Synopsis

Malcolm et Keisha viennent d’emménager dans la maison de leurs rêves. Mais leur bonheur est de courte durée car ils s’aperçoivent qu’un démon habite leur nouvelle demeure. Quand le démon possède sa femme, Malcolm, déterminé à sauver sa vie sexuelle, fait appel à un prêtre, un médium et une équipe de chasseur de fantômes pour l’aider.

La critique

Ghost Bastards signe le grand retour de (presque toute) la fratrie Wayans au cinéma. Après le toujours irrévérencieux Scary Movie, ainsi que sa suite, les frangins avaient longuement mûri l’idée de revenir un jour à la parodie de films de genre. Malheureusement, Marlon Wayans se retrouvera tout seul à la tête du projet voyant ses frères partir vers d’autres aventures. À la fois scénariste, producteur et acteur, Marlon s’offre une gâterie folle dans laquelle il s’accorde tous les excès. Quand bien même Ghost Bastards n’atteindra jamais la verve de Scary Movie, on peut l’expliquer par le fait que Marlon Wayans est en totale roue libre, il n’y a personne pour le tempérer et parfois son jeu en pâtit fortement.

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Ghost Bastards conchie définitivement tous les films found footage ayant cartonnés ces dernières années. De Paranormal Activity à The Devil Inside en passant par Le Dernier Exorcisme, le film de Michael Tiddes met une claque anti-politiquement correcte à tous les films de possession et d’esprit en général. Ghost Bastards s’approprie les codes du genre pour amener l’absurde des situations à son avantage. Il faut bien avouer que certaines scènes sont d’une force hilarante à toute épreuve. On retiendra surtout la séance de spiritisme avec la table de ouija où nos héros se rendront compte que le fantôme est dyslexique. Une découverte qui ne manquera pas d’amener une bonne partie de rigolade à laquelle on s’invitera volontiers. C’est un concept vraiment con, mais on y adhère sans réfléchir et c’est lors de ce genre de séquences qu’on remarque que Wayans a compris ce qui fait une vraie bonne parodie : plus c’est gros, plus c’est tordant ! On regrettera peut-être le sexe beaucoup, beaucoup, trop présent qui aura tendance à lasser par moment. Les copains qui essaient d’entraîner Malcolm dans une partouse ne feront jamais rire. Il y a bien la scène où l’épouse de Malcolm se fait prendre en levrette par un drap qui est assez drôle, mais on se lassera surtout de cet effet comique lourdingue et éculé depuis Scary Movie. Une fois encore, le comparatif avec ce dernier est inévitable et ce qui faisait la surprise dans le premier ne surprendra pas plus ici, pas plus que les pets à outrance même s’il faut bien l’avouer, un bon gros pet bien gras fait toujours sourire quoi qu’il en coûte !

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Côté réalisation, c’est propre, lisse et pas franchement florissant. Mise en scène minimaliste oblige imposée par le found footage, on saluera l’utilisation des webcams qu’on n’avait pas vu ailleurs et qui est propice à certaines séquences assez drôles notamment l’attaque de Keisha lorsque Malcolm se détend sur son ordinateur. Une fois encore, la situation burlesque qui y sera dépeinte fera rire, c’est certain, mais on pourrait reprocher à Ghost Bastards, et c’est inhérent à énormément d’autres parodies, de ne pas renouveler ses gags. A quelques exceptions prêtes, comme la séance de spiritisme et l’interview du prêtre et son exorcisme, on assiste à un énième film où l’on sent que toutes les vannes ont été piquées chez les ZAZ et autres Mel Brooks. En dépit du fait que la référence à ces génies du rire est belle, on s’attend vraiment à beaucoup plus et la signature Wayans aurait pu nous apporter quelque chose de frais.

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Il n’en reste pas moins que Ghost Bastards est un film suffisamment drôle pour passer une soirée sans prise de tête avec ses potes, mais on vous aura prévenu : ce n’est en aucun cas la comédie ultime ! Ne reste plus qu’à espérer que sa suite corrigera les ressorts comiques archi-épuisés du premier opus et proposera, enfin, une ode absurde d’un bel acabit…mais franchement on en doute !

TONYO