Nous avons été invités à l’Aquarium du Trocadéro à Paris pour l’avant-première du film Instinct de survie (The Shallows) qui sort dans nos salles le 17 août 2016. Après la visite des lieux et un petit apéro dinatoire, direction la salle de projection pour 1h30 de Blake Lively en bikini. Le pitch : Nancy surfe en solitaire sur une plage isolée lorsqu’elle est attaquée par un grand requin blanc. Elle se réfugie sur un rocher, hors de portée du squale. Elle a moins de 200 mètres à parcourir à la nage pour être sauvée, mais regagner la terre ferme sera le plus mortel des combats… Qu’en est-il ?

Valg : Dans un contexte assez intimiste, je craignais une projection au rabais. Ce n’est pas du tout le cas. L’image et la proximité de l’écran étaient parfaites et le son vraiment très bon.

Pour parler du film, on est face à une production complètement maitrisée. Comme le surf est la toile de fond de ce film de survie, on a un cadre qui se prête, peut être un peu trop d’ailleurs, à des plans magnifiques en ouverture. Les scènes de surf sont très bien rendues et particulièrement bien appuyées par le sound design.

Le soucis reste que c’est un peu gadget pour lancer l’histoire. Mais une fois que celle-ci commence, on est bien accroché à son fauteuil.

Instinct de survie

Fonzi : Concernant le contexte de la projection, je m’attendais à une salle plus grande, plus classique. Mais comme tu l’as dit, ça donne un côté intimiste plutôt sympa. On se sent un peu comme à la maison avec notre propre home cinema. Personnellement je n’ai pas l’habitude d’être assis si près de l’écran mais les dimensions de celui-ci n’étant pas non plus démesurées, on se retrouve immergé dans le film à tenter de survivre avec la belle blonde depuis notre fauteuil.

C’est vrai que cette production est maîtrisée, les effets spéciaux sont plutôt réussis dans l’ensemble hormis un détail qui m’a un peu chiffonné pendant les scènes de surf. C’est biensûr une doublure qui exécute les scènes et ils ont donc recollé numériquement la face de Blake Lively sur la doublure. C’est similaire à ce qu’ils ont essayé de faire dans ce clip du groupe Stuck In The Sound avec les visages du groupe (https://youtu.be/1bG6uA7ln-c). L’idée est sympa en soi…quand c’est parfaitement exécuté. Dans le film on peut très bien passer à côté mais dès qu’on le remarque, c’est gênant je trouve. Je ferme cette petite parenthèse. Tout cela pour dire que tu peux faire un gros nanar avec de bons effets spéciaux (cf Sharnado), ce n’est pas gage de qualité. Entre le jump du requin pour croquer un mec (qu’on peut apercevoir dans une bande annonce) et la façon dont finit le squale, on n’est pas loin du gros nanar pour moi.

Instinct de survie

Il y a aussi un aspect très lisse dans ce film, notamment au début. Peut-être pour contraster avec la partie « survie », toute la première partie ressemble à une vidéo ultra léchée de sports de glisse sponsorisée par Red Bull où l’actrice ne cesse de prendre la pause, de s’enduire de crème solaire au ralenti, de nous éblouir la gueule avec son sourire ultra bright la petite brise dans les cheveux sur fond de musique de fête foraine ou de discothèque branchée… On a aussi les passages où elle utilise son téléphone mobile qui se veulent originaux. Le contenu du son écran s’affiche comme un hologramme dans les airs avec un gros plan sur ses pieds marchant dans le sable fin… On se croirait dans une pub pour SFR ou Bouygues. Passée cette première partie peu enthousiasmante, hormis pour ceux (ou celles) qui souhaitent se rincer l’oeil, on rentre enfin dans le vif du sujet. Et comme tu dis on est pris par cette histoire et la situation de cette nana prise au piège sur un bout de rocher pendant les 3/4 du film. Comme pour le film 127 heures, on est tenu en haleine avec presque rien. Le choix de Blake Lively n’est pas totalement inintéressant dans le sens où cette fille est juste un canon et le réalisateur prend un malin plaisir à casser cette apparente beauté et à littéralement la bousiller tout au long de son film…

Instinct de survie

Valg : Je suis d’accord avec toi, il y a un côté un peu trop pub sur la première demi heure. Après l’intérêt peut se trouver dans le contraste de ton. Les persos sont jeunes, beaux, épilés, bref regroupent les clichés qui ont cours actuellement. C’est probable que Jaume Collet-Serra ait joué de ça. Malheureusement, comme on ne décèle pas de second degré évident, ça reste de l’ordre de la supposition. Mais c’est quand même marrant de voir le premier surfer se faire croquer d’un coup. J’ai trouvé la scène assez tendue et jouissive.

Même si le métrage n’est pas original, je trouve la tension vraiment efficace. C’est très bien dosé. Ce n’est pas évident de tenir un film sur la base d’un personnage. Jaume arrive à pousser ses séquences jusqu’à la limite ou l’ennui risque de pointer le bout de son pif et bim il trouve un petit quelquechose qui va lancer l’histoire dans une autre direction.

Instinct de survie

Le film aurait mérité comme tu l’as dit d’être moins lisse, de prendre plus aux tripes. Je pense notamment à la mouette qui devient le compagnon d’infortune de notre charmante héroine. Il y a avait de quoi faire quelque chose de mortel avec cet oiseau dans la mesure ou le lien avait été créé. Mais non, l’équipe a préféré le happy end à la disney. Je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler mais c’est le passage qui m’a clairement déçu.

On est pris, c’est clair mais ça reste du divertissement très superficiel. La mise en scène est à la fois élégante et nerveuse mais ce qui n’en fait finalement qu’un bon produit lambda c’est son manque de prise de risque.

Concernant l’effet de doublure, j’avoue ne pas l’avoir vu. Ceux qui liront cet article avant de voir le film ne manqueront pas de mettre le doigt dessus maintenant. On pourra comparé les points de vue.

Si vous avez trouvé cet article intéressant, pensez à y laisser un like car cela nous aide à créer du contenu adapté à vos attentes. Merci !

LA SECTE