Nous l’attendions non pas au tournant mais avec impatience et l’avons vu avec un peu de retard et beaucoup de plaisir dans une salle malheureusement un poil agitée qu’on aurait bien troquée contre un bon public de festivaliers. Bref, ne lançons pas de polémiques et commençons notre petit échange.

Darko : En allant voir Don’t breathe – La maison des ténèbres, je dois dire que j’étais assez confiant pour avoir précédemment visionné le premier long métrage du réalisateur Fede ALVAREZ, à savoir un remake assez improbable du cultissime Evil Dead de Sam RAIMI. A ce propos, j’ai d’ailleurs récemment relu ta critique plutôt élogieuse de ce fameux remake. C’était à l’époque, déjà une belle surprise tant la maîtrise et le savoir-faire transparaissait. Bref, un début très prometteur pour ce jeune réalisateur.

Et bien, la promesse est tenue avec ce second métrage qui s’éloigne délibérément du surnaturel pour nous proposer un huit-clos fonctionnant de manière efficace avec une tension constante et maîtrisée.

Si le scénario ne brille pas par son originalité, il n’en demeure pas moins que le film est bien construit, pratiquement rien n’est laissé au hasard ou en suspend comme on peut le trouver malheureusement dans certains métrages trop ambitieux et qui finissent par se perdre et perdre le spectateur également… Un film plutôt simple à la base et dont l’intrigue se met en place progressivement amenant une réelle consistance.

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Le casting est franchement bon et notamment Stephen LANG dans le rôle de cet ancien militaire aveugle vivant reclus dans sa grande et lugubre demeure. Le choix d’un infirme comme antagoniste est une sacrée belle idée dont les ficelles sont brillamment exploitées par le réalisateur qui prend un malin plaisir au renversement de situation. La présence d’un magnifique mais non moins féroce Rottweiller ajoute encore à la tension et l’on ne peut que compatir au sort des malheureux cambrioleurs qui n’ont manifestement pas choisis le bon pigeon!

Valg : J’étais assez confiant également. La bande annonce annonçait un film coup de poing et haletant. Et pour une fois la promesse a été tenue. Il n’y a pas de surprise par rapport au remake d’Evil Dead que j’avais beaucoup aimé.

Dans ce second film d’Alvarez, on retrouve les qualités du premier ni plus ni moins. La réalisation est d’une efficacité redoutable. Alvarez ménage bien ses effets et se permet de réelles virtuosités qui servent l’histoire tout en évitant l’effet de style tape à l’oeil. Je déplore à ce titre l’excès de James Wang, très bon dans son genre mais dont la manière de filmer relève plus du clip que de celle d’une histoire racontée. J’ai été scotché par la caméra qui passe en plan séquence des personnages encore naifs, situés en bas de la maison, à l’aveugle encore inoffensif dormant sur son lit à l’étage. Du grand art.

Bon après, comme tu le dis, l’histoire n’approfondit rien. Ici, c’est le concept qui prime. Et effectivement il est bien exploité. On ne s’en éloigne jamais si ce n’est peut être lors de la séquence incontournable d’explication de tout ce raffut. Je n’en dirai pas plus pour éviter le spoil.

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L’ensemble se tient mais ça n’est pas très recherché non plus. Cela dit, dans un genre assez similaire, The Neighbor qu’on a vu il y a peu à l’étrange festival n’a pas tenu la route avec autant rigueur, multipliant de trop nombreuses pistes non exploitées. Là ce qui est raconté, l’est sans détour. La narration est totalement maitrisée.

Darko : Pour conclure en ce qui me concerne, je dirais que Don’t Breathe est une belle petite surprise et son succès à la sortie est amplement mérité. Ca vaut assurément le coup d’oeil.

Valg : Oui c’est une belle production qui exploite bien chaque centime de son budget. J’avoue lui avoir préféré le remake d’Evil Dead pour son côté plus gore et dérangeant. J’apprécie le côté très premier degré des prods d’Alvarez qui change des productions américaines de genre habituelles à l’humour souvent non avenue obligatoirement intégré au cahier des charges. Et c’est bien dans ce sens qu’Alvarez doit poursuivre car sa façon à la fois sombre, efficace et méticuleuse de filmer ses personnages s’y prêtent à merveille. Bien qu’Alvarez ne soit pas Italien, il y a une forme de renouveau du giallo en gestation dans son approche de la réalisation. Ce que je souhaite dès lors c’est qu’il ne devienne pas un nouveau James Wan, fer de lance d’un marketing outrancier.

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