Avec

 Gillian Jacobs, Matthew Zuk, Kiana Madeira

Année :

 2021

Pays :

 États-Unis

Durée :

 109 min

Genre :

 Épouvante, Horreur

Production :

 Netflix

La sentence
 
Du gore écrit

Raconter une trilogie en reprenant les codes du slasher n’est pas chose aisée. Les franchises fonctionnent généralement sous forme de répétitions jusqu’à épuisement du spectateur. Au contraire, Fear Street 1978 annonce dès ses premières minutes une suite directe et rétrospective qui va raccrocher assez intelligemment les 2 épisodes, nous spoilant d’emblée une info cruciale : la survivante du camp d’été.

Dans cet épisode, comme son titre l’indique, le spectateur fait un bond de plus d’une décennie en arrière pour découvrir l’histoire d’un camp de vacances durant lequel un “Shadysider” se retrouve possédé par la sorcière Sarah Fier afin de mettre un joyeux bordel dans tout ça.

Sans sortir des clous, Fear Street 1978 se place tout de même un cran au-dessus de son prédécesseur. Le cahier des charges ne brille pourtant pas par son originalité et le genre est studieusement respecté à la lettre sans chercher à en redéfinir les ficelles. Les personnages sont clairement identifiés, chacun ayant un caractère et un but bien établi. Mais là où nombre de slashers se seraient arrêtés, trucidant très rapidement ses protagonistes tout juste affichés, Fear Street 1978, prend le temps d’amener le carnage.

Alors que Vendredi 13 nous vient d’entrée à l’esprit, c’est pourtant du côté d’Amityville que lorgne son réalisateur Leigh Janiak car Tommy, le malheureux bourreau désigné, va voir sa transformation se faire progressivement, laissant ainsi à l’histoire le temps d’affiner ses personnages clés et leurs relations.  

Il permet également d’établir le lien avec l’épisode précédent, découvrir qui sont les différents personnages 16 ans auparavant et en comprendre l’évolution, choix ajoutant ainsi à l’histoire une épaisseur supplémentaire qui nous rattache d’autant plus à ses protagonistes. Et ce sera  également l’occasion pour ses auteurs de préparer quelques retournements bien sympathiques.

Fear Street 1978 trompe donc son petit monde en choisissant la voie d’une histoire solide dans laquelle les 2 sœurs héroïnes vont devoir affronter une sorcière incroyablement présente tout au long du métrage sanglant sans jamais apparaître à l’écran. Il faut en effet se souvenir qu’il s’agit de l’adaptation d’un roman de RL Stine et qu’on peut difficilement décrire un simple carnage et en faire un best seller. Et c’est tant mieux.

En effet, la force de l’épisode réside dans sa volonté de profiter de la forme trilogique pour asseoir un univers posé dans 1994 qui serait très certainement tombé dans les poubelles de l’histoire si RL Stine s’était arrêté là. On reconnaît d’ailleurs assez bien dans cette mini franchise, la tendance accrocheuse des narrations sérielles actuelles. 

Cela offre à ses auteurs, écrivain et réalisateur, de développer, d’un film à l’autre, un style spécifique tout en conservant un fil rouge évident. La trilogie Fear Street se renouvelle donc dans ce second épisode en nous proposant un métrage plus mature, plus gore et digérant beaucoup mieux ses références hommages (?) afin de nous en recracher un film fort sympathique.

En résumé, un très bon divertissement qui ne se veut rien de plus que cela. Et on en redemanderait presque. Affaire à suivre dans l’ultime épisode.

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1 like = une cervelle fraîche pour un petit zombie