Avec

 Kathryn Newton, Vince Vaughn, Celeste O’Connor

Année :

 2021

Pays :

 États-Unis

Durée :

 102 min

Genre :

 Thriller, Epouvante-horreur, Comédie

Production :

 Blumhouse Productions

La sentence
 
Savoureux
Bande annonce de Freaky

Synopsis

Millie Kessler est une adolescente qui souffre d’une faible popularité et subit souvent les moqueries des autres élèves de son Lycée. Au cours d’une soirée, elle devient la victime d’un tueur en série surnommé “le Boucher”. Ce dernier fait usage d’une dague aux pouvoirs magiques et un phénomène étrange se produit au cours de l’agression. Millie qui a réussi à échapper au tueur, va découvrir à ses dépens qu’elle a échangé son corps avec celui du Boucher et que le temps lui est compté si elle veut espérer retrouver son enveloppe charnelle d’origine…

La critique

Inspiré du roman Freaky Friday de Mary Rodgers, Freaky est le petit dernier du réalisateur et scénariste, Christopher Landon qui n’en est pas à son coup d’essai en matière de comédie horrifique. A son palmarès en tant que réalisateur, on pourra citer notamment Manuel de survie à l’apocalypse zombie, Happy birthdead, Pananormal Activity : the Marqued One. En tant que scénariste, on lui doit notamment Paranoiak, Viral, Paranormal Activity 2, 3 et 4 … Pour cette nouvelle réalisation, Landon s’associe une fois de plus à Jason Blum de la société Blumhouse Production qu’on ne présente plus. Le film, une fois bouclé, va subir les conséquences de la pandémie Covid 19 qui va repousser à maintes reprises sa sortie en salle.

Millie Kessler (Kathryn Newton)

Freaky s’inscrit assez logiquement dans le courant suivi par le réalisateur depuis quelques années et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est plutôt bon dans ce registre. Avec ce film, Landon nous démontre qu’il connaît bien ses classiques, ce qui lui permet de se faire plaisir tout en nous faisant plaisir également. De manière évidente, le réalisateur a voulu rendre ici un hommage aux grands slashers eighties. Le tueur en série qui sévit est à la croisée des chemins entre un Michael Myers d’Halloween et un Jason Voorhees de Vendredi 13. A la fois imposant physiquement, doté d’une force incroyable et faisant preuve d’une brutalité extrême lorsqu’il officie. Tout dans ce film contribue à faire penser aux classiques du genre. Les scènes de meurtres sont mises en scène, bien gores et perverses dignes de certaines scènes d’anthologie issues de Gutterball. De manière assez subtile, le film démarre fort avec un massacre de jeunes étudiants dont on ne perçoit pas de suite l’aspect comique tant le gore est présent. La bascule va intervenir lorsque Millie et le tueur vont respectivement échanger leur corps. A partir de là, le film prend une autre dimension bien plus humoristique et second degré. C’est vraiment ce qui va le faire basculer d’un slasher pur et dur à une comédie horrifique. L’introduction d’un aspect surnaturel (la fameuse dague aux pouvoirs maléfiques à l’origine de l’inversion des corps) apporte une autre touche assez rare et inattendue dans ce registre.

Le Boucher (Vince Vaughn) et Millie Kessler (Kathryn Newton)

Niveau casting, le slasher incarné au début du film par Vince Vaughn, est impressionnant par sa carrure. Il est plus que profilé pour le rôle. La bascule après inversion des rôles en est d’autant plus marquante. Le tueur se transformant en une adolescente avec les inconvénients que l’on peut imaginer (moins de force, moins imposant et impressionnant) mais aussi quelques avantages qu’il réussit à exploiter (air innocent, fragilité apparente et trompeuse). Mais l’écart le plus important se situe dans le jeu de Vince Vaughn qui dans un même film, se trouve à interpréter tour à tour, le rôle d’une brute sauvage et sanguinaire puis celui d’une jeune fille à la base plutôt timide et craintive, amoureuse de son camarade de surcroît. La situation devient cocasse notamment lorsque les tourtereaux s’avouent leur attirance réciproque alors que Millie est toujours dans le corps du tueur. La situation devient alors le prétexte ou l’occasion pour le réalisateur d’y apporter sa petite touche gay.

Pour le reste, vous l’aurez compris, Freaky ne brille pas par son originalité en la matière. Il n’apporte pas grand chose de neuf, essentiellement du réchauffé. Si bien qu’à la fin du film, on ne peut s’empêcher d’avoir un petit regret que le réalisateur n’ait pas choisi de poursuivre dans la voie d’un vrai slasher même si l’ensemble demeure cohérent. Le mélange des genres demeurant toujours assez déroutant.

Pour emprunter un champ lexical culinaire, le film reprend tous les bons ingrédients des grands slashers de la belle époque, les passe à la moulinette et nous sert un bon petit plat de résistance bien succulent. Pour les friands comme moi, de ce genre de mets, vous devriez vous régaler. Je vous laisse déguster. Bon appétit!

DARKO

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1 like = une cervelle fraîche pour un petit zombie