L’autre jour je suis tombé sur une photo de Robert Z’Dar (prononcez Zidarr, rien à voir avec notre gloire nationale du ballon rond) , j’ai eu un haut-le-coeur puis un éclat de rire… j’en entends déjà me dire “Ouais euh ça se fait pas de se moquer de l’aspect physique hein”. Bon c’est vrai, mais quand on a une gueule aussi improbable que Robert Z’dar… on ne peut pas rester indifférent. Au fil de mes investigations sur les sales gueules du 7e art, je suis tombé sur une sacrée floppée de monstres. Je me suis alors dit “Banco, j’y consacre un dossier”. Vous l’aurez sans doute compris, le premier chapitre de ce dossier est consacré à Bob Z’Dar.

Robert Z'DarRobert Z'DarRobert Z'Dar

Robert Z’Dar, de son vrai nom Robert J. Zdarsky est un acteur et producteur américain d’origine lituanienne, né le 3 juin 1950 à Chicago, aux États-Unis. Ce qui est intéressant avec les sales gueules de ce dossier c’est que malgré leur physique disgracieux, ils ont réussi à se construire une carrière et une filmographie en faisant de leur tare une force.

Le vieux Bob souffre depuis son plus jeune âge d’une hypertrophie des os de la mâchoire. C’est un peu le frère caché des Bogdanoff. Loin d’être con et non dénué de talent, Bob a commencé sa carrière en tant que musicien. Chanteur, clavier et guitariste du groupe de rock Nova Express basé à Chicago, il a fait les premières parties de groupes comme The Who ou Jefferson Airplanes, ça ne nous rajeunit pas… et c’est loin de s’arrêter là. Bob est un homme plein de surprises avec plusieurs cordes à son arc. Avant de se consacrer au cinéma, il a également été concepteur-rédacteur pour des agences de pub comme Leo Burnett et J Walter Thompson. Il a ensuite été officier de police et enfin je vous le donne en mille, un dernier job improbable à la hauteur du personnage, danseur chez les Chippendales….mythique.

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Le mec est baraqué, grand, imposant. Avec ses mâchoires massives, il va se lancer dans le cinéma. Autant le dire, ce genre de gueule fait des ravages dans le cinéma de série B et surtout de série Z. Il fait sa première apparition dans le film Code Name : Zebra (1976), un nanar qui conte l’histoire d’un groupe de vétérans du Vietnam bien décidé à nettoyer la ville de Los Angeles de la mafia. A partir de là, il apparaîtra au minimum dans un film par an, avec notamment The Night Stalker (1987), The Killing Game (1988), Dead End City (1988), Marching Out Of Time (1993).

Le film qui le révélera et fera de lui une vraie star est biensûr Maniac Cop réalisé par William Lustig en 1988. Lustig ayant déjà fait ses preuves quelques années auparavant avec Maniac réalisé en 1980 (cf notre article à ce sujet). Maniac Cop raconte l’histoire de Matt Cordel (interprété par Z’Dar) un ancien officier de police envoyé en prison. Ce dernier se fait agresser par des codétenus plein de rancune. Il est laissé pour mort. Quelques années plus tard, Matt Cordel, mu par une envie de vengeance se met à tuer les citoyens déguisé en policier… Z’Dar se paye même le luxe de voler la vedette aux stars de l’époque qui partagent l’affiche avec lui : Richard Roundtree qui avait cartonné dans Shaft et surtout Bruce Campbell, l’inoubliable Ash de la trilogie Evil Dead. Maniac Cop connaîtra deux suites où Z’Dar se verra rejoint au casting par deux autres sales gueules : Robert Davi (Les Goonies, et pas mal de séries à la con) et Danny Trejo (Machete) qui s’est étonnamment vu confier le rôle d’un prisonnier.

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Z’Dar au top de sa notoriété fera même une apparition dans Tango & Cash avec Stallone et Kurt Russell dans un rôle de taulard pas très très gentil. Hormis cet accident de parcours, Bob ne tournera plus que dans des gros nanars à très bas budget comme par exemple Samuraï Cop, Dar l’invincible 2, Pocket Ninjas, Future War ou encore Zombiegeddon où il joue tout de même aux côtés d’Uwe Boll dans son propre rôle, Tom Savini dans le rôle de Jésus Christ et Ron Jeremy le roi du porno. Du très très lourd.

Au final Z’Dar reste un très mauvais acteur et il le reconnaît lui-même. Il a très vite compris que son jeu et sa gueule ne lui permettrait jamais de faire de la concurrence à De Niro. Il a exploité cela et sa filmographie, aussi géniale que catastrophique lui aura permis de marquer à jamais le cinéma bis.

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