Synopsis

Laurie Strode est de retour pour un affrontement final avec Michael Myers, le personnage masqué qui la hante depuis qu’elle a échappé de justesse à sa folie meurtrière le soir d’Halloween 40 ans plus tôt.

L’avis de Valg

Avec un pitch aussi efficace, je m’attendais à un direct en pleine poire dans la droite lignée du premier du nom. Le générique de début rend d’ailleurs un hommage non dissimulé au film de John Carpenter gardant la simplicité visuelle et le thème de ce dernier. D’ailleurs on s’apercevra assez vite que le film dans son ensemble se veut une redite du film original, la réussite en moins.

La première partie du film est très bien gérée. Une suite de gros plans répétitifs évoquent une étrange sensation de temps qui tourne en boucle. On comprend rapidement qu’on est dans un environnement clos et dérangeant. Deux journalistes, dont on se tapent assez vite, introduisent cette énième séquelle du tueur masqué. On se retrouve donc dans l’hôpital psychiatrique dans lequel Michael Myers finit ces jours. La rencontre entre nos 2 fouilles merde et notre “héros” est assez flippante faisant planer une aura très particulière autour du croquemitaine. Mais cela, et là est le tour de force, n’est pas aussi flippant que le fait de voir Michael Myers, le mythique tueur masqué sans son masque. Là on se dit ça y est on va découvrir sa trogne vieillit et tout va tomber à plat. Hé bien non. Le réalisateur trouve toutes les astuces du monde pour que l’on garde à l’esprit le masque impassible de notre tueur tant aimé.

Faisant suite à cette belle séquence d’introduction, on découvre tout frétillant Jamie Lee Curtis les cheveux blanchis par les années écoulées en mamie badass au caractère bien trempé. On s’attend alors à du lourd. Cependant n’est pas un Robert Rodriguez qui veut et David Gordon Green qui est certainement un très bon réalisateur ne semble pas du tout dans son élément ici. D’ailleurs lorsqu’on fait le tour de la filmo du monsieur on ne comprend pas bien comment il a pu atterrir sur un projet comme celui ci.

Une fois les excellentes présentations des principaux personnages passées, le film retombe quasi complètement à plat. La mise en scène n’est plus inspirée, digne d’un téléfilm américain daté. Les dialogues mériteraient qu’il y ait un problème de sons et le scénario est une compilation de séquences typiques de cette franchise… sans le concept fort de l’original.

Quand on voit que Miramax et Blumhouse se sont associés, on peut effectivement s’attendre à ce qu’il y ait une petite course au fric mais là ça en devient caricatural. Même les scènes “gores” sont là pour faire sursauter sa copine en mal d’émotions fortes. Même s’il était imparfait la réinterprétation d’Halloween de Rob Zombie avait le mérite de ne pas faire de concession et de se concentrer sur l’aspect brutal et froid des meurtres de Michael Myers. Ici cela fait partie d’ingrédients timidement saupoudrer histoire de ne pas trop choquer sa petite audience curieuse de voir un popcorn movie…

On ne s’étendra pas sur les deux autres personnages féminins de la famille de la mamie tant ils sont insignifiants. Là encore on aurait légitimement pu s’attendre à une exploitation inédite dans la franchise d’un groupe soudé héritant de la malédiction de Laurie Strode. C’est un peu le cas à la fin mais vraiment parce qu’il fallait en faire quelque chose de ses dames. Aucun arc aucune substance. En résumé les personnages sont là parce qu’il en faut dans un film.

En conclusion c’est un film à prendre pour ce qu’il est, un popcorn movie à suivre entre 2 pelles à des lieux de La nuit des masques le seul le vrai.

L’avis de Darko

En 1978, John CARPENTER donnait naissance à l’un des slashers les plus redoutables de l’histoire du cinéma horrifique. Un film à la fois simple, direct et incisif, d’une efficacité remarquable. Evidemment, des chefs d’oeuvre comme La nuit des masques, on en redemande mais voilà, à trop vouloir exploiter le filon, on finit par en faire une daube réchauffée.

Cet énième Halloween est de mon point de vue, bien décevant en comparaison à ce qu’on aurait pu espérer pour ses 40 balais. L’idée de revenir sur le mythe 40 ans plus tard aurait pu être une belle occasion de rendre un vrai hommage au tueur masqué. Au lieu de ça, on se retrouve avec une pâle copie de l’original en nettement moins aboutie et surtout, qui n’apporte strictement rien à la saga. On reprend les ingrédients à l’identique et on refait la mayonnaise mais voilà, cette fois-ci ça ne prend pas.

Je te rejoins Valg sur le côté insignifiants des personnages largement sous exploités en particulier Jamie. Le réalisateur a pour notre plus grand malheur, choisi la facilité et cela lui coûtera son film. Même s’il ne s’agit pas d’un remake, on ne peut s’empêcher de faire une comparaison avec des scènes de La nuit des masques tant ce nouvel opus (le 11ème tout de même) flirte méchamment avec l’original.

David GORDON GREEN n’évite aucun écueil et fonce droit dans le mur dès le démarrage. Si un certain suspense s’installe quelque peu autour du personnage de Michael vieilli au tout début, l’arrivée des journalistes bidons vient tout bousiller et le ton merdique est donné dès le départ. Même les cinglés de l’asile n’en pouvaient plus et se sont mis à gueuler tous en choeur. La scène du début où le journaliste tente en vain de faire parler notre tueur frise le ridicule, pathétique. Cette première vague impression de maladresse va malheureusement se confirmer au fil du visionnage. Le psychiatre qui finit par prendre fait et cause pour son patient préféré est peu crédible et ne fait pas du tout l’effet escompté (j’imagine que l’effet recherché était de faire un rebondissement créant une surprise).

D’une manière générale, les effets ne font pas mouche dans ce film. On ne sursaute pas, on ne réagit pas. On attend juste que ça passe un peu comme un mauvais moment. Les quelques scènes gores pas franchement mauvaises ne suffiront pas à rattraper les faiblesses trop importantes de ce film.

La fin est carrément bâclée avec un pauvre MYERS qui se fait malmené par une mère et sa fille, en réalité, la famille mais là encore, le réalisateur loupe une belle occasion de créer et de mettre en exergue ce lien de famille avec le tueur. Dans le film, on a l’impression que toutes les victimes sont relayées au même plan. On ne fait aucune différence et le final qui met en scène les trois générations n’est pas à la hauteur de ce qu’on aurait pu imaginer si le talent était passé par là.

Pour conclure, un film dénué d’intérêt et qui n’est absolument pas à la hauteur de son indétrônable prédécesseur. La saga aurait gagné à s’arrêter aux deux remakes signés Rob ZOMBIE qui tire nettement mieux son épingle du jeu.