Synopsis

Il y a vingt ans, Gary, Andrew, Oliver, Steven et Peter étaient jeunes et fous et aimaient faire la tournée des bars. Ils se souviennent avec nostalgie, enfin surtout Gary, d’une soirée épique, où les cinq amis d’enfance avaient écumé les douze pubs de la ville. Ce temps là est loin derrière sauf pour Gary, qui refuse obstinément de mener une vie rangée. Celui-ci décide de réunir ces amis pour un nouveau marathon de la boisson. D’abords réticents, ces derniers finissent par céder et ensemble, ils se rendent donc dans leur ville natale, pour aller dans le seul pub où ils n’ont jamais mis les pieds, le mystérieux The World’s End, désormais peuplés de robots extraterrestres…

La critique

Ayant bien aimé Shaun of the dead et adoré Hot Fuzz, je me devais de découvrir cette nouvelle production de la trilogie Cornetto du réalisateur britannique. Aucun à priori, je savais à quoi m’attendre. Et effectivement, je n’ai pas été déçu.

Et sur le modèle du « barathon » du film, je vais tenter de vous convaincre que ce film est à voir en 12 points à l’image des 12 pintes à descendre que nos héros se sont imposées comme défi en une soirée.

Le Dernier pub avant la fin du monde de Edgar Wright (2013) - Critique

1. Il s’agit d’un film d’Edgar Wright et si vous aimez son style, sa patte qui semble ne faire que s’améliorer au fil de ses expériences cinématographiques vous ne pourrez que passer un excellent moment devant ce film.

2. Le film est survolté, bien plus que les deux précédents de la trilogie. Alors que Shaun of the dead souffrait d’un certain déséquilibre rythmique, cette dernière réalisation ne s’arrête jamais et chaque élément qui fait le film prend constamment le relais de celui sur le point de s’essouffler. Et ça, c’est fort.

3. Le montage est super bien dosé. Certes, vif voir frénétique, on est loin du surdécoupage à en vomir d’un Michael Bay par exemple. Parfait dosage pour que le spectateur soit scotché sans en avoir mal au crâne.

4. Le jeu de Simon Pegg est incroyable. Ce gars là possède un panel d’expression étonnant. Son jeu, bien qu’appuyer car il s’agit d’une comédie même si elle se raccroche à un genre, n’est jamais outrancier.

5. Que serait Simon Pegg sans son comparse Nick Frost au jeu moins fin mais qui soutient parfaitement son partenaire et ami dans son rôle. Enlevez le et le film y perd son âme. Les personnages forme une paire à la fois cohérente et complémentaire.

6. Les personnages sont très bien écrits et caractérisés. Dès l’intro, chaque protagoniste du groupe de potes est défini avec clarté. Cela créé d’emblée une attente qui donne envie d’en savoir plus sans déployer des techniques de narration super tordues. C’est simple et efficace et pourtant si rare.

Le Dernier pub avant la fin du monde de Edgar Wright (2013) - Critique

7. Ce film est un fourre tout infini. Tout comme Edgar va crescendo dans le rythme effréné de ses productions, il brasse de plus en plus large. Tout y passe, de l’énorme clin d’oeil au classique L’invasion des profanateurs de sépulture, au film de zombie en passant par Matrix et les films de kung-fu. Et le pire c’est que ça fonctionne.

8. C’est drôle. On ne se pisse pas toujours dessus mais c’est toujours drôle. Bon attention, il faut aimer l’humour anglais quelque peu décalé mais les situations sont toujours bien trouvées.

9. Les dialogues sont parfaitement écrits. Il y a toujours un bon mot, une réplique qui fuse, une répartie bien placée. Certaines séquences ne sont basées que sur un dialogue. Le combat final est d’ailleurs surprenant en ce sens où Edgar nous prend par surprise en ne proposant qu’une bataille de mots.

10. La réalisation, tout comme l’écriture est parfaite. Là où beaucoup se serait contenter d’une histoire bien écrite et racontée, Edgar, bien qu’à l’origine du scénario, ne se repose pas sur ses lauriers et nous offre une belle réalisation dynamique, parfaitement filmée et éclairée. Le réalisateur a tenu à nous offrir quelque chose à voir et ça se voit.

11. C’est franchement balaise de faire un film autour d’un concept aussi futile qu’un « barathon ». Edgar Wright y parvient en gardant toujours ce concept au coeur de l’histoire en en faisant l’élément narratif central, le fil conducteur qui va faire évoluer chacun des héros.

12. Pour finir, il faut avouer que c’est vraiment rafraichissant d’avoir une vraie bonne comédie qui flirt avec le genre sans tomber dans le grotesque.

Je pourrai m’étendre encore un moment sur pas mal de détails de cette production britannique qui m’a tapé dans l’oeil. Mais vous comprendrez qu’après tout ça me vienne une petite soif. Je vous laisse donc découvrir cette perle sacrément distrayante et m’en vais en descendre une. Juste une.

VALGUR