synopsis

1960. Sans explication, Christine, une étudiante, pénètre dans le couvent St-Francis pendant une messe, équipée d’un bidon d’essence, d’une batte de baseball et d’un fusil à pompe. Après avoir frappé quelques sœurs avec la batte, elle met le feu au bâtiment puis tue toutes les personnes présentes. 40 ans plus tard, un groupe d’étudiants s’aventure dans le couvent abandonné, qui a désormais la réputation d’être hanté. Ils ignorent alors qu’un autre groupe d’étudiants, apprentis satanistes, sont également dans les lieux. Ces derniers kidnappent une des leurs pour faire une messe noire, au cours de laquelle ils vont réveiller les esprits des morts.

la critique

L’avantage et le désavantage du nanar c’est que le ridicule peut réellement tuer. Au-delà d’un simple plaisir coupable, il n’y a rien de plus savoureux qu’un film fait ouvertement avec toutes les meilleures intentions du monde malgré sa mise en image extrêmement foireuse. Le Couvent c’est exactement l’exemple même du nanar par essence pure. L’image épileptique constante est dégueulasse, les acteurs sont mauvais, la musique inappropriée et son histoire clairement rocambolesque…mais qu’est-ce que c’est bon ! Imaginez plutôt : des nonnes zombies assoiffées de sang de vierge qui évoluent dans un couvent en perdition éclairé par le teuffeur du coin qui pensait détenir le lieu de sa nouvelle rave party. Le film de Mike Mendez est un très gros trip sous acide où son extravagance n’a de limite que sa connerie ambiante. Ce qu’il y a de merveilleux avec Le Couvent, c’est qu’on sent clairement une envie de créer un vrai film d’horreur. Là où il avait réussi sur Serial Killers à rendre l’atmosphère poisseuse malgré un ton endiablé digne de la seconde partie de La Dernière Maison Sur La Gauche, il ne renouvelle pas l’essai ici.

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Le casting semble avoir été approché dans la rue la veille du tournage tant les acteurs sont complètement paumés. Mendez s’offre les attribues de la délicieuse Adrienne Barbeau pour tenter d’apporter un certain goût de luxe à sa pilule hallucinogène. Il faut bien avouer que voir l’ex madame John Carpenter dézinguer du zombie à la machette et au fusil à pompe a quelque chose de terriblement bad ass et exaltant. On jubile devant ce spectacle qui écarquille nos yeux peu importe si c’est la première ou la dixième fois qu’on voit le film. Le Couvent est vraiment un gros défouloir assumé et livré avec toutes les meilleures intentions du monde. Il tient une place vraiment à part dans le monde du nanar de qualité puisqu’il se paie, en plus de Barbeau, des talents capable de choses excellentes. La musique techno ambiante qui viole nos oreilles est due aux frères Bishara. Si Joey Bishara risque de ne pas vous parler, Joseph Bishara devrait un peu plus. On lui doit notamment les excellentes bandes sons sur les films de James Wan Insidious 1 & 2 ainsi que The Conjuring. Tel Wagner qui déciderait de se la jouer David Guetta du pauvre, les frères Bishara tentent d’offrir une BO éloignée du cliché de la musique métal inhérente à ce genre de série B. Ceci étant, l’image complète parfaitement ce viol auditif permettant d’assurer un spectacle de mauvais goût à son meilleur niveau.

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Cette histoire loufoque mais terriblement délectable, on la doit à Chaton Anderson (ça s’invente pas un nom comme ça !) et au rappeur Coolio. Très loin de son Gangsta’s Paradise, il a tenté de s’offrir son instant de gloire à l’instar de ses consorts comme Ice Cube, Ice T et tous les autres glaçons du rap. Il ne se contente pas d’écrire cette pépite de débilité, il s’octroie un second rôle de flic dans lequel il est aussi crédible que DSK qui interpréterait le rôle d’un pasteur. Pas un instant on ne croit à son rôle comme pas un instant on ne croit au reste du casting d’ailleurs. Avec un tel niveau de médiocrité, le film arrive au paroxysme du supportable rendant le tout tellement fascinant qu’on en devient vite accroc. Des effets gores fluo, des zombies épileptiques, des gothiques ultra clichés…l’atout charme majeur qu’il renferme se tient dans ses interminables bourdes incessantes. On se marre à gorge déployée tellement la notion de risible serait bien trop faible pour décrire ce spectacle. Il faut bien avouer qu’on aimerait bien s’en resservir une bonne grosse part une fois le film terminé. Il ne dure pas assez longtemps pour un ovni d’une telle envergure.

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Le Couvent est un immense trip hallucinogène qui fait naître énormément de doute quant à l’avis définitif qu’on devrait lui porter. On sait pertinemment que c’est de la merde sur tous les points mais pourtant on jubile sans avoir honte une seule seconde d’aimer une telle ignominie. Quitte à mettre des images sur le film si vous ne l’avez toujours pas vu, imaginez un peu la bande-originale de Mortal Kombat qui s’invite dans une immense salle typée laser game où les gamins se font dessouder pour de vrai à coups de fellations sous le regard approbateur du Christ sur la croix qui encourage votre vigoureuse main armée d’une machette à décapiter de la nonne. Plus qu’un plaisir coupable, plus qu’une envie de s’abrutir entre potes devant un navet, plus qu’un simple film : c’est indescriptible ! Mike Mendez mérite de figurer dans le dictionnaire du mauvais goût débile juste entre Jean Rollin et Max Pécas. Le Couvent est clairement un film qu’on ne boudera jamais ici dans la cave et qu’on se permettra même d’afficher fièrement aux yeux de tous.

TONYO