Synopsis

En 2154, la population humaine riche vit désormais dans une station spatiale baptisée Elysium, loin des pauvres, restés sur une Terre surpeuplée, même si certains d’entre eux tentent de rejoindre la station spatiale. Max (Matt Damon), simple ouvrier ayant été gravement irradié, apprend qu’il ne lui reste plus que cinq jours à vivre. Il va mettre à profit ce court laps de temps pour tenter de se rendre sur Elysium, car des Med-Box (« Cabines médicales ») y ont été installées, permettant la régénération rapide et totale des cellules corporelles et la suppression des maladies. Pour avoir son laisser-passer dans la prochaine navette, il devra enlever le milliardaire gérant la société qui l’employait afin de voler des informations cruciales que l’homme a dans son cerveau. Ces informations étant relatives à un coup d’État que tente d’effectuer la responsable de la sécurité (Jodie Foster) de la station spatiale, Max va devoir lutter férocement pour sa survie.

La critique

Voilà un film qui était vraiment très attendu ! Du moins par ceux et celles qui avaient déjà apprécié le travail de Neill Blomkamp sur District 9. Malgré un scénario dit “original”, Blomkamp ne réinvente pas la roue. En effet Elysium est dans la droite lignée de District 9. C’est un film de science-fiction sur fond de drame social. A la différence que cette fois-ci, à la place de la métaphore sur l’apartheid, on a ici une métaphore de l’immigration clandestine et plus particulièrement celle qui concerne les mexicains et les Etats-Unis. C’est donc un cinéma qui se veut intelligent et profond mais si l’intention est honorable, dans la pratique la tâche s’avère plus compliquée et le résultat relativement maladroit.

Elysium de Neill Blomkamp (2013) - Critique

On peut sans aucune difficulté dissocier le fond de la forme sur ce métrage. Avec un budget d’environ 100 millions de dollars, 3 à 4 fois supérieur à celui de District 9, Blomkamp a eu les moyens de faire dans l’efficacité visuelle. L’univers sale et quasi-postapocalyptique de ce film est réellement réussi, l’immersion est totale. Les équipes techniques se sont surpassées tant dans la création de la station orbitale que pour les décors terrestres où les détails sont légion. Elysium est la Terre promise et une sorte d’Eden pour toute la population restée sur Terre. La construction d’une telle structure semble relativement crédible. On nous rabâche à longueur de temps le fait que la Terre épuise ses ressources jusqu’à la moelle et qu’il n’y aura bientôt plus assez de place pour accueillir une population qui croît de manière exponentielle. L’expatriation vers de nouvelles zones habitables et inexploitées semble inévitable pour les générations futures. Mais Elysium est-il vraiment le paradis espéré ? Rien n’est moins sûr. Un espace confiné constitué de villas vides et de décors factices dirigé par quelques bourgeois friqués occupés à se faire bronzer le cul au bord de leur piscine et dézinguer les clandestins, non merci. C’est bien là que le bât blesse dans ce film. Un manichéisme si prononcé fait froid dans le dos. Les méchants riches qui vivent dans leur eden cosmique contre les gentils pauvres rebelles dans leur enfer prolétaire qui fabriquent eux-mêmes une gestapo androïde à la solde des puissants. Cela dit, c’est une vision du futur, une extrapolation. Avec les inégalités qui s’agrandissent de jour en jour, nous prenons clairement le chemin de cette abomination.

Elysium de Neill Blomkamp (2013) - Critique

Parallèlement à cette intrigue sociale, une autre intrigue concerne nos principaux protagonistes. Une intrigue molle, une guimauve larmoyante. Le sacrifice d’un homme pour gagner la liberté de son peuple mais avant tout pour sauver la peau d’une petite fille atteinte de leucémie… sortez les mouchoirs. Le hasard incroyable de ce scénario veut qu’il fasse d’une pierre deux coups. Ah la magie du cinéma. Tout cela est assez prévisible et finalement sans grand intérêt. Peut-être aurait-il fallu se concentrer sur le côté social de l’histoire et éventuellement changer de directeur de casting… Matt Damon en ouvrier latino et Jodie Foster en pourriture fasciste physiquement calquée sur C. Lagarde, actuelle directrice du FMI est assez improbable.

Elysium de Neill Blomkamp (2013) - Critique

Au final ce film n’est pas le meilleur film de SF mais pas le pire non plus. Il se laisse regarder aisément, esthétiquement très réussi, son point faible reste son scénario qui manque de force et de subtilité. Du reste comme la plupart des blockbusters qui sortent dans nos salles obscures. Passer d’une production indépendante à des budgets de studios hollywoodiens peut s’avérer délicat et monter à la tête. Blomkamp prévoit une suite à District 9, en espérant qu’il saura apprendre de ses “erreurs”.

FONZI