Synopsis

Deux éducateurs sont chargés d’accompagner quatre jeunes délinquants dans un village paumé au milieu de la cambrousse pour tenter de les remettre sur le droit chemin en favorisant l’esprit d’équipe autour d’un projet de rénovation d’une vieille bâtisse. Mais cette belle initiative éducative va tourner au vinaigre lorsque notre fine équipe rencontre les habitants du coin aux mœurs quelque peu étranges…

La critique

C’est tout à fait par hasard, en cherchant une idée pour ma prochaine publication, que je suis tombé sur Inbred. Ce petit film britannique au titre évocateur (inbred signifie inné, consanguin) a suscité ma curiosité et je décide donc de le visionner. Dès les premières minutes, une petite scène gore vraiment sympa en guise d’amuse-bouche ouvre l’appétit du spectateur qui se félicite déjà d’avoir fait un bon choix. Puis viennent les 30 minutes un peu longues où il ne se passe pas grand-chose mais c’est là le prétexte pour installer les personnages et poser le cadre. L’action ne s’est pas encore invitée mais l’on sent déjà le potentiel notamment lorsque le groupe atterrit dans le seul pub du coin qui porte bien son nom, le « Dirty Hole » (Trou sale) et fait la connaissance des locaux. Le choc culturel est amusant. Le ton humoristique du film est résolument affirmé et produit son effet.

Pour en revenir aux personnages, même si le jeu des acteurs n’est pas des plus transcendent, le casting demeure efficace et chaque personnage comporte suffisamment de consistance pour que le spectateur s’y attache. Parmi les jeunes, on trouve la jeune fille introvertie, le dur à cuire bien lourd, le jeune cool attitude et le nerveux. Quant au duo d’éducateurs, il est lui aussi bien pensé avec deux personnalités bien opposées. On a le gentil éducateur un peu coincé, plein de bonnes intentions, soucieux de respecter les règles et qui y croit à mort à la réinsertion. De l’autre côté, on a une éducatrice plus lucide et dégourdie n’hésitant à pas se permettre quelques écarts pour être en accord avec les jeunes. Au final, on a l’impression d’assister à un week-end en famille avec papa, maman et les mioches qui n’en font qu’à leur tête.

Inbred d'Alex CHANDON (2011) | Critique

Passé la première demi-heure, le film bascule soudainement dans un registre à la fois flippant et loufoque. C’est à ce moment que le spectateur fait pleinement connaissance avec la bande de dégénérés congénitaux peuplant ce village. A partir de cet instant, le spectateur se trouve convié à un spectacle du genre cirque d’un autre genre. Les numéros auxquels on assiste sont prétextes à de très belles scènes gores agrémentées de quelques notes salaces. Il faut avouer que le réalisateur a eu l’imagination bien fertile et s’est fait plaisir pour notre plus grand plaisir. Les effets spéciaux sont particulièrement réussis. Pour exemple, je vous laisse imaginer ce qu’il est possible de faire avec un cheval, une carotte et un jeune qui a perdu sa cool attitude depuis qu’un taré lui a enfoncé deux bâtons dans les trous de nez. A propos de bâtons enfoncés dans des trous, la référence au sexe est ici quasi omniprésente (frustrations de ces villageois en manque ou simplement penchant pervers et sadique ?). Du magazine porno à connotation zoophile sur lequel se branle l’un des péquenots aux nombreux symboles phalliques utilisés (carottes, courgettes) en passant par le masque-gode de l’un des animateurs du cirque ou encore les diverses allusions (essayez un peu de compter le nombre de fois que le mot « obscène » est prononcé à la minute au cours du second numéro de cirque), il est évident que ces tarés sont également de gros obsédés sexuels.

Inbred d'Alex CHANDON (2011) | Critique

La bascule est totale entre l’ambiance légère du départ et la dimension tragico-cirquesque (pas sûr que ce mot existe mais j’en trouve pas d’autres) dans laquelle le réalisateur nous plonge subitement. La tragédie que va vivre le groupe aura pour effet de souder les membres qui étaient jusque-là comme des électrons libres. Mais pas pour très longtemps puisque tous vont se faire dégommer les uns après les autres. Je vous entends penser et vous dire « mais il y a toujours une happy end, un qui s’en sort dans l’histoire »… Eh ben, non. Dans Inbred, le spectateur y croit jusqu’au bout mais tous les gentils y passeront. La dernière explose sur une mine à cause d’un satané furet juste après que la pauvre éducatrice se soit fait charcuter la main, tronçonner le pied et exploser la tête. Voilà un peu le genre de festival auquel le spectateur d’Inbred pourra assister.

Inbred d'Alex CHANDON (2011) | Critique

Les références sont ici assez évidentes. On retrouve dans Inbred, un peu du classique Massacre à la tronçonneuse de Tobe HOOPER pour la famille de tarés et le mec à la tronçonneuse, de Bienvenue au cottage de Paul Andrew WILLIAMS pour le mélange d’humour british et de gore. L’on pourrait même citer le cultissime La Maison des 1000 morts de Rob ZOMBIE pour le côté loufoque et lubrique. Le pater familias de Inbred qui fait aussi office de Maitre de cérémonie fait un peu penser au Captain Spaulding par certains côtés. Pour le scénar qui n’est, il est vrai, pas d’une très grande originalité (un groupe se trouvant pris à partie par une bande de dégénérés), on pense aussi ici à la saga Détour mortel qui fera d’ailleurs l’objet d’un petit dossier concocté par mes soins prochainement. Enfin, pour couronner le tout, la famille de pedzouilles possède aussi sa petite balade country qui sonne bien et reste en tête.

Bref, vous l’aurez deviné, j’ai bien apprécié ce film qui comprend vraiment tous les bons ingrédients pour vous faire passer un agréable moment. Que le spectacle commence !:)

DARKO