Avec

 Catriona MacColl, Paolo Malco, Ania Pieroni

Année :

 1982

Pays :

 Italie

Durée :

 86 min

Genre :

 Epouvante, Horreur

Production :

 Fulvia Films

La sentence
 
Monumental
Bande-annonce de La maison près du cimetière

Synopsis

Après le suicide de son mentor, le Dr Norman Boyle emménage dans la maison de ce dernier avec sa femme et son fils. Sombrant dans la folie et l’horreur, la famille découvre rapidement que quelque chose se terre dans le sous-sol de la maison.

Critique

Dès le démarrage, le film de Lucio Fulci balance du lourd et donne la tonalité : un générique et une bande son percutants, à la fois mélancoliques et envoûtants qui accompagnent parfaitement la montée en tension, des personnages qui se singularisent par leur forte expressivité, accentuée par des gros plans figés sur les visages, le regard ou encore des objets… Le visuel, la musique et le tempo lent s’accordent admirablement à tel point que le spectateur aura parfois la vague impression d’être plongé au beau milieu d’un western “spaghetti” à la Sergio Leone.

Et que dire de l’esthétique des scènes de meurtre, à la fois sanglantes et brutales mais dans le même temps, carrément sublimées à l’image de scènes dignes des meilleurs gialli signés Dario Argento (Suspiria, Inferno, Les frissons de l’angoisse).

Dans ce film, Fulci met en avant deux personnages brillamment interprétés par des enfants qui sont, dès lors, placés au coeur de l’histoire. Ceux sont eux, en l’occurence, Bob et son “amie imaginaire” qui mènent la danse et ont, en quelque sorte, la maîtrise des événements qui jalonent ce film. Cette présence d’enfants au beau milieu d’un film extrêmement sombre, macabre, gore et dérangeant, accentue davantage l’atmosphère oppressante et angoissante qui s’installe, déjà bien alimentée par la musique et les effets. La tension monte crescendo jusqu’à atteindre son paroxysme dans la confrontation finale que je ne vais évidemment pas spoiler pour celles et ceux qui seraient malencontreusement passés à côté de ce monument du cinéma de genre.

Le film s’achève sur une vue panoramique de la maison et de ses alentours notamment le cimetière en guise de jardin et sur la citation de l’écrivain américain Henry James “ No one will ever know whether children are monsters or monsters are children” qui démontre bien la volonté du réalisateur de faire la part belle à l’enfant dans une dimension ambivalente oscillant entre pureté, innocence et côté sombre et inquiétant.

Pour certains, dans la filmographie de Fulci, La Maison près du cimetière est à inscrire dans une sorte de tétralogie macabre englobant l’Enfer des Zombies, Frayeurs et l’Au-delà. Ces films, outre le fait qu’ils constituent de véritables chefs d’oeuvre du genre, possèdent effectivement, certaines caractéristiques communes notamment sur un plan esthétique où de manière assez hallucinante, la laideur se trouve carrément sublimée pour en devenir quelque chose de beau. Cette dimension esthétique singulière est particulièrement prégnante dans l’Au-delà qui reste l’un de mes préférés. La thématique qui les relie est celle du zombie rendu désormais célèbre par Georges ROMERO (La nuit des morts-vivants, Zombie).

Mais la Maison près du cimetière traite aussi d’une autre thématique à la mode à l’époque, celle de la maison hantée. On se souvient tous d’Amityville : la maison du Diable signé Stuart Rosenberg ou encore du Poltergeist de Tobe Hooper dont le personnage central est une fillette. Fulci parvient aisément à reprendre les codes du genre en les remaniant parfaitement non sans y avoir apposé sa griffe et en nous rappelant, au passage, que son titre de Maestro n’est aucunement usurpé.Pour conclure, je dirais qu’on a affaire ici à de l’excellent Fulci à pleine puissance. La Maison près du cimetière figure en bonne place parmi les grands classiques du genre. Un film à découvrir absolument ou, comme moi, à redécouvrir avec plaisir à l’occasion. Satisfaction garantie!

Le film est disponible sur la plateforme de cinéma qu’on aime Shadowz

DARKO

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1 like = une cervelle fraîche pour un petit zombie