poser son intrigue et rendre la seconde partie spectaculaire, ici elle est expédiée vitesse grand V pour passer directement à la tour infernale en mode survival avec des démons au cul en guise de flamme ! Je ne vais pas vous mentir, cette suite ne m’a pas paru franchement utile car elle ne complète en rien l’histoire du premier. Par contre, il se laisse voir avec un grand plaisir coupable. Les maquillages sont toujours impeccables, et le chien mi-gremlins mi-démon est à mourir de rire. La bande-originale est toujours aussi jouissive. On citera parmi les artistes présents au générique : Scorpions, Accept, Iron Maiden, Billy Idol…et j’en passe.

En définitive, ces deux films de Lamberto Bava montrent qu’il n’aura jamais la verve artistique de son père mais prouvent aussi ce qu’il à toujours dit. Il ne souhaite en aucun cas marcher dans les traces de Mario. Force est de constater, qu’il a su trouver sa voie puisqu’on parle de lui encore aujourd’hui (pas toujours en bien je vous l’accorde) mais n’est-il pas de bon goût d’apprécier le mauvais genre de nos jours ?

TONYO