Synopsis

Peu de temps après les événements relatés dans Split, David Dunn – l’homme incassable – poursuit sa traque de La Bête, surnom donné à Kevin Crumb depuis qu’on le sait capable d’endosser 23 personnalités différentes. De son côté, le mystérieux homme souffrant du syndrome des os de verre Elijah Price suscite à nouveau l’intérêt des forces de l’ordre en affirmant détenir des informations capitales sur les deux hommes…

L’avis de Valg

Glass est l’une des dernières productions Blumhouse avec aux commandes M. Night Shyamalan. Avec un studio comme celui là côté finance, on était en droit de s’attendre à un film efficace basé sur un concept clair et simple. C’est effectivement le cas avec en surcouche l’esprit inspiré de son réalisateur. En effet, contrairement à de nombreuses productions du studio, Glass est réalisé par un gars qui a de la bouteille et qui, au vu du résultat, a eu les mains libres pour creuser à sa façon le sujet. Très bon choix car le mélange des 2 approches fonctionnent à merveille.

Tout d’abord, il faut savoir que Glass clot et crée à la fois une nouvelle trilogie basée sur le mythe du superhéros dont le premier film serait Incassable réalisé presque 20 ans en arrière et qui rebondit sur le relativement récent Split. Le thème est donc développé sur la base de ses 2 films précédents mais peut à priori se comprendre de manière indépendante. Le tour de force narratif est justement basé sur une double approche possible car on a à la fois une tension mystérieuse destinée au noob qui se demande qui sont ces personnages et quelle sera leur histoire mais aussi sur la connaissance possible et ainsi la multiplication des clins d’oeil spécialement dédiés au fan qui connaît déjà la filmo du réalisateur.

La narration fonctionne parfaitement et ajoute une couche thématique qui permet de développer à la fois une réflexion creusée mais aussi un univers plus large que ce que pouvait offrir chacun des films indépendamment l’un de l’autre. On a donc avec ce film un concept simple trituré dans tous les sens à travers notamment le personnage du psy de service jouée par la singulière Sarah Paulson.

On retrouve la lenteur typique de M. Night Shyamalan sans jamais piqué du nez, le conflit et la tension étant instillés et parfaitement dosés tout au long du métrage. Même les séances de psy sont scotchantes, c’est dire. Cette lenteur est à l’image d’une mise en scène très épurée et cadrée au millimètre faisant de la quasi totalité des plans de petits tableaux à eux seuls appuyant très souvent les silences pesant annonciateurs de quelque chose de plus bluffant que ce qu’on veut nous faire croire.

Point noir cependant de ce déroulé presque parfait, la chute. Là où M. Night Shyamalan nous avait justement habitué à une claque, on tombe un peu des nues. Pas de spoil ici mais petit doute quand au choix presque forcé de la fameuse chute que l’on attendait certainement si l’on connaît le réalisateur. On se demande si celle-ci n’aurait finalement pas pu être évitée. On a d’ailleurs en réalité à faire à plusieurs retournements de situation. Certains subtiles et qui laissent à réfléchir de manière rétrospective sur ce qui a été vu. D’autres presque inutiles quoique offrant au moins un petit tour de force scénique reliant ce film à Incassable.

Globalement peu d’actions réelles rythment le film. La scène finale le confirme d’ailleurs et ce n’est pas hasardeux. Glass est à voir comme un anti film de super héros sauce Marvel cherchant à brouiller les pistes et à comprendre ce que peut être un vrai super héros dans une société nivelée et insipide à l’instar de l’asile du film qui ne renferme que des personnages médicalement abrutis et contraints.

L’avis de Darko

Perso, j’avoue que j’étais un peu perplexe et même méfiant dans ce que j’allais ici découvrir car je fais partie de ceux qui ont été quelque peu déçu par Split. J’avais à l’époque, trouvé que le personnage aux personnalités multiples tel qu’annoncé et mis en avant manquait cruellement de consistance au final. Seules quelques personnalités étaient réellement exploitées de manière inégale, bien loin des 23 personnalités annoncées dans le teasing. C’était pourtant une belle accroche, il faut bien l’avouer.

Du coup, avec Glass, je m’attendais à nouveau à être déçu mais fort heureusement, ce ne fut pas le cas. J’ai, pour ma part, mieux accroché sur cette partie de la trilogie qui creuse davantage les différents personnages en les confrontant les uns aux autres sous l’oeil de la psychiatrie. On a une assez classique dichotomie entre la vision très rationnelle et médicalisée des phénomènes et la vision surréaliste prônée par les intéressés eux-même, revendiquant leur différence à l’instar de superhéros ou comme tu dis, Valg, d’anti-super héros. Le film fonctionne un peu comme une thèse et son antithèse, chaque partie prêchant pour sa paroisse en tentant de convaincre l’autre de sa fausse croyance. Le doute s’installe chez les personnages mais aussi chez le spectateur qui commence à s’interroger. Est-on vraiment dans un film traitant de super héros à l’image d’un Marvel ou de personnages pensant être exceptionnels mais dont les caractéristiques peuvent trouver une explication plus ou moins rationnelle ? Toute la subtilité du film tient justement dans cet équilibre fragile maintenu par le réalisateur et ce, jusqu’au bout.

Le casting n’est pas une surprise et on reprend ici les ingrédients qui vont bien. Les personnages phares sont désormais connus du moins pour ceux qui ont pris le temps de visionner les deux premiers opus de la trilogie.

Je relève la même faiblesse que toi Valg s’agissant du final un peu décevant par son côté trop abrupt. Le suspense aurait pu durer encore un peu mais le réalisateur n’a pas fait ce choix. On nous balance toute la sauce à la fin, le plan est dévoilé mais trop vite. Du coup, le revirement au final ne fait pas son effet et retombe platement. C’est bien dommage car pour le reste, c’est plutôt une bonne surprise et le spectateur passe un bon moment.

Glass reste donc un film assez bien maîtrisé tant dans ses aspects visuels que scénaristiques et de mise en scène. L’ensemble fonctionne plutôt pas mal pour le bonheur des fans du réalisateur.