Dans cette deuxième partie, nous parlerons des films King Kong, The Art of self-defense, Furie, The Mute, Idol et Knives & Skin.

King Kong (1933)

King Kong est un film fantastique américain en noir et blanc réalisé par Merian Caldwell Cooper et Ernest Beaumont Schoedsack avec Fay Wray, Robert Armstrong et Bruce Cabot. Ramené d’une île exotique pour être exhibé au public, un gorille géant s’échappe dans New York où il sème la panique. Il rencontrera sur sa route destructrice une jeune beauté qu’il kidnappera.

C’était un petit plaisir qu’on voulait se faire et très honnêtement une lacune à combler. Merveille de cinéma qui n’a pas grand chose à envier à son remake de 2005 réalisé par Peter Jackson. C’est une vraie leçon d’effets spéciaux et d’inventivité dans le domaine. Ce film a un charme fou et notamment dans le jeu des acteurs, très typique de l’époque. C’est étonnant de voir la façon dont est perçue la femme et la façon dont elle est traitée. Ce serait sans doute plus difficile aujourd’hui de conserver ce point de vue misogyne. On le voit de la même façon avec les animaux et le chasseur blanc victorieux et ultra-dominant. J’avais en mémoire une toute autre relation entre Kong et la femme, une relation qui se muait en relation quasi amoureuse entre les deux êtres. Aspect totalement absent de cette version de 1933. Quoiqu’il en soit, c’est un véritable classique qu’il faut avoir vu au moins une fois.

The Art of self-defense

The Art of Self-Defense est une comédie noire américaine de 2019, écrite et réalisée par Riley Stearns. Il met en vedette Jesse Eisenberg, Alessandro Nivola et Imogen Poots. Après s’être fait attaquer dans la rue en pleine nuit par un gang de motards, le timide comptable Casey décide de s’inscrire à des cours de karaté afin de pouvoir se protéger en cas de nouvelle agression. Sous l’oeil bienveillant de son charismatique professeur, Sensei, Casey découvre un sentiment nouveau ; la confiance en soi. Mais l’image auréolée de son instructeur tombe quand le jeune homme participe aux cours du soir de son mentor…

Encore Jesse Eisenberg et encore Imogen Poots. Force est de reconnaître que ce couple fonctionne très bien à l’écran, que ce soit dans Vivarium ou dans ce film The Art of self-defense. On est ici face à une comédie noire absurde à l’humour assez délicieux. Ce n’est pas un film d’une grande envergure ni très ambitieux mais il ne cherche pas à l’être. Il tient la route et nous tient en haleine. L’histoire est simple et atypique à la fois. Eisenberg joue un mec plutôt faible, peu confiant en lui, célibataire vivant avec son chat, un mec très ordinaire en somme et à qui il arrive des emmerdes. Il se fait sauvagement agressé dans la rue et comme n’importe qui le ferait face à cette situation, il cherche différents moyens de se défendre si cela devait se reproduire. Il finit par opter pour des cours de karaté et une fois la porte du dojo franchie commencent alors les vrais ennuis et il se retrouve pris dans un engrenage de plus en plus absurde. Le jeu des acteurs et la mise en scène y sont pour beaucoup et chaque situation fait mouche. Jusqu’à un certain point, je me demandais sérieusement comment ce film pouvait avoir sa place dans la compétition de l’Étrange Festival mais le dernier tiers du film nous enfonce encore plus profondément dans l’absurdité la plus totale, toujours avec humour et me confirme sans nul doute que ce film a parfaitement sa place et devrait trouver sans difficulté son public.

Furie

Furie est un film réalisé par Olivier Abbou avec Adama Niane, Stéphane Caillard. Inspiré de faits réels. Le temps des vacances d’été, Chloé et Paul Diallo prêtent leur maison à la nounou de leur fils. À son retour de voyage, la famille Diallo trouve porte close : les serrures ont été changées et les occupants déclarent être chez eux. Pour Paul, c’est le début d’un combat qui va faire vaciller son couple, ses valeurs, son humanité.

Agréablement surpris par ce film français pour lequel je partais un peu sceptique. La lecture de ce synopsis et les photos de présentation où l’on voit un mec à tête de porc ne m’enchantaient guère. Mais on est pris dans cette histoire (inspirée d’un fait divers) qui pourrait arriver à n’importe qui. La narration est linéaire et avance par étapes de façon très classique. On démarre par la présentation du contexte, suivi de l’incident déclencheur puis le noeud de l’action pour finir par le dénouement et la résolution. La tension monte au fur et à mesure des péripéties traversées par la famille et surtout par le père de famille très bien interprété par Adama Diane. J’ai trouvé plutôt dommage de rajouter autant de couches pour faire sombrer le mec : adultère, combat contre le racisme etc… Il me semble que cela surcharge un peu trop la narration. Cela nous écarte du sujet principal inutilement. Les « méchants » ne sont bien-sûr pas ceux auxquels on s’attend mais manquent un peu de profondeur et de charisme. Les têtes de porc ne sont pas forcément d’une grande utilité dans ce domaine. Même si le film a tendance à se perdre parfois, il est réussi et nous tient en haleine jusqu’au bout.

The Mute

The Mute est un film polonais réalisé par Bartosz Konopka. En pleine ère médiévale, un évangéliste débarque sur une plage pour répandre la chrétienté auprès d’une tribu aux rites païens. Il va d’abord être secouru par un jeune homme sans nom, mais l’intégration va s’avérer plus compliquée que prévu.

Des tons froids et une esthétique assez travaillée pour représenter une fresque historique médiévale. Avec The Mute, on pense beaucoup au Valhalla Rising de Nicolas Winding Refn. Très peu de dialogues dans ce film qui porte bien son nom. Tout se passe à travers le jeu des acteurs, le regard, l’attitude et la mise en scène qui m’ont parfois évoqué une chorégraphie de danse contemporaine. Notamment avec les indigènes plutôt primitifs qui s’expriment énormément avec leur corps et leurs émotions. L’histoire met en scène la façon dont un homme, par sa simple présence, son aura et son charisme et sans prononcer un traître mot, est capable d’influencer tout un peuple et comment cela va attiser les jalousies. Le film souffre de quelques longueurs et je me suis malheureusement endormi pendant une séquence clé du film, la fatigue aidant. Mais The Mute reste un film fort et plutôt ambitieux, assez exigeant dans son propos centré sur le prosélytisme et qui ne conviendra sans doute pas au plus grand public qui se doit d’être ouvert aux thèmes du sacré et de la religion dans ses aspects les plus cruels.

Idol

Idol est un thriller sud-coréen de 2019 réalisé par Lee Su-jin avec Han Suk-Kyu, Sol Kyung-gu et Chun Woo-hee. Réticent à compromettre sa carrière politique naissante, Koo Myung-hui est bien embêté lorsque son fils commet un délit de fuite et ramène au domicile de ses parents le corps de l’homme qu’il a renversé.

J’étais plein d’espérance avant de voir ce long-métrage tant les coréens sont passées maîtres dans la réalisation de thrillers mais merde… qu’est ce que c’était long… presque 2h30 et une histoire qui tourne en rond, qui piétine et qui se perd parfois. On est très loin d’I Saw the devil, Old Boy, Memories of Murder ou ou plus dernièrement Parasites. Le point de départ de cette histoire est un fait divers très classique mais je n’ai pas réussi à rentrer dedans. Idol pose plusieurs questions qui ne sont cependant pas inintéressantes comme notamment l’immigration chinoise en Corée du Sud, la prostitution, le pouvoir et son sentiment de toute-puissance avec l’impunité qui l’accompagne ou encore le rapport entre les classes sociales avec le gouffre qui sépare un ouvrier d’un politicien. C’est par exemple illustré par l’émotion suscitée par la vandalisation d’un bien public contrastant avec l’indifférence totale pour le sort du prolétariat. Idol fait le portrait via ce fait divers d’une facette de la Corée du Sud contemporaine finalement très proche de n’importe quel pays occidental où sauver les apparences est plus important que tout. Par contre, Idol manque vraiment de finesse dans son approche et perd en cohérence. On ne sait plus trop dans quelle direction va le film, si tant est qu’il le sache lui-même… Idol possède de très bonnes choses mais le résultat est un peu trop confus pour nous proposer un résultat solide et consistant.

Knives & Skin

Knives and Skin est un film réalisé par Jennifer Reeder avec Marika Engelhardt, Raven Whitley. Dans une petite ville paisible de l’Illinois, Carolyn Harper ne rentre pas chez elle après un rendez-vous nocturne. Sa mère, qui dirige la chorale du lycée, est dévastée. De plus, ses appels à l’aide ne sont guère entendus que par un shérif qui peine à démarrer l’enquête. Les habitants semblent comme indifférents à l’absence de cette jeune fille qu’on connaissait mal. Pourtant, cette disparition va provoquer une onde de choc au sein de la communauté.

Je me suis fait avoir plusieurs fois par les mentions « Attention pépite !! » des organisateurs du festival et cette fois encore mais je crois que l’on ne m’y prendra plus. Quelle déception… Moi qui m’attendais à un film assez jouissif dans la veine de Tragedy Girls que nous avions découvert au PIFFF il y a 2 ans. Ici on se retrouve avec un film choral mièvre et inintéressant au possible. Le film avait pourtant des arguments pour séduire. Une esthétique inspirée des meilleurs films de Dario Argento et un pitch emprunté à Twin Peaks mais sans jamais ne serait-ce qu’une seconde lui effleurer la cheville. Le montage et le contenu creux rendent le film un peu difficile d’accès. Lorsque le film devient une comédie musicale faussement féministe, c’est la goutte de trop. Knives & Skin surfe sur cette vague politiquement correcte et visuellement hipster. Les personnages ne sont pas vraiment attachants et je n’ai ressenti aucune empathie. Les vagues tentatives d’humour ne prennent pas non plus. Le film a cependant une ambiance intrigante et mélancolique intéressante avec quelques plans magnifiques mais cela n’a jamais sauvé un film d’un ennui profond.

FONZI