Kuso

de Flying Lotus

Avec

Iesha Coston, Anders Holm, Tim Heidecker, Zack Fox, Donnell Rawlings

Année :

2017

Pays :

Etats-Unis

Durée :

105 min

Genre :

Comédie horrifique

Production :

Eddie Alcazar



**Première française**

Synopsis

L’existence de survivants dans les décombres de Los Angeles après un tremblement de terre, que l’on suit à travers un réseau d’émissions de télévision improvisées.

L’avis de Darko : Je te rejoins tout à fait Valg’, sur ce film qui, contrairement à d’autres dans ce même festival, tient lui au moins, toutes ses promesses par rapport au pitch.

Même s’il est possible d’aller toujours plus en profondeur dans le mauvais goût, il faut bien avouer que Kuso en tient une sacrée couche et on pourrait même ajouter une couche pleine de caca. On est dès le départ plongé dans un univers décalé et totalement surréaliste qui tient la cadence jusqu’au bout sans faiblir. En cela, le réalisateur assume entièrement son choix et va au bout de sa démarche ce qui mérite d’être salué au passage car ce n’est vraiment pas toujours le cas comme on a pu le constater en début de Festival.

L’autre point fort de ce film tient en son originalité et à des scènes trash d’une intensité rare et non dénuées d’un humour bien graveleux. Clairement, ce film est une sorte d’ode scatophile et sexuelle (on relèvera notamment la présence de l’acteur porno Lexington Steele) avec, au beau milieu du caca, une dimension poétique que l’on a pu relever à certains moments (poésie scato bien évidemment).

Visuellement, le film tient la route hormis une certaine surenchère d’images de synthèse par moments qui aurait pu être évitée (perso, je n’en raffole pas).

La faiblesse de ce film tient à son fond qui reste tout de même très superficiel par rapport à la forme assez riche ce qui donne, à chaud, l’impression d’une compilation de scènes plus rebutantes les unes que les autres et qui n’a nul autre intérêt que de choquer et dégoûter le spectateur. Le caractère provocateur et transgressif de cette oeuvre est évident.

Pour autant, ce délire scatophile est loin d’avoir été torché par son réalisateur, DJ-rappeur et à l’imagination pour le moins fertile et débordante. Une fois libéré de ses impressions à chaud, Kuso se laisse commenter et même analyser. On peut y voir la description d’une société post apocalyptique marquant le déclin de l’espèce humaine, infectée et prise de folie sans nom et sans limite. Un film qui est bien à sa place dans l’Etrange Festival. Une oeuvre rare qui devrait faire parler et qui mérite d’être découverte.

L’avis de Valg : Là pour le coup, on ne peut pas dire que ce film n’a pas sa place à l’Etrange Festival.

Je n’ai rien vu d’aussi poussé aussi bien dans la forme que dans le contenu depuis un moment. Même si je n’ai pas vu toute la programmation, je mettrai mon bras à couper que c’est l’OVNI de cette édition.

Ce film est à la fois repoussant par son contenu et brilliant dans la forme. On ne va pas tourner autour du pot de chambre, ça parle de caca et de cul. En tout cas c’est ce que Flying Lotus son réalisateur nous balance sans détour en pleine gueule.

Ceci mis à part et quelques vomis plus tard, on arrive à en extraire une substance. La thématique est la folie humaine. Le réalisateur nous décrit sans fioriture et avec un humour bien à lui la dégénérescence totale d’une population au travers de sketchs télévisuels fictifs. Le choix du medium tv n’est évidemment pas anodin au regard ce que l’on peut vtrouver actuellement sur nos chaines, et il parait que c’est bien pire aux states.

C’est trash, vraiment trash, ce qui rend le fond difficilement accessible d’un premier jet. Disons que ce film se subit dans un premier temps et une fois la rétine décrassée, on peut commencer à y réfléchir.

Visuellement ça envoit. D’ailleurs de ce point de vue, on est plus sur du film expérimental que sur de la comédie. Il y a une recherche et une richesse formelles assez exceptionnelles comparées à ce qu’on a pu voir dans les autres productions de la prog de cette édition. Il y a de la 3d, de la sculpture, du découpage et même les sous titres ponctuels intégrés et pensés pour le film (pas ceux ajoutés pour la projection) sont travaillés en accord avec le jeu des acteurs.

Globalement, on a là une perle enrobée de caca, c’est le mot, à voir pour sa richesse formelle, sa bande son percutante et originale mais avec les tripes bien accrochées.

 

LA SECTE