Avec

 John Carpenter, Joe Dante, Greg Nicotero, Corey Taylor ...

Année :

 2019

Pays :

 États-Unis

Durée :

 244 min

Genre :

 Épouvante, horreur

Production :

 CreatorVC Studios, Kickstarter

La sentence
 
C'est bonnard !

In Search of Darkness est un film documentaire de 2019 écrit et réalisé par David A. Weiner : cinéaste, éditeur d’un magazine en ligne, podcasteur et journaliste primé. À la production c’est Robin Block de CreatorVC Studios. In Search of Darkness a d’abord commencé comme une campagne de financement participatif sur Kickstarter en octobre 2018, et le projet a atteint son objectif initial en deux jours. Il a continué à amasser 99 478 £ en promesses de 1 532 backers sur Kickstarter, avant de migrer plus tard vers Indiegogo en mars 2019, où il a levé plus de 234 300 £. Les soutiens du projet ont eu droit à une sortie exclusive en 2019. Vous pouvez retrouver l’historique de la campagne Kickstarter via ce lien.

In Search of Darkness

Le film explore le développement et l’impact durable des films d’horreur pendant la décennie des 80’s et propose des entretiens avec de nombreuses icônes de l’horreur de cette époque ainsi que certains “influenceurs” d’horreur populaires du pays de l’Oncle Sam.

Pendant plus de 4h, In Search of Darkness présente un casting incroyable de plus de 45 contributeurs dont John Carpenter (Réalisateur – The Fog, The Thing, They Live, Prince des Ténèbres), Heather Langenkamp (Actrice – Franchise A Nightmare on Elm Street), Doug Bradley (Acteur – Pinhead dans la franchise Hellraiser), Kane Hodder (Acteur – Jason dans Vendredi 13 VII à X), Barbara Crampton (Actrice – Re-Animator, From Beyond), Joe Dante (Réalisateur – Hurlements, Gremlins, Les Banlieusards…), Brian Yuzna, Stuart Gordon et de nombreux autres…

Objet filmique surfant sur la vague actuelle du revival 80’s, on aurait pu craindre un énième produit marketing tardif répétant des recettes éculées, noyé dans un fond sonore synthwave à la Carpenter Brut. C’est bien entendu un objet marketing qui surfe sur une tendance nostalgique matinée de synthwave. Mais bon dieu que c’est bon.

Ce documentaire est très bien rythmé et jamais ennuyeux malgré sa durée assez conséquente (scindée en quatre parties). C’est comme une capsule temporelle avec un catalogue des films d’horreur les plus marquants de la décennie.

David A. Weiner parvient à nous faire retomber en enfance avec sobriété, dynamisme et sincérité. Pour cela, c’est en mettant sous les feux de la rampe les principaux protagonistes de cette décennie foisonnante, qu’il touche juste. Le réalisateur s’efface pour faire parler une époque. 

John Carpenter, Doug Bradley, Tom Atkins, Keith David
John Carpenter, Doug Bradley, Tom Atkins, Keith David

En effet, aucune voix off ne mène cette production. L’essentiel est basé sur une simple progression chronologique facile à appréhender et créant par là même un horizon d’attente chez le spectateur geek. À chaque nouvelle date et pépites évoquées, on espère secrètement voir ressortir des cartons les cultes de l’année suivante. Et la formule fonctionne à merveille. C’est un peu comme si on déballait de multiples paquets cadeaux par une présentation récurrentes d’affichettes sur laquelle un focus vient en mettre une en avant.

Tous les cultes de l’époque sont présents. Chacun d’eux est savamment évoqué dans un montage qui mêle avec naturel anecdote, analyse courte et extrait jouissif. Cassant cette structure qui aurait pu sembler trop linéaire, des thématiques diverses et larges telles que l’apport du son, les effets spéciaux ou encore la place du héros dans ces histoires permettent des zooms super intéressants et incontournables dans le cinéma de genre de cette époque.

Ce n’est donc pas un angle de vue spécifique qui est choisi pour “lire” cette décennie. C’est pourquoi une voix off n’aurait pu fonctionner. Là où beaucoup se seraient édentés, David A. Weiner parvient à une exhaustivité passionnée, du moins dans le cadre strict d’un cinéma de genre quasi exclusivement américain, s’adressant à des passionnés qu’on soupçonne nostalgiques. Il joue d’ailleurs très bien de cet esprit passéiste en évoquant malignement au travers de ces intervenants un “c’était mieux avant”. On parle effectivement de films parfois amenés à disparaître faute d’éditeurs, d’espaces d’échanges disparus connus sous l’obscure nomination de “vidéo club”, de créativité débridée et bien entendu de fx vieille école “in camera” comme on en voit presque plus actuellement. Le réalisateur, par une comparaison d’époque assez subtile, titille notre corde sensible de vieux quadra nostalgique.

An American Werewolf in London (1981), A Nightmare on Elm Street (1984), Society (1989), Fright Night (1985)
An American Werewolf in London (1981), A Nightmare on Elm Street (1984),
Society (1989), Fright Night (1985)

Tout le monde peut y trouver son compte : du simple amateur qui va sans nul doute faire des découvertes au fan hardcore qui peut redécouvrir certains films et probablement en apprendre un peu plus. Et détail qui a son importance, la qualité d’image des extraits est excellente !

Mais le film, loin de ressasser un passé révolu, et par sa passion créative et son amour du genre, insuffle une énergie qui vous pousse à découvrir ou redécouvrir des histoires, des techniques et une approche du cinéma salutaire pour une production contemporaine. Il faut de ce fait garder en tête qu’il n’a jamais été aussi facile de diffuser et de produire un contenu créatif sans contrainte qu’aujourd’hui.

C’est un incontournable dans la lignée de la série de documentaires : “Eli Roth’s History of Horror”.

L’essence du film est en résumé de nous rappeler l’esprit particulier et foisonnant d’une époque. Et en cela, au-delà d’un passéisme stérile,  In Search of Darkness nous convainc que tout passionné peut participer à la construction d’une Histoire et au partage d’un langage commun. Alors, Messieurs Dames, à vos latex et vos colorants alimentaires !

Ce documentaire est disponible à partir du 22 janvier 2021 sur la plateforme de streaming Shadowz. Et sauf erreur, ce sont les seuls à le proposer alors foncez !

LA SECTE

Bande-annonce d’In Search of Darkness

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