Synopsis

En 1989, Maria ROSSI tue sauvagement trois personnes (deux prêtres et une religieuse) à l’occasion d’un exorcisme pratiqué sur elle. Déclarée démente, elle sera internée dans un hôpital psychiatrique à Rome. Vingt ans plus tard, sa fille, Isabella ayant appris les circonstances entourant les actes commis par sa mère, décide de mener son enquête…

La critique

Devil Inside de William Brent BELL (2011) | Critique

Le thème abordé par Devil inside (celui de l’exorcisme) n’a, en soi, rien de bien original me direz-vous. En 1973, William FRIEDKIN nous livrait le cultissime L’Exorciste, aujourd’hui encore considéré comme l’un des plus grands classiques du film d’horreur. Depuis quelques années, la thématique semble connaitre un regain d’intérêt. L’on peut citer parmi les métrages les plus récents, The rite de Mikaël HAFSTROM (2011) mettant en scène un prêtre exorciste brillamment interprété par Anthony HOPKINS ou bien encore Le Dernier Exorcisme de Daniel STAMM (2010), L’Exorcisme D’Emily Rose de Scott DERRICKSON (2005).

Entièrement filmé en caméra subjective à la manière d’un reportage TV, Devil inside se veut avant tout très réaliste. L’idée est bonne et donne au film une touche très contemporaine tranchant avec son indétrônable prédécesseur. Le spectateur se trouve très vite plongé au beau milieu de l’enquête menée par Isabella pour tenter de comprendre ce qui est arrivé à sa pauvre mère vingt ans plus tôt. L’avantage avec cette technique est que les acteurs n’ont pas besoin de nous livrer une prestation des plus brillantes. Au contraire, tous les petits défauts de jeu sont autant d’atouts venant alimenter l’aspect réaliste manifestement souhaité par le réalisateur.

Devil Inside de William Brent BELL (2011) | Critique

Les effets visuels sont plutôt réussis et certaines scènes comme la rencontre entre Isabella et sa mère complètement barrée ou plutôt bien possédée, créent une véritable tension chez le spectateur. Quelques sursauts sont à prévoir pour les plus sensibles :).

Ce film, malheureusement, souffre de certains défauts qui viennent entacher quelque peu le plaisir éprouvé au départ. Si le spectateur a pu se trouver captivé dès les premiers instants, il sera un peu déçu de la tournure que prendront les événements. L’intrigue souffre assurément d’un manque de créativité et s’essouffle au fur et à mesure que l’on avance dans le film. Le final abrupt apparait assez décevant limite frustrant. Franchement dommage surtout qu’une ambiance tendue et angoissante s’était déjà bien installée, alimentée par quelques scènes chocs bien filmées. Cette tension n’a, malheureusement, pas su être gérée de manière efficace pour nous offrir un final digne. Il plane sur ce film une impression de déjà-vu et pour cause. L’ombre maléfique de L’Exorciste pèse sur ce film dont l’intrigue flirte beaucoup trop avec son prédécesseur pour pouvoir se suffire à elle-même sans souffrir la comparaison. Il est vrai que les films reprenant cette thématique, un peu à l’instar de celle des revenants, ont souvent le défaut majeur du manque d’originalité surtout lorsqu’un monument est déjà passé par là.

Au fond et en se forçant un peu à la réflexion, je dirais que ce film revisite un débat vieux comme le monde sur les frontières entre science et surnaturel, en l’occurrence ici, ce qui relève de la maladie mentale et ce qui a trait à la possession démoniaque (multiple s’agissant du cas de Maria ROSSI qui se trouve habitée par pas moins de quatre démons). Sous couvert d’une démarche pseudo-scientifique visant à exclure l’hypothèse d’une maladie mentale avant de se lancer dans un exorcisme, le film invite à une confrontation entre les esprits purement cartésiens et ceux n’excluant pas toute dimension mystique. Et vous ? De quel côté vous situez-vous ?

Devil Inside de William Brent BELL (2011) | Critique

Mais alors me direz-vous, Devil inside nous apporte-t-il du neuf ? De mon point de vue, pas vraiment. Si on fait un petit parallèle avec L’Exorciste, le père Karras est ici remplacé par deux jeunes prêtres dissidents qui décident de corriger les erreurs commises par leur Eglise en se livrant à des exorcismes « sauvages » dans un but a priori altruiste et salvateur. Mais curieusement, on n’a pas l’impression de se trouver en face de prêtres ayant la foi mais plutôt face à des pseudo-scientifiques déguisés en prêtres et avides d’expériences mystiques. Bref, ces jeunes prêtres ne m’ont pas paru très croyants ni crédibles. Regan quant à elle, laisse sa place à des jeunes filles possédées mais on est bien loin d’atteindre le niveau d’intensité du film de FRIEDKIN ne serait-ce que dans les propos tenus par lesdites possédées. L’on se souvient tous de la mémorable réplique de Regan au père Karras : « Ta mère suce des queues en enfer, Karras » ! Le succès de L’Exorciste ne se résume bien évidemment pas à ses quelques répliques cinglantes mais cela a pu très certainement y contribuer. Devil inside ne dispose manifestement pas des atouts lui permettant de se hisser au-dessus du lot.

Au final, le film n’est pas franchement désagréable à regarder mais il ne faut pas s’attendre à une révolution sur ce thème maintes et maintes fois abordé. L’Exorciste père a engendré pas mal de rejetons dont Devil inside qui trouve légitimement sa place dans la fratrie démoniaque mais il ne possède absolument pas l’envergure de son papa :).

DARKO