Avec

 Julian Richings, Michelle Argyris, Emily Alatalo

Année :

 2020

Pays :

 Canada

Durée :

 91 min

Genre :

 Horreur

Production :

 9 Light Entertainment, Raven Banner Entertainment

La sentence
 
Féministe
Bande-annonce de Fight Girls (Spare Parts en V.O)

Synopsis

Quatre jeunes filles, membres  d’un groupe punk  sont  kidnappées  après un concert ayant dégénéré en baston généralisée. A leur réveil, les musiciennes se rendent compte qu’elles ont été amputées d’un bras et que leur membre a été remplacé par une arme. Elles comprennent rapidement que leur seule chance de survie est de participer à des combats à mort organisés par l’Empereur, le gourou d’une secte glorifiant le sang…

Critique

Je n’ai trouvé que très peu d’infos concernant le réalisateur de ce film hormis qu’il n’en est pas à son premier long. On lui doit notamment Sweet karma (2009).

Passons donc rapidement au film qui nous intéresse. Fight girls m’a agréablement surpris à la fois par la simplicité de son scénar’ et l’efficacité de sa mise en scène. Le réalisateur nous livre ici un film équilibré, maîtrisé et surtout  cohérent par rapport au message véhiculé.

Dès le démarrage, le décor est bien planté et fait écho au titre du film. Des nanas formant un groupe punk donnent un concert qui vire rapidement à la baston à cause de mâles bien excités. Ce sont évidemment les filles qui prennent le dessus en bottant le cul des mecs qui ont perturbé leur concert. Le spectateur peut à ce stade, avoir déjà un aperçu du casting plutôt sympathique. Dans ce groupe de musique exclusivement féminin, nous avons Amy (la chanteuse) et Emma (la guitariste) qui sont également des sœurs rivales suivies du couple lesbien formé par Jill (la bassiste enceinte) et Cassy (la batteuse). Les filles sont plutôt mignonnes avec chacune leur caractère bien trempé ce qui donne une certaine profondeur, authenticité dans leurs interactions et en font des personnages attachants. En face des super girls et en opposition, nous avons l’Empereur, sorte de gourou d’une secte organisant des combats à mort avec l’appui de flics corrompus, son fils qui a constamment le cul entre deux chaises (il a le béguin pour Emma et en même temps, il doit veiller au bon déroulement des combats), la chirurgienne (acquise à la cause masculine, au service de l’Empereur) et le champion chargé de former les nouvelles recrues. Les victimes quant à elles (majoritairement des femmes) sont enlevées pour être « transformées » en machines de guerre.

Fight girls s’annonce comme un film résolument féministe, surfant sur la vague girl power. Effectivement, l’ambition du réalisateur sur ce point est assez évidente et l’objectif est réussi. Dans ce film qui affectionne particulièrement les combats dans l’arène (en réalité, dans une décharge de vieilles bagnoles toutes pourries) les filles se singularisent par leur force physique et de caractère, leur endurance mais aussi leur intelligence pour tenter de survivre face à leurs bourreaux. Dans ce milieu a priori masculin, elles sont pourtant les égales des hommes voire même les surpassent. Les filles sont donc à la fois de redoutables gladiatrices, armées pour le combat mais également des victimes, humiliées, mutilées et réduites à l’état d’esclaves pour assouvir les fantasmes sadiques d’un Empereur aux allures d’un Jules César ayant droit de vie et de mort sur ses sujets.

Le rythme et la bande-son s’accordent bien et permettent au film de garder son dynamisme du début à la fin. Le lieu où se déroule l’action est bien choisi au beau milieu d’une fourrière. Les cadavres de voitures jonchant l’endroit associés aux armes blanches greffées sur les combattantes créent un univers métallique qui accentue davantage la violence entourant les combats sanglants. Quelques scènes gores viennent agrémenter le tout. La bascule finale, un poil caricaturale, vient appuyer une fois de plus, le courant féministe véhiculé par ce film en enfonçant de manière définitive le clou afin que le spectateur n’ait plus aucun doute quant au message et à l’objectif poursuivi. Fight girls est pour moi, une belle surprise, un petit film sans prétention mais qui atteint avec succès son objectif clairement affiché en respectant les codes du genre. A la fois simple et efficace, la réalisation parvient à rester dans le registre choisi sans s’éparpiller et sans perdre de vue son but.

DARKO

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