On a profité d’une rétrospective complète sur l’oeuvre de Wes Craven à la Cinémathèque française pour se trouver avec l’équipe et assister à l’unique projection du film. La cinémathèque n’essaye pas de nous appâter avec des goodies imaginaires à gagner, non elle fait dans la sobriété et n’attire principalement de ce fait que des aficionados. Le site web annonce la couleur : « Film réalisé pour la télévision. Copie vidéo rare, en état médiocre ». Mais il en faut plus pour nous décourager…

Darko : Je ne connaissais pas ce film de Wes Craven et j’avoue que j’étais assez sceptique sur ce que j’allais découvrir. Et bien au final, je m’attendais à bien pire. Bien évidemment, un film à replacer dans son époque avec tout ce qui va avec les années 80. Niveau visuel, il ne faut pas s’attendre à du HD:) Même s’il n’est franchement pas transcendant, le film pose un cadre et une ambiance qui accroche le spectateur assez vite. Et on se surprend à suivre l’évolution de la petite famille au travers d’un scénario bien ficelé où tout élément semble s’imbriquer petit à petit tel un puzzle jusqu’au dénouement final assez délirant niveau effets spéciaux. Au fond, le film fait la satire d’une société où chacun coure après le fric et le pouvoir quitte à se damner pour parvenir à ses fins…

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Fonzi : Moi j’étais sceptique pour le côté « téléfilm ». On ne mettait pas à l’époque (en 1984) les mêmes moyens qu’aujourd’hui dans les productions TV. Et pour être honnête j’avais intérieurement une petite réticence à payer une place de cinéma pour voir un téléfilm. Et finalement je n’ai aucun regret. Comme toi Darko, compte tenu de mon scepticisme, j’ai plutôt eu une bonne surprise. Il faut le voir finalement pour ce qu’il est, un téléfilm des années 80 et non un chef d’oeuvre intemporel du 7e art, et donc baisser son niveau d’exigence selon moi. En plus ce téléfilm aura certainement eu le mérite de donner les moyens à Craven de nous livrer les Griffes de la Nuit peu de temps après. La séquence d’intro de film est monumentale ! Un monument du kitsch assez jouissif et drôle selon moi. Le dénouement est totalement surréaliste et nous montre un cosmonaute armé d’un faisceau laser se baladant dans la caverne du diable qui finit par atterrir dans un monde parallèle aux couleurs totalement psychédéliques. Personnellement j’adore quand ça part en vrille comme ça. C’est totalement inattendu. Le reste du film est sur un ton résolument différent. Mais l’écriture est plutôt réussie et je suis d’accord avec toi, on est accroché et on a envie de savoir ce qui va arriver aux personnages et comprendre ce qu’est ce foutu club. Il y a certaines ficelles scénaristiques un peu grosses comme le fait que le père de famille travaille à une combinaison spatiale parfaitement adéquate à la survie en Enfer. Ca manque un peu de subtilité … C’est vrai que la satire sociale est présente, c’est intéressant les doubles lectures comme ça. C’est un aspect qui a totalement disparu de la nouvelle génération de films d’horreurs non ?

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Valg : C’est un aspect qu’on retrouve encore un peu dans certaines productions. Je pense notamment à la franchise des American Nightmare, mais j’ai l’impression qu’actuellement c’est plus la surenchère de violence et de gore qui prime. D’ailleurs les films qui surfent sur la vieille vague de la satire sont souvent des films hommages aux réalisations des années 80. Concernant l’écriture, on est dans de la narration calibrée tv, Le but est de toucher un public large qui va suivre l’histoire sans doute possible. Ca a le mérite d’être efficace à défaut d’être subtil. Clairement ce n’est pas le chef-d’oeuvre ultime de Wes Craven mais c’est parfaitement maitrisé. Et le côté kitsh est curieusement assez rafraichissant. Comparé au contexte de l’époque, je pense qu’on profite d’un double regard. On a celui du spectateur de l’époque qui s’accroche à l’histoire parce qu’elle est bien racontée et, de ce point de vue, elle est indémodable. Et on a également celui du spectateur actuel qui se plie en quatre quand il voit la scène d’ouverture, mémorable tellement elle est dépassée.

Et dans une perspective de recul, c’est toujours marrant de reconnaître des acteurs d’anciennes réalisations qui ont marqué une génération. Je pense notamment à l’actrice de la série Punky Brewster qui joue ici l’un des 2 enfants du couple malmené. Perso j’ai passé un bon moment alors que comme vous, malgré une certaine curiosité, j’étais un peu en flippe.

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