Film découvert en avant-première lors de l’édition 2013 de l’Etrange Festival

Synopsis

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, des soldats russes découvrent avec horreur l’ultime plan d’Hitler afin d’échapper à la défaite : une armée de surhommes, recomposés à partir des membres de soldats tombés au front, suivant les expériences du docteur Viktor Frankenstein.

La critique

C’est à l’étrange festival que je découvre cette production. L’affiche de ce film est très sympa à regarder et le pitch lu dans la file d’attente du film précédent met l’eau à la bouche. Cela annonçait un bon gros délire visuel sans précédent, du moins si on fait abstraction des productions japonaises quasi imbattables dans le genre.

Frankenstein's army de Richard Raaphorst (2013) - Critique

Hé merde mais quelle déception ! Chaque espoir mis dans cette production sans le sou s’effondre à chacune des minutes passée devant l’écran.

Qu’est ce qui ne va pas dans ce film ? Hé bien à peu près tout malheureusement. Le manque de moyens orientant l’esthétique et le concept, cette production surfe une fois de plus sur la vague du found-footage. Et dans cette histoire, ce choix est très mal exploité. Il est même presque pris à contre pied et cela ne semble hélas pas délibéré.

Grâce à ce procédé, la caméra subjective permet généralement une immersion captivante dans l’histoire racontée. C’est pourquoi elle peut être une bonne alternative au manque de moyen. Ici, le réalisateur a réussi le tour de force de créer de la distance avec ce procédé. Et il aurait pu se retenir.

Et le scénario n’aide pas. On suit un groupe de soldats perdus mais on ne s’accroche à aucun des personnages. On observe des gens dont on n’a que faire. Du coup, quand ils se font défoncer, on saute de joie à l’idée que le film se rapproche de la fin. Voyez le topo…

Frankenstein's army de Richard Raaphorst (2013) - Critique

Visuellement, le film aurait peut être pu rattraper le coup. Hé bah non. Ce ne serait pas drôle sinon. D’ailleurs en fait ça n’est pas drôle. Là où Richard pouvait s’éclater avec sa caméra, il nous montre une pauvre image dégueulasse.

Et qu’est ce que c’est lent. Déjà que les scènes un poil mouvementées t’empêchent tout juste de fermer les yeux, celles de dalogues sont à pleurer des larmes de sang. C’est creux tout simplement.

Tout cela est bien dommage car les créatures de Frankenstein petit fils (ou fils je ne sais plus mais franchement on s’en cogne) sont vraiment bien foutues et astucieuses. Malheureusement un film ne peut se résumer à cela…

Du coup, l’affiche/les affiches et photos exploitent bien ces belles « sculptures ». Ce qui rend l’affaire trompeuse. Manque simplement un réalisateur aux commandes de ce projet qui avait le potentiel d’éclater le spectateur. Un film même à petit budget se pense et s’écrit avant tout.

Au final, pourquoi avoir pris le temps d’écrire un article sur quelque chose d’aussi mauvais ? Parce que je me suis fait avoir sur la base de quelques lignes de présentation et de belles images. Et je souhaite vivement vous épargner une perte de temps et vous faire économiser quelques euros car ce film va sortir en DVD et passera devant vos yeux émerveillés… et là, vous repenserez à mes derniers mots : Fuyez les gens !

VALGUR