Avec

 Joaquin Phoenix, Robert De Niro, Zazie Beetz

Année :

 2019

Pays :

 États-Unis

Durée :

 122 min

Genre :

 Thriller psychologique

Production :

 DC Entertainment, Warner Bros.

La sentence
 
Chef d'oeuvre
Bande-annonce

L’avis de Valg

A l’annonce d’un énième film de DC mettant en scène cette fois-ci un vilain, on pouvait être très perplexe quant à la capacité de ces géniteurs à nous pondre un film à la hauteur de son (anti) héros. Personnage emblématique de l’éternelle saga Batman, le joker ne nous a montré un visage cinématographique digne d’intérêt que dans le Dark Knight de Christopher Nolan alors interprété de façon magistrale par le regretté Heath Ledger. Et lorsqu’on fait le point sur la piètre qualité des dernières productions ciné de l’association DC / Warner qui peine terriblement à s’élever à la hauteur de l’univers Marvel, j’avais de quoi être très sceptique.

J’avais cependant déjà eu quelques échos plutôt positifs des premières projections. Étant plutôt amateur de comics de l’éditeur et ayant évité le visionnage du m’a-t-on-dit carrément raté Suicide Squad, je suis allé le découvrir avec une certaine curiosité et sans trop d’à priori. Grand bien m’en a pris ce jour là car Joker est une pure réussite sombre et dépressive à l’image de ce qu’est finalement le Joker, personnage faussement hilarant à la poursuite vaine d’une joie inexistante dans une Gotham crasse et corrompue.

Le choix surprenant de son réalisateur, Todd Phillips, plus habitué à un Very Bad Trip potache qu’aux super productions clinquantes, est novatrice et très bien senti. Car ce n’est pas un film de super héros que l’on nous narre. C’est un drame tout à fait ancré dans notre actualité. Joker nous raconte l’histoire d’un pauvre gars souffrant d’un handicap sujet à quiproquo, la tête pleines de rêves finalement farfelus et désespérés au vu de sa condition qui ne l’est pas moins. Le spectateur le sent alors que son héros, lui, garde espoir au fil de ses déboires. En effet, rien ne lui réussit. Le mec enchaine les merdes jusqu’au moment où l’inévitable se produit. 

Et pourtant, il ne s’agit pas de turning point classique avec une prise de conscience et une prise en main ferme de l’histoire par le héros, si ce n’est peut être sur le dernier tiers où la vie fantasmée s’efface complètement pour laisser place à une réalité toute autre. Cette histoire me rappelle un Forrest Gump sous acide dans laquelle le personnage principal se laisse happé par les événements sans jamais en avoir le contrôle. Si ce n’est peut être à la fin ou un ultime choix s’impose qui n’est pas celui à priori de notre clown suicidaire qui rêve le réel jusqu’à son semblant de clairvoyance.

C’est alors que le personnage montre son vrai visage dont il ignorait lui même l’existence. Discipliné dans sa volonté de toujours voir les choses du bon côté, Arthur Fleck devient Joker lorsqu’il comprend que toute son existence n’est que mensonge notamment sur le flou qui plane sur sa filiation. C’est alors qu’il cesse de se mentir à lui même pour devenir le Joker passant du martyr qui se profile au leader proclamé par toute une classe pauvre de la population de Gotham. 

Et cette complexité intrinsèque au personnage est incroyablement assumée et rendue par son acteur Joaquin Phoenix qui signe là une prestation virtuose en prenant en charge la totalité du film sur ses épaules. Cette prouesse d’acteur est bien entendu le fruit d’une écriture soignée du personnage et d’une mise en scène à la fois léchée, millimétrée et discrète permettant à l’acteur de montrer l’étendu de son travail. Mention spéciale pour la photo à la fois présente et subtile qui sait s’adapter et renforcer, on s’en rend compte après coup, l’univers mental de l’alter ego de la chauve souris.

Un grand bravo à tout point de vue pour ce film qui je l’espère donnera un filon intéressant à exploiter intelligemment pour le tandem DC / Warner.

L’avis de Fonzi

Je rejoins et j’adhère totalement au point de vue de mon pote Valg. Quelle prestation formidable de Joaquin Phoenix. C’est River qui serait fier de son p’tit frère. Je suis un vrai fan de Joaquin depuis toujours donc pas objectif pour un sou mais là c’est du grand art. N’en déplaise aux chroniqueurs de l’émission “Le masque et la plume” sur France Inter qui ont descendu en flèche le film de Todd Philips dont voici un petit florilège :

Pour Xavier Leherpeur, « Joaquin Phoenix en fait des caisses ! L’acteur fait tout le temps la même chose, c’est une catastrophe de caricature ! ».

Sophie Avon trouve le film « détestable et un acteur qui a de la poudre dans les yeux ».

Pierre Murat l’a trouvé « très mauvais, glauque et douteux ».

Eric Neuhoff conseille de le voir les yeux fermés « C’est n’importe quoi, ça ne devrait pas s’appeler Joker mais Oscar car Joaquin Phoenix louche sans arrêts vers la statuette… J’espère qu’il ne l’aura pas son oscar. C’est à la fois vide et répétitif, ça patine tout le temps, ça n’avance pas. »

Source : https://www.franceinter.fr/cinema/critique-joker-de-todd-philips-joaquin-phoenix-est-il-une-catastrophe-de-caricature

Je ne peux pas être plus en désaccord. Qu’est-ce qui les a poussé à incendier à ce point ce long-métrage…? Les films de super-héros ou issus de comics n’ont jamais eu une côte d’enfer auprès des critiques élitistes bobos…et celui-ci n’y changera rien malheureusement..malgré tout le respect que je dois à cette émission que j’apprécie depuis toujours.

J’ai apprécié le clin d’oeil appuyé au film La Valse des Pantins (1982)de Martin Scorsese avec Robert De Niro dans le rôle titre. Sa présence dans Joker est pour moi clairement un hommage à ce film. Le rôle tenu à l’époque par Jerry Lewis est ici tenu par De Niro qui tient là une sorte de revanche et Joaquin Phoenix reprend en quelques sortes le rôle de De Niro.

La mise en scène et la bande-son sont très soignées tout en laissant la part belle au jeu d’acteur de Phoenix. On suit sa descente aux Enfers avec une profonde empathie, il nous embarque et les rôles s’inversent. Les gentils deviennent méchants et vice versa. Sachant de quel personnage il s’agit, c’est une belle prouesse scénaristique. Le lien est fait avec l’histoire de Bruce Wayne/Batman de façon plutôt maligne, subtile mais sans équivoque, bien que la chronologie avec l’âge des personnages posent question.

Ce film redonne vie à l’univers de DC en l’ancrant encore plus dans le réel et réveille notre enthousiasme pour les films de la firme. Joaquin Phoenix semble déjà partant pour une suite… pas certain que ce soit l’idée du siècle. En attendant, un nouveau film Batman est en préparation avec Robert Pattinson dans le rôle de la chauve-souris et son lot d’opposants emblématiques…(un peu nombreux à mon avis) : Colin Farrell pour le Pingouin, Zoe Kravitz pour Catwoman, Paul Dano pour l’Homme Mystère et peut-être Matthew McConaughey pour Double-Face. Ce film n’aura a priori aucun lien avec le Joker de Todd Philips. Nous restons habité par un certain scepticisme concernant les films DC mais ce Joker nous a montré que les belles surprises peuvent encore arriver.

Si vous n’avez pas vu Joker, jetez-vous dessus comme des morts de faim ! Vous ne serez pas déçus ! Et si vous l’avez vu, partagez avec nous votre avis dans les commentaires ci-dessous ou sur notre page Facebook !

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