synopsis

Pour ne pas vous gâcher la surprise et le plaisir, contrairement aux synopsis que l’on peut trouver un peu partout, je vais éviter de vous spoiler d’entrée. Lisa est une jeune ado un peu rebelle qui vit avec ses parents et son petit frère dans un pavillon du fin fond de l’Ontario. Cette baraque est hantée par les terribles atrocités qui y ont eu lieu par le passé. N’écoutant que son courage, Lisa décide de mener l’enquête… Avec un pitch comme celui-là, on ne peut qu’être surpris par ce film !

la critique

Le film se divise en deux grandes parties. La frontière entre les deux est un événement clé. Comme parfois, voire souvent malheureusement, il est difficile de transformer l’essai d’un concept original, de mener l’idée de bout en bout sans fausse note. Vincenzo y était presque. Le titre du métrage annonce la couleur : Haunter. Si on parle un tant soit peu la langue de Shakespeare, on sait de quoi le film parlera dans les grandes lignes. Mais son concept de base casse les codes des films habituels de fantômes. Natali a cette qualité et cette curiosité d’explorer des genres (huis-clos SF, comédie absurde, Thriller, Monstres…) avec une volonté d’originalité tout en gardant tout de même dans sa mise en scène quelques poncifs.

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Cette première partie est là pour poser l’ambiance et comme dans tous ses films, Natali excelle dans ce domaine. C’est étouffant et anxiogène. Tout l’action se situe dans cet espace clos qu’est la maison de famille mais personne ne peut sortir de ce pavillon plongé dans un brouillard épais rappelant The Mist dont Valgur nous a livré la chronique. D’autres références évidentes viendront constituer ce film. Les premières minutes font immédiatement penser à Un jour sans fin avec l’inénarrable Bill Murray qui revivait sans cesse la même journée. Mais là où nous avions une comédie où le principal protagoniste tirait parti de cet état de fait, nous avons ici une version horrifique où à l’inverse Lisa (brillamment interprétée par Abigail Breslin, “Little Miss Sunshine”) ne fait que subir et se retrouve totalement prisonnière de son quotidien, sans aucun échappatoire. Un deuxième niveau de lecture nous donne à voir les difficultés de la vie d’une adolescente, le sentiment d’incompréhension de sa famille, son mal-être existentiel et tutti quanti.

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Une première partie qui tient donc toutes ses promesses mais une fois que l’on a posé le décor il faut raconter une histoire et tout le problème est là. Le film retombe complètement à plat pour devenir une histoire classique de revenants et de tueur en série (incarné par le charismatique Stephen Mchattie). Pour casser cela, Natali va user de différents subterfuges scénaristiques qui vont vite devenir gonflants. Mondes parallèles, possessions, thriller…Natali en fait trop et perd en chemin tout ce qui faisait la qualité et l’intérêt du début.

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Là où Les Autres d’Amenabar remplissait parfaitement sa mission, Haunter, sur un concept assez similaire reste à la traîne et ne semble pas vraiment abouti malgré une mise en scène et une direction artistique soignée. Ce film est visuellement plutôt réussi, part d’un concept plus qu’intéressant avec des comédiens à la hauteur mais se retrouve bancal finalement à cause de la négligence de la fin du scénario. Pour ceux qui s’attendent à mouiller leur pantalon de terreur, passez votre chemin, car Haunter n’a absolument rien de terrifiant. Quelques jump scares sans intérêt essayent de changer la donne mais rien n’y fait… et c’est un peu le comble d’un film de fantômes. Cela reste tout de même un film plaisant à regarder (si vous en avez l’occasion), il est honnête mais assez décevant contenu du talent de Vincenzo Natali.

FONZI