Synopsis

Quand une explosion cataclysmique ravage la ville de New York, huit personnes se réfugient dans le sous-sol de leur immeuble. Des tensions et des rivalités apparaissent parmi les rescapés qui survivent grâce aux réserves déclinantes d’eau et de nourriture. Soudain, des hommes en combinaison pénètrent dans l’abri et font feu sur ses occupants. Eva, la seule jeune femme du groupe, va devoir s’endurcir pour survivre à cette menace extérieure.

 La critique

On ne peut nier la forte influence du cinéma français dans le film de genre actuel. Avec une présence beaucoup moins médiatisée mais tout aussi reconnue des aficionados qu’à pu l’être la Nouvelle Vague à l’époque, on ne peut dénier l’implication de Gens au sein des types de films qui nous font bander ici dans la cave. Seulement, à l’instar des Alexandre Aja, Gaspard Noé et autres Pascal Laugier, le cinéma de Xavier Gens suscite beaucoup plus souvent des débats enflammés. On se souvient tous encore des longues discussions entre les défenseurs et les détracteurs de Frontière(s). Hitman aura eu le mérite de remonter le niveau dans notre cœur, qu’en est-il de The Divide ? Le film tient-il ses promesses ? L’effet huis-clos a-t-il su nous « claustrophobiser » un peu plus ?

Le début du film est extrêmement saisissant. L’enfermement des personnages se met en place avec une bonne efficacité. Le spectateur arrive à s’attacher rapidement a la personnalité de chacun des protagonistes. Bien évidemment, on n’évite pas les clichés mais si ça peut nous permettre de mieux nous aider à rentrer dans le vif du sujet, pourquoi s’en priver ? De plus, le casting nous sert vraiment de bons acteurs comme le fameux Michael « Kyle Reese » Biehn. Le héros de Terminator nous livre une prestation fidèle à lui-même : celle du bad boy au grand cœur, éternelle figure paternelle protectrice mais castratrice également. On compte aussi la présence à l’écran de Milo Ventimiglia. Le fameux fils de Rocky Balboa, et l’incarnation à lui seul de la série Heroes, lui permet de s’attirer les bonnes grâces du spectateur. Il ne se gênera pas pour casser son image de beau gosse innocent au sein de The Divide. Enfin, pour ne citer qu’elle également, Rosanna Arquette leur donnera la réplique et croyez-moi, vous ne la verrez plus jamais comme avant. L’intrigue prend une belle tournure lors de l’entrée en scène de ces fameux visiteurs masqués. Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Quel monde se (re)crée à l’extérieur ? Autant de très bonnes questions qui se mettent en place et nous ont conforté dans l’idée que ce film allait définitivement nous réconcilier avec le cinéma de Gens.

The Divide de Xavier Gens (2011) - Critique

Le problème ? Ce ne sont que les trois premiers quarts d’heure sur les deux longues heures que compte le film. Si vous êtes du genre masochiste comme votre serviteur, vous pousserez indéniablement votre lecture jusqu’au bout tout en sachant pertinemment que ce qui vous attend ira de mal en pis. Si vous êtes plutôt du style à ne pas vous laisser emmerder par un retournement sans queue ni tête, je ne peux que vous conseiller d’arrêter votre lecteur DVD au bout de ces 45 minutes. La suite du film vire en torture porn entièrement gratuit, sans aucun sens, sans que nous ayons pu penser qu’un tel retournement pourrait être possible. Certes, l’idée de casser un récit pour l’élever à un autre niveau a déjà été faite, mais Gens n’a encore ni les épaules ni la maturité nécessaire pour assumer une telle rupture de ton. Malheureusement, il avait déjà eu ce problème sur Frontière(s) et n’a visiblement pas retenu la leçon. Le film part en « cacahuète » total sans pour autant apporter de réponses concrètes aux problèmes posés lors de son exposition. Oubliez l’éventualité d’un combat psychologique des nerfs sur le devenir des personnages quant à la menace qui se propage à l’extérieur. Oubliez le fantasme de reproduction du long halo blanc symbolique de mort qui nous avait tant traumatisé dans le E.T. de Spielberg. On se retrouve face au visage le plus cruel de l’homme dans sa survie. Seulement, il y a déjà eu toute une flopée de films sur ce thème où l’intrigue était mieux développée et nous donnait des éléments de réponses. Je ne blâme pas le fait que le spectateur doive se creuser un peu la cervelle, pour certaines œuvres c’est même plutôt souhaitable, mais tenter de nous faire réfléchir sur un problème qui ne semble plus intéresser personne (devant comme derrière la caméra) au bout de moins d’une heure, c’est un abus qui a le don de nous chauffer doucement les oreilles.

The Divide de Xavier Gens (2011) - Critique

Le film est long, très long, trop long, vraiment extrêmement beaucoup trop incommensurablement putain de long !!! Pourquoi ne pas avoir profité d’un scénario aussi épais pour s’attacher à l’évolution physique des personnages ? De surcroît, elle est trop rapide même si elle apporte un résultat agressivement impressionnant (oui on ne peut pas dénigrer une image vraiment soignée). Seulement, nous sommes aussi perdus dans le temps que les rescapés, rien ne nous indique qu’il s’est passé tant de temps entre son exposition et son dénouement ce qui amène une perte logique quant à l’aspect physique qu’arborent les acteurs en milieu de métrage. La cassure dans le ton du film se fait réellement à tous les niveaux et on en revient sur l’aspect maladroit de la technique employée qui nous perd définitivement. Les physiques atrophiés et la perte de poids flagrante ne semblent également qu’infecter l’organisme des méchants de l’histoire. Et en plus, on nous prend pour des cons en insistant bien sur le fait que c’est important de distinguer les méchants des gentils… et ho… on n’a plus 10 ans ! Ça y est j’suis énervé !!! Prenons un exemple tout simple : Rosanna Arquette campe une maman protectrice qui voit sa fille se faire kidnapper par ces mystérieux individus extérieur. La logique humaine voudrait qu’elle fasse tout ce qui est en son pouvoir afin de la récupérer. Allez savoir pourquoi, après quelques litres de larmes versées, elle décide de devenir l’esclave sexuelle (avec tout son consentement, cela va sans dire) des deux plus gros enfoirés du groupe. Où est la PUTAIN DE LOGIQUE ?! Bien sûr, vous vous doutez sûrement que la fin est ultra téléphonée, mais il est bon de vous mettre en garde une fois de plus si d’aventure vous vouliez toujours voir cette daube. Je n’irai pas plus loin dans les détails de ce navet, j’ai les doigts crispés sur mon clavier pendant que je vous tape cette chronique, je sens qu’il va falloir conclure et vite (et à force de parler de daube et de navet, j’ai mon estomac qui crie famine).

The Divide de Xavier Gens (2011) - Critique

The Divide possède une photographie soignée et une exposition des plus efficace. Le film aurait gagné en puissance s’il s’était assumé jusqu’au bout. On ne peut pas délaisser les acteurs qui s’impliquent et tentent tout ce qui est en leur pouvoir pour sauver l’histoire. Autant de bons points de départ qu’on ne peut pas dénigrer mais qui finissent par avoir le toupet d’exhumer des monstres tel le Titanic pour avoir la jouissance de les couler à nouveau.

TONYO