Synopsis

C’est la rentrée pour Jay, une étudiante de 19 ans qui entend bien profiter de ses plus belles années. Mais juste après un premier rapport sexuel avec son petit copain, Jay a le malheur de découvrir que celui pour qui elle a craqué est animé par d’inavouables intentions… Quelque chose a changé dans sa vie, une présence semble la suivre pas à pas peu importe le lieu où elle se trouve… Flippée, elle tente, avec l’aide de ses amis, de trouver un moyen de lui échapper… Et si cette omniprésence était bien réelle et non le fruit de son imagination… ?

La critique

It Follows est le deuxième film du Festival que je choisis de visionner après le film The canal dont vous trouverez critique livrée par l’ami Valgur sur ce blog. Pour It Follows, c’est moi qui m’y colle. D’emblée, je me dis que vu l’enthousiasme suscité par le premier film franchement excellent, il y a quelques risques d’être déçu. Alors qu’en est-il ? Et bien je serais tenté de dire, pour blaguer, que It Follows aurait pu s’apparenter à une parodie sur la prévention des maladies sexuellement transmissibles et ce, d’autant plus que la mst qui circule dans ce film est particulièrement coriace et qu’une simple capote ne suffirait certainement pas à empêcher sa transmission. Une fois contaminé, un seul moyen de s’en sortir c’est de coucher le plus vite possible afin de la refiler à son malheureux partenaire… Sympa pour bien débuter une relation ! Bref, voilà donc l’idée et par conséquent, le fil conducteur qui va nous guider tout au long de ce film qui, l’on s’en rendra vite compte, n’est en rien une parodie.

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Dès les premières scènes, le spectateur éprouvera une vague impression de déjà-vu. Et pour cause, les références semblent ici évidentes. Le démarrage avec une jeune fille sexy et apeurée par on ne sait quoi qui file en trombe avec sa bagnole pour atterrir sur une plage déserte où elle se fait trucider de manière brutale et mystérieuse… Belle entrée en matière me direz-vous. On pense ici au décor planté pour le Halloween de John CARPENTER. Le scénar’ brodé autour de la thématique de la malédiction qui se transmet constamment rappelle quant à lui, la saga Destination finale. Alors It Follows n’est-il qu’un film hommage à ses prédécesseurs ? Par certains aspects, assurément mais pas uniquement. Le réalisateur a ici la finesse de distiller en plus des éléments d’originalité au travers notamment d’une ambiance pour le moins singulière qui permet au spectateur de se détacher progressivement des références et des classiques du genre. Même s’il est vrai que la thématique explorée ici ne brille pas par son originalité (ainsi, la présence maléfique se situe vaguement entre le zombie made in ROMERO et le fantôme façon japonaise), il n’en demeure pas moins que le film est captivant et parvient à garder le spectateur accroché jusqu’au final malheureusement un peu bâclé comme c’est souvent le cas. Dans It Follows, le réalisateur parvient efficacement à créer une ambiance à la fois angoissante et mélancolique en jouant sur les peurs, doutes et incertitudes d’adolescents un peu paumés, en quête d’amour, de bonheur ou d’avenir meilleur. L’arrivée de cette mystérieuse malédiction créée une belle pagaille au beau milieu de cette bande de potes et va, au passage, exacerber les passions, les pousser à une solidarité sans faille renforçant par là même, leur amitié et révélant, pour certains, des sentiments amoureux gardés jusque- là, secrets. Ce film pourrait ainsi se concevoir comme une belle petite fable sur l’amitié et la solidarité face aux épreuves de la vie qui a l’air de se dérouler, dans ce film, en dehors du temps. Jay a ici, cette chance d’avoir des amis fiables sur qui elle sait pouvoir compter et ces derniers ne la décevront pas quitte à y laisser leur propre vie. La notion de sacrifice est clairement mise en avant dans ce film ce qui contribue à le rendre à la fois attachant et poignant.

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Visuellement, les effets demeurent efficaces sans basculer dans l’excès gore ou kitch. La bande-son accompagne parfaitement l’image en lui donnant une belle ampleur contribuant à l’efficacité des effets. L’on pourra relever au passage quelques belles scènes comme celle de la piscine. D’autres instants seront propices à générer de la tension et quelques frissons notamment lorsque le décor se veut menaçant et que l’œil du spectateur ne peut s’empêcher de guetter l’arrivée de la présence maléfique pouvant revêtir n’importe quelle apparence physique. Le casting jeune mené tambour battant par la jeune Jay (alias Maika Monroe) impulse énergie, fraîcheur et dynamisme si bien que le spectateur, compatissant devant la situation de la malheureuse, se demande vraiment si elle va garder, pour elle, son lourd fardeau ou bien si elle va céder et tenter de refiler sa vilaine malédiction à une pauvre âme errante… Pour le savoir, je vous laisse visionner par vous-mêmes et me dire en commentaires, ce que vous en avez pensé ! N’oubliez pas de cliquer sur j’aime et/ou tweeter cet article s’il vous a plu.

DARKO