Replace

de Norbert Keil

Avec

Rebecca Forsythe, Lucie Aron, Barbara Crampton, Sean Knopp

Année :

2017

Pays :

Allemagne, Canada

Durée :

101 min

Genre :

Fantastique

Production :

Felix von Poser



**Première française**

Synopsis

Kyra découvre un beau matin que son corps dont elle prend tant soin se recouvre de plus en plus de peaux mortes. Malgré tous ses efforts, rien ne semble stopper le phénomène, jusqu’au jour où elle découvre qu’elle peut régénérer sa peau à partir de celles d’autres personnes…

L’avis de Valg : A la fois prometteur et bancal, ce film aurait pu être une belle petite perle si son réalisateur avait assumé ses choix de départ. Le concept du vieillissement est très bien exploité sur une bonne durée du film, rythmé de belles séquences de meurtre qui rappelle les heures de gloire du giallo italien qu’on affectionne. Mais voilà que Norbert au dernier tier de cette production un poil trop maniériste et clipesque semble avoir honte de son traitement de départ et décide de nous embarquer à l’arrache sur un thriller d’anticipation mal ficelé pour nous torcher son histoire pourtant si bien partie. Et là je me dis mais pourquoi un tel gâchis ?

L’avis de Fonzi : Malgré un synopsis alléchant, dès les premières images ce film n’a jamais réussi à m’accrocher. D’abord par sa forme, son esthétique visuelle et sonore. J’ai trouvé le film manquant terriblement de sobriété, assez mal cadré et utilisant à outrance le flou artistique donnant un aspect kitch vaporeux assez douteux à l’image. Quelques passages très inspirés du giallo sont cependant réussis visuellement mais ne parviennent pas à relever l’ensemble.

Les effets spéciaux et notamment sur la peau ne sont pas à la hauteur. Le jeu des actrices…. que dire… hormis l’actrice principale qui sans être excellente ne s’en sort pas trop mal, le reste du casting est clairement nanardesque.

Côté ambiance musicale… pas mieux. On démarre sur de la synthwave branchouille pour enchaîner sur de la techno de fête foraine à grand renfort de basses et pour finir sur la dernière partie avec une sorte de musique épique inadaptée. Je suis ressorti de la salle avec des maux de tête…

Evidemment tout cela n’aura pas ou peu compté si le film avait été excellent sur le fond. Malheureusement pour nous il n’en est rien. Le film est clairement séparé en deux parties. Une première qui est honnête, qui pose l’ambiance et qui aurait pu aboutir sur quelque chose d’intéressant. Au lieu de ça on a une deuxième partie improbable qui vire au thriller SF et qui gâche tout ce qui avait été établi en première partie. On suit cependant ce film de bout en bout sans ennui particulier pour voir où cela va nous mener…

J’ajouterais que le côté social vendu au départ sur une fille se sentant mal dans sa peau est mal exploité et peu explicite hormis sur la fin où tous les raccourcis possibles sont utilisés pour arriver à un dénouement et abréger nos souffrances. Silence total en fin de séance, pas un applaudissement malgré la présence de l’équipe. Condoléances. RIP Replace.

L’avis de Darko : Alors qu’en sortant de la salle, mon impression n’était pas forcément mauvaise, à l’écriture, je me surprends à être également assez partagé concernant ce film traitant initialement du vieillissement et de son corollaire, la course à la jeunesse éternelle, coûte que coûte, peu important le prix à payer. Et notre héroïne le paie très cher.

Le réalisateur semble nous embarquer dès le début dans un film social avec une dimension intrigante du fait de ne pas vraiment savoir ce qui se passe chez cette jeune fille perturbée par ce qui lui arrive brusquement. A ce stade, on pourrait même s’attendre à une sorte de métamorphose. En ce sens, le film flirte avec le fantastique.

Je suis assez d’accord avec vous les gars sur le découpage peu adapté et maladroit de ce film en deux parties qui se distinguent assez aisément. La première partie, plus sobre, est clairement plus réussie que la seconde qui bascule dans le film d’action/thriller et qui vient dénaturer le concept de départ qu’on finit malheureusement par oublier. L’intrigue fonctionne assez bien dans la première partie, suffisamment pour susciter l’intérêt et donner envie au spectateur d’en savoir plus sur ce phénomène de peau morte.
Le problème est que le réalisateur n’évite pas certains écueils que l’on observe habituellement notamment celui d’ouvrir sur des perspectives ou intrigues mal ficelées ou mal exploitées. C’est ce que nous servira Replace en bout de course et c’est vraiment dommage.

Pour ma part, je n’ai pas détesté ce film qui se laisse regarder sans trop se forcer avec effectivement des références assez flagrantes notamment le final qui ne peut que faire penser au film Martyr. Mais il aurait mieux valu assumer la ligne de départ et l’exploiter jusqu’au bout ou alors en faire un vrai thriller dès le départ mais le réalisateur semble avoir eu un peu de mal à trancher. Le film donne, au final, l’impression de vouloir contenter un peu tout public mais ce faisant, il finit par le décevoir. Pour preuve, les réactions pour le moins indifférentes du public en fin de séance.

 

Lowlife

de Ryan Prows

Avec

Nicki Micheaux, Ricardo Adam Zarate, Jon Oswal

Année :

2017

Pays :

Etats-Unis

Durée :

96 min

Genre :

Action

Production :

Derek Bishé, Tim Cairo, Narineh Hacopian



**Première française**

Synopsis

El Monstruo est un catcheur qui incarne pour beaucoup le défenseur des opprimés. Pourtant, accompagné d’un ancien taulard et de sa femme héroïnomane et enceinte, il se lance dans un trafic d’organes qui dégénère.

L’avis de Valg : Je suis assez partagé sur ce film. Pour un premier long, le résultat est plus qu’honorable. On va pas cracher dans la soupe, on ferait pas aussi bien. Mais ce qui nous est vendu comme un film pulp est une sorte de sous Tarantino plutôt bien réalisé. On y retrouve les ingrédients qui ont fait la marque du geek géant, la multiplicité des points de vue, les dialogues improbables, des personnages haut en couleur.

Le problème c’est que le pitch de départ clairement appuyé par une magnifique intro choc qui traite du trafic d’organe est totalement passé à la trappe. J’exagère un peu, il sert de prétexte au lancement de l’histoire mais n’est pas traité comme élément central essentiel. Hitchcock le faisait mais l’assumait comme tel. Là ce n’est pas le cas. Du coup le film perd très vite en force même si on se marre bien. Lowlife est à découvrir pour son esprit gentiment loufoque mais est loin du film barré qu’on nous a présenté.

L’avis de Fonzi : Alors là j’ai pas vu le même film que le mec qui a écrit ce pitch. Hors-sujet l’ami. C’est con parce qu’on se conditionne par rapport à ça, on choisit même quels films voir dans ce festival en partie par rapport à ça. La présentation du réalisateur en pré-séance en a remis une couche. “C’est un film super fun !! Oui ! Mais au delà du fun il y a un beau message de tolérance et d’entraide parce qu’on vit vraiment dans un monde de merde”…euh…Ironie ? Je l’espère sinon le gars s’emballe un peu. “Fun” oui par petites touches et notamment grâce à un personnage en particulier mais loin d’être hilarant tout de même. Et le message sur l’entraide ? Bonne vanne.

Bref. C’est un premier film et en tant que tel, je l’ai trouvé plutôt réussi. De flagrantes références à Tarantino et Guy Ritchie dans la mise en scène avec le chapitrage montrant les mêmes événements selon différentes perspectives, le jeu d’acteurs et les personnages atypiques. Il y a pire comme références, mais plutôt que d’en tirer la substantifique moëlle pour en faire un film potentiellement culte, le mec nous a pondu un film globalement assez mou et terne par rapport au potentiel de son univers.

Ce film n’est pas dénué de qualités et n’a pas réellement de gros défauts. On suit volontiers cette histoire qui se déroule devant nous sans digression ni incohérence particulière. Son principal défaut est peut-être de trop nous faire penser à Pulp fiction sans arriver à s’en détacher réellement et sans pouvoir tenir une seconde la comparaison. Cela dit sans être aussi enthousiasmant, j’ai tout de même passé un bon moment. Je me demande juste si ce film a vraiment sa place dans ce festival…

L’avis de Darko : J’avoue avoir un peu de mal à me positionner par rapport à ce film au pitch prometteur mais un poil prétentieux. Clairement, et même s’il s’agit d’un premier long, pour moi, ce film ne tient pas vraiment ses promesses. J’ai l’impression d’une sorte de mélange plus ou moins habilement mené tiré de références plus que flagrantes telles Pulp Fiction mais en étant bien loin de l’égaler.

L’écueil de ce film est qu’il ne va pas assez loin dans le burlesque et l’humour décalé. Certaines scènes sont comiques et bien vues mais le tout reste encore trop sage et convenu. Il aurait fallu exploiter davantage la carte du politiquement incorrect et de l’irrévérencieux pour vraiment nous livrer un cocktail explosif.

Il y a clairement du potentiel mais encore pas mal de progrès à faire pour atteindre les objectifs annoncés. Low Life nous livrera tout de même quelques belles scènes gores et trash qui sont à mettre à son actif et qui peuvent justifier sa présence dans un festival comme celui de l’Etrange.

On espère que le réalisateur saura nous épater par ses progrès sur un second métrage qui on l’espère, sera plus abouti. Ce film semble tout de même avoir eu une certaine ferveur chez le public présent lors de la séance au vu des applaudissements qui avaient fait cruellement défaut à la fin de Replace.

 

LA SECTE